Tanger Med, une porte vers l’Europe
Le port de Tanger Med, inauguré cet été, est un projet phare et pharaonique. Phare, car il porte les ambitions marocaines de devenir une plate-forme industrielle à bas coût pour le marché européen. Pharaonique, car sa construction a coûté la bagatelle de 990 millions d’euros et a mobilisé des moyens incroyables : en seulement cinq ans, le Maroc s’est doté du plus grand port d’Afrique. Situé aux carrefours des plus importantes routes maritimes, il fera le lien entre l’Europe, l’Afrique, l’Asie et les Etats-Unis.
Des centaines d’hectares de zones franches devraient pousser tout autour dans les années à venir. Les prévisions tablent sur 145 000 emplois à l’horizon 2015. L’offre du pays pour attirer les investisseurs étrangers est simple : une fiscalité avantageuse, des exonérations douanières et une position stratégique indéniable. Comme le royaume ne peut pas concurrencer l’Asie, où les salaires sont largement inférieurs, il joue à fond la carte du « just in time ». En moins de 24 heures, un produit peut quitter Tanger et arriver sur le marché européen.
Le Maroc ne part pas de rien. Une première zone franche existe déjà depuis 1999, tout près de l’aéroport de Tanger. Près de 300 sociétés s’y sont déjà installées. Principalement des Français et des Espagnoles, mais aussi des Japonais, des Américains et, bien sûr, des Marocains. Question activités, c’est tout aussi varié : métallurgie, aéronautique, textile, services… et automobile. Plusieurs sous-traitants de ce secteur avaient déjà choisi de s’implanter dans le nord du Maroc. Très vite, les responsables marocains ont parlé de leur rêve de créer une « automobile city » dans la région. Beaucoup de gens sont restés sceptiques. Mais pas un certain Carlos Ghosn.
Début septembre, le patron de Renault Nissan a annoncé l’ouverture en 2010 du plus grand complexe automobile d’Afrique dans la future zone franche de Meloussa, près du port. Une usine capable de produire 200 000 véhicules au départ et de monter à 400 000 plus tard. D’un montant d’un milliard d’euros, ce sera le plus gros investissement jamais réalisé par le constructeur.
Goshn compte sur cette zone pour développer sa gamme low cost. L’usine produira des dérivés de la Logan et des nouveaux véhicules utilitaires Nissan à bas coûts. 90 % de ses voitures seront destinées à l’export, notamment vers l’Europe. Et grâce au port, le coût de cette usine sera inférieur à celui de la Roumanie et même de la Turquie.
Le lancement de Tanger Med est inédiablement une réussite. Non seulement il a été livré en temps et en heure mais en plus il attire déjà quelques gros poissons.
Tous les articles écrits par Julien Félix.

Article très intéressant.
Cependant, la stratégie du “just in time” risque d’être un peu légère pour concurrencer les importations asiatiques car sans avoir les chiffres exacts, les capacités de production du Maroc sont largement inférieures aux capacités de production asiatiques.
Au delà du port de Tanger-Med, j’émets également des réserves quant à la capacité de l’intégration de la chaine logistique au delà de l’enceinte du port …
Mais c’est en effet une oeuvre phare et pharaonique
L’impact de Tanger-Med est tellement grand que la région du nord sortira de son grand et long sommeil.
A termes, Je crois avec tous ces projets, le sens du “hriq” (émigration clandestine) sera inversé dans quelques années !!! sauf que nous, nous n’obligerons personnes de risquer sa vie en traversant le détroit ! il peut prendre le ferry !
Tu nous vends du “réemballé” pour par cher, Julien. Sans une once de critique objective de ta part ton article vaut la peine d’etre inclus dans le catalogue de service aprés-vente du port de tanger
Espérons, quand meme, que les dites prévisions concernant les 145000 emplois à l’horizon 2015 se concrétiseront
Salut Dima,
A la différence de nombreux autres grands chantiers marocains dont la réussite me paraît beaucoup moins évidente (d’autres papiers à venir…), Tanger-Med me paraît sortir du lot. Bien sûr, on peut remettre en cause la promesse de 145 000 emplois. Cela reste une prévision, donc facilement sujette à caution.
En revanche, si tu as des éléments précis pour une critique “objective” de Tanger Med, n’hésite surtout pas à m’en faire part. Je me ferais un plaisir d’enquêter la dessus et de faire un nouveau papier.
Je te fais confiance Julien. Par contre j’aurais bien aimé que tu nous parles de ces contrées de mon bled préféré où propére (prospérait ?) la culture de la drogue douce. Les habitants de ces douars, ceux qui ont cessé ces cultures, ont-ils aidés vraiment par la manne de l’argent octroyée par la CEE en vue de cultiver de la patate (c’est pas facile de faire du parmentier sur une terre longtemps vouée au cannabis) au lieu de leur ancienne culture ? Au fait, en tant qu’un de tes nouveaux lecteurs (et peut etre fidélement votre) j’aurais bien aimé que tu t’intéresses à la population du Nord et à leurs moyens de vivre plutot qu’aux infrastrustures nouvellement érigées pour le bien du Royaume
Je reconnais que le Roi M6, contrairement à son feu pére, attribue une certaine attention à cette région du Nord marocain si longtemps livrée à elle meme.
Là, c’est un autre problème en effet! La plupart des habitants de ces douars dont tu parles n’ont pas de formation, et risque fort d’être exclus de ce « boom ». Si on ne les forme pas pour travailler dans les secteurs industriels qui s’implantent, ils vont forcément rester les parents pauvres du développement du Nord. D’ailleurs, c’est déjà un peu le cas. Beaucoup de gens travaillant sur la Tanger free zone viennent d’autres régions du Maroc.
De plus, tu parles de la culture de la drogue douce dans le nord. Une chose est sûre : elle rapporte bien plus que les salaires proposés par la plupart des boîtes implantées autour de Tanger. Le pari est donc loin d’être gagné pour éradiquer le phénomène. Quant aux aides de la CEE… euh, je crois que tu as la réponse… Patate ou Cana, je crois que le choix est évident.
Julien, Fidélement votre
[...] ce cas. Le port de Tanger Med a été livré comme prévu et rien ne semble enrayer on succès. Comme le disait julien, c’est un projet important : Le port de Tanger Med, inauguré cet été, est un projet phare et [...]