Internet Maroc : Nouveaux Territoires Numériques
Avec 400 000 abonnés ADSL (chiffres fin 2006), l’Internet au Maroc est le 1er marché d’Afrique en terme d’abonnés. Sous l’impulsion d’une ouverture à la concurrence (1), l’Internet marocain a dépassé l’Afrique du Sud et devrait continuer à fortement se développer dans les prochaines années. C’est un marché émergeant qui semble prometteur et qui devrait permettre à de nouvelles sociétés (de nouvelles pratiques ?) d’émerger.
Cependant le marché de l’Internet marocain possède certaines caractéristiques qui le distinguent des marchés développés (comme celui de la France qui compte 29 millions d’Internautes):
Absence de moyens paiement en ligne
Excepté le micro paiement (paiement par SMS surtaxés) il n’est pas possible de faire des achats en ligne, sauf si l’on est étranger (et possesseur d’une carte bleue internationale). Si le paiement en ligne est annoncé prochainement, il est probable que son absence, associé au faible taux de bancarisation (2), va favoriser l’émergence de modèles alternatifs.
Culture du gratuit
Au Maroc, Internet concurrence plus le marché de l’informel que celui de la presse. Sur ce marché, les acteurs marocains sont peu habitués à payer pour diffuser leurs offres. Ainsi, si les sites d’annonces payantes sont des acteurs importants en France, il est peu probable que ce modèle puisse être transposé au Maroc.
En finale les quelques sites Internet rentables au Maroc sont soit à destination des étrangers (ex. du site de tourisme comme Maroc-selection.com), soit à destination d’une cible étroite de professionnels « sérieux » (ex. de Rekrute.com site de recrutement). Mis à part ces exemples, on peut se demander ou se trouve le modèle économique de l’Internet Marocain.
Aller au-delà du modèle publicitaire
Si le modèle publicitaire (monétiser de l’audience en vendant des bannières) est praticable, je doute qu’il fasse vivre beaucoup d’acteurs. Si l’on transpose les chiffres de la publicité en France, compte tenu du pouvoir d’achat local et du nombre de connectés, le CA potentiel mettra du temps a décoller. Entre temps, je pense que d’autres modèles émergeront.
L’expérience de CasaVisa, permet de dessiner quelques pistes. Avec Casavisa.com, nous avions la possibilité, au augmentant notre visibilité, de faire évoluer le site vers un site d’annonces immobilières. Cependant, les agents immobiliers professionnels ou les propriétaires prêts a payer de la publicité, étaient trop peu nombreux. La conclusion est que le seul modèle viable, d’un site d’annonce immobilière, est de monétiser son audience en intégrant directement le service (d’agent immobilier).
C’est je pense le modèle gagnant : associer, au sein d’une même société (ou d’un partenariat fort), un savoir faire dans le Marketing sur Internet et un savoir faire métier : la rémunération de l’audience se faisant à la réalisation de la vente …
(1) 3 opérateurs se partagent le marché marocain. Lire sur ce sujet le très bon blog site http://motic.blogspot.com/
(2) 22% selon le site alwatan
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.


Une part importante du frein au développement des sites monétarisés est l’absence de professionnalisme de ceux qui les montent. Et qui demandent en plus des prix d’insertion délirants.
En revanche, je pense qu’il y a pas mal de sites de petite ou moyenne taille qui arrivent à dégager une profitabilité par le biais d’Adsense.
l’arrivée de Paypal au maroc, même si le service est aujourd’hui limité, va aussi changer beaucoup de choses, en offrant des possibilités d’achat en ligne dans le tourisme, et en oubliant les acrobaties de type western union ou compte en france.
Je pense en effet que les modèles économiques des sites des pays non développés vont très justement… émergés. De plus, sur le modèle que vous décrivez. La « monétisation » ne s’effectuera pas au niveau du média, mais de la réalisation qu’il aura rendu possible. Celle-ci, ne retour, accentuant la capacité du média à promouvoir l’exploitation (le terme est moche mais il faut le prendre dans son sens le plus noble et le moins caca-boudin) des gisements de ressources locales.
L’économie actuelle des blogs est trompeuse. Elle repose sur un marché réel, mais dont la consistance ne l’est pas par rapport aux besoins et aux demandes potentiels des pays du réel que sont les pays du Sud.
Comme vous le soulignez par ailleurs, le succès du blog repose sur le fait qu’il s’agit d’un outil au service d’une activité sociale et économique. Tout le reste relève, me semble-t-il, de la « bulle »
Qu’en pensez-vous ?
Nous avons crée depuis peu une société dédiée à la monétisation de sites internet au Maroc en Sept 2006. Les résultats sont très encourageants et démontrent qu’il y a vraiment la possibilité de monétiser de l’audience. Les annonceurs marocains ne sont pas insensibles aux potentialités et à l’impact des pubs sur Internet.
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