Le Maroc : le vrai gagnant des élections !
Les résultats des élections qui se sont tenues vendredi dernier sont connus dans les grandes lignes. Quels en sont les véritables gagnants ? Le Roi certainement, le Maroc tout entier probablement !
Les islamistes peuvent être déçus. Ils attendaient 70 sièges, ils n’en auraient que 47. Ils n’ont pas obtenu le nombre de députés suffisant pour pouvoir diriger le futur gouvernement. Beaucoup respirent, le Roi et le royaume viennent de gagner 5 ans.
5 ans, c’est l’intervalle qui nous sépare des nouvelles élections. Le temps nécessaire pour mener a bien ses paris. Dans 5 ans, en 2012, le Maroc devrait héberger dix millions de touristes, contre 6 millions cette année. En 2012 Tanger pourrait accueillir l’exposition universelle, la 1er sur le sol africain (décision en fin de cette année) et couronner le développement de la région du nord du Maroc.
Quoi qu’aient pu en dire certaines voix rassurantes, l’arrivée des islamistes au pouvoir aurait marqué un arrêt dans cette dynamique économique. En l’absence de ressources naturelles et financières abondantes, l’image à l’étranger est le principal actif du Maroc. L’arrivée des islamistes aurait été une catastrophe. Une révolution libérale, pour être menée a bien, a besoin de temps et de stabilité.
On peut s’émouvoir de la toute puissance du Roi et de l’absence d’une vraie démocratie, mais il y a un temps pour tout. Rendez-vous donc en 2012, ou l’on pourra commencer à parler du partage des richesse. En attendant il y a du travail.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

Bonjour Laurent,
Révolution libérale à condition de ne pas émuler l’Ecole de Chicago et Friedman parce que là ça craindrait et fort.
Cordialement,
Ta révolution libérale passerait nécessairement par l’existence d’une Justice indépendante et équitable, un début de processus de l’éradiction de la corruption, la protection des droits des salariés par l’Etat lui meme au moyen de ses services ministériels qui doivent controler les entreprises qui ne respectent pas la Loi. Un ensemble de mesures, entre autres, qui ne peuvent s’établir qu’au sein d’un pays démocratique où l’équilibre des pouvoirs et surtout la séparation de certains d’entre eux sont obligatoires. On ne peut formuler la phrase suivante :
“On peut s’émouvoir de la toute puissance du Roi et de l’absence d’une vraie démocratie, mais il y a un temps pour tout.”
sans perdre de vue les conditions nécessaires pour la réussite de la dite-révolution.
Le partage de richesse exige le meme cadre démocratique.
@dima :
Je me permet de reprendre ce que dit Guy Sorman au sujet de la réussite (économique) du Brésil :
http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2007/09/juste-brsil.html
> Au total, trois leçons qui dépassent le Brésil :
> Une bonne politique économique est celle qui dure, résiste à
> l’alternance des partis ; c’est le cas au Brésil et en Inde.
> La croissance est égalitaire si elle est démocratique ;
> c’est le cas du Brésil et relativement de l’Inde
> (tout est relatif dans cette affaire que je simplifie à l’extrême).
> En Chine, sans démocratie, la croissance est affreusement
> inégalitaire, le peuple n’ayant aucun droit à la parole.
> La réduction des inégalités dépend toujours plus du modèle
> de croissance économique retenu que des politiques sociales
> redistributives.
Le décolage économique de L’Inde ou du Brésil aura pris 10 ou 20 ans pour se concrétiser. Laissons un peu de temps au Maroc ou M6 pour que soient mises en place les réformes nécessaires :
1) Il faut consolider la croissance économique (R&V 2012)
2) Une fois cela fait, il faudra consolider la démocratie
Laurent, j’ai pensé au brésil, l’inde et à la chine tout en écrivant mon com répondant à ton écrit. Ce que je n’ai pas su dire est que le temps nous manque et qu’il faudrait que certaines choses importantes soient initiées dés maintenant si ce n’est hier (depuis 8 ans la nouvelle ére dure). Certes le progrés économique est un facteur essentiel mais je ne crois pas que l’élaboration de certains chantiers (comme l’éradication de la corruption, consolider le systéme de santé, l’indépendance de la justice, rendre le gouvernement responsable et comptable de sa politique devant le parlement donc devant le peuple, revoir le systéme de l’éducation nationale et combattre l’analphabétisme latent dans notre société, l’équilibre des pouvoirs…) soit néfaste au progrés économique marocain et par suite la redistribution de la richesse de façon à concrétiser une justice sociale dans le maroc UTILE et le maroc INUTILE. Les deux peuvent aller de pair. Mais je te rejoins dans ton avis surtout si on soumet un sondage actuellement aux marocains concernant les priorités : surement ils répondront à une écrasante majorité que l’emploi en est la première…
Je sais que tout cela demande du TEMPS mais il faut songer quand meme à initier ces dits-chantiers dés maintenant, on ne peut se permettre d’attendre encore une autre législature. Je pense meme que cela sera plus bénéfique pour les générations à venir que pour la MIENNE…
Je termine par le fond de mes pensées en disant ceci :
que les vrais gagnants de ces élections est le Palais qui tarde à concrétiser cette dite transition démocratique dans les faits et le mouvement semi-légal ou clandestin l’association Al Adl wa Ihssane parce qu’il a appelé à boycotter ces élections en réfutant carrément le systéme.
L’abstention au maroc me semble plus une stratégie de chaise vide et de terre brulée qui ne servira à rien à moyen et long terme, à mon avis.
Laurent … le marocain ordinaire ne vote pas pour un parti mais pour un notable, un parent ou un ami !
Le Parti de l’Istiqlal l’a compris depuis longtemps, et il présente les notables ceux qui sont susceptibles d’être élus en utilisant tous les moyens y compris l’argent sale. ce qui explique en partie sa victoire.
Le rendez-vous le plus important, à mon avis, est celui de 2009, les municipales, et tous les partis doivent travailler pour redonner l’espoir au peuple d’en bas, et la confiance pour croire aux institutions. Refuser de voter est aussi un signe fort à ne pas négliger et dont les causes doivent être étudiées.
Le décollage économique n’est pas lié à la religion, La Turquie est mieux gérée depuis l’arrivée du PJD. Le vrai garant du décollage économique passe par l’éducation, la justice et l’
Le Maroc avance, tant mieux, les élections de 2007 sont plus propres que celles de 2002 et surtout plus claires que celles de 1997.
Laurent, demain, nous aurons un nouveau gouvernement, je souhaite une coalition centre droite car la gauche n’a plus de place dans le paysage marocain vu ses résultats que j’estime médiocre compte tenu du poids historiques de ces partis.
Laurent,
Non, pas d’accord consolidation de la démocratie, des outils législatifs avant car sinon bonjour les écueils et bonjour l’arnacho-capitalisme qui justement dirige la globalisation des marchés aujourd’hui. Faire l’èloge du développement économique au détriment des droits essentiels est à mon avis un pas en arrière et non au bénéfice d’un pays que l’on n’a cessé d’appauvrir.
Quoi qu’il en soit, nous sommes dans une zone “grise” ou il n’est pas facile de déterminer la bonne direction, les priorités. C’est d’autant plus vrai que le palais, volontairement ou non, a choisi de ne pas publier une feuille de route claire.
Si Consolider la démocratie permet de donner le pouvoir aux islamistes (comme ce fut le cas en Algérie) est une vraie question.
Si le décolage économique est au rendez-vous dans 5 ans, il sera alors facile de reorganiser le jeux politique. C’est il me semble un préalable.
Laurent,
Les islamistes ne disparaitront pas du jour au lendemain le pire que le Maroc puisse faire est de jouer à les victimiser (l’exemple de l’Algérie). Quand j’écris que l’un ne peut aller sans l’autre, la distribution des richesses, l’accessibilité au travail, l’égalité des chances c’est aussi ça la démocratie. Il faut juste faire en sorte que le citoyen Lambda ne soit pas attiré par le discours populiste de certains. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais il faut que ce soit de concert.
[...] un post sur le résultat, je ne vais pas re-répéter ici ce que tout le monde connait déjà, ni ce que Laurent a dit, mais juste poursuivre un peu sur la [...]
Résumons les choses! Qui a gagné et qui a perdu ?
Les gagnants :
- Le peuple : avec un taux d’abstention record il a prouvé qu’il a une conscience politique accrue et qu’il est prêt à l’ère démocratique, contrairement aux autres peuples de la région.
- Les partis qui ont fait confiance aux jeunes. Eh oui, l’Istiqlal en fait partie (Ghellab, Baddou,..) L’USFP, non!
- La droite qui est en train de se libérer de l’étiquette makhzenienne et prouve qu’elle a des racines profondes dans le pays.
- Les islamistes qui ont montré qu’ils sont plus proches du modèle turque (libéral et libre) que celui du Pakistan. Et qui se n’est pas mouillé.
Les perdants :
- La gauche. La gauche. La gauche.
- Les associations lèche-culs de l’état comme Daba 2007 et qui doivent rendre des comptes au peuple et ne le pas prendre pour un abruti.
C’est sûr que le maroc a gagné quelque chose cette fois, heureusement.