Tout le monde vous le dira, les prix de l’immobilier ne cessent de grimper à Casablanca et la demande (d’achat) reste forte. Chaque fois que nous avons mis un bien en vente, le téléphone n’a cessé de sonner. Le marché de l’intermédiation (sur la vente) semble lucratif. Il a donc été tentant de positionner Casavisa sur le marché de la vente de biens immobiliers entre particuliers.
Il faut tout d’abord noter que le marché de l’immobilier à Casablanca est très différent de celui de Marrakech. A Marrakech, ce sont des étrangers qui achètent une résidence secondaire, des retraités qui viennent s’installer. A Casablanca se sont des gens qui y travaillent : des Marocains essentiellement et quelques étrangers qui sont là depuis quelques années et qui ont choisi d’investir. Les acheteurs sont habitués à travailler avec le milieu informel (gardiens, samsars, …). Ils préfèrent donner « un petit billet » en échange du numéro de téléphone du propriétaire plutôt que de payer une commission d’agence (2.5% pour le propriétaire – 2.5% pour le locataire).
De manière quasi systématique le propriétaire du bien ou l’acheteur (parfois les deux en même temps) vont essayer à un moment de vous « contourner ». Une fois mis en contact, est très difficile à l’agent de « contrôler » la vente (voir le coup du tour de pâté de maison). Si vous êtes absent lors de la signature chez le notaire, vos clients auront vite fait de vous « oublier » et le règlement de votre commission deviendra alors un problème de recouvrement. Même si nous faisons signer des mandats, les clients ne sentent pas « engagés ». Ils sont confortés dans cette idée par le faite que la justice est lente, avec un résultat parfois aléatoire. Comme souvent souligné, la loi (au Maroc) protège bien mal les honnêtes gens.
En final gagner de l’argent dans l’intermédiation entre particuliers est éprouvant : il vous faut devenir « paranoïaque ». Jusqu’à la signature chez notaire il vous faut « pister » vos clients et vous poser la question « à quel moment ils vont essayer de me contourner ». Votre sommeil en est alors affecté. Vous comprendrez alors pourquoi nous traitons ce type de transactions avec prudence …
Le problème qui se pose est simple : l’intermédiation est déjà couvert par le marché informel. Certes tous les clients sont en attente d’un service plus professionnel mais peu sont cependant prêts à le payer. Les choses vont certainement évoluer mais le temps (et le coût) d’éducation du marché sera long.