Casanearshore : tout va très bien, Madame la Marquise …

La vitrine de l’offshoring marocain tiendra-t-elle ses promesses? Casanearshore accuse déjà un retard d’au moins six mois. Et il reste encore beaucoup d’autres points noirs…

Casablanca Nearshore Park ouvrira en janvier 2008. C’est promis, confirmé, déposé, validé… Du moins, par les responsables du projet. Car du côté des locataires, on s’inquiète encore. Aucun d’eux n’a obtenu une date précise pour emménager enfin dans les locaux. Beaucoup tablent plus sur février, voire mars… Au final, le projet, qui devait je vous le rappelle ouvrir en juillet, aura accumulé au moins six mois de retard. Sûrement plus…

Au-delà des délais non respectés, il plane encore de nombreux doutes sur ce qui doit devenir la vitrine de l’offshoring marocain. Et peu de réponses… Casanearshore promet toute une ribambelle de services aux personnes. Des données essentielles dans un secteur comme celui de l’offshoring où le turnover est important. Chaque détail compte pour garder un bon ingénieur.Officiellement, tout est prévu ! Officieusement, on ne sait toujours pas ce qu’il y aura exactement dans la première tranche. Le transport du personnel sera-t-il prêt à temps ? Certains entrepreneurs et futurs locataires en doutent encore. Et le restaurant d’entreprise ? Il n’est prévu que plus tard. En attendant, il y aura des « enseignes ». Traduction ? Les employés de Casanearshore devront sûrement se contenter de fast-food. Bonjour la diététique. Ou alors, ils devront prévoir un budget restaurant chaque midi.

De quoi en énerver plus d’un. Comme ce patron d’une des sociétés informatiques qui a déjà réservé des locaux dans la première tranche. Si ces deux points ne sont pas réglés, comme cela est prévu dans le protocole d’accord qu’il a signé avec Casanearshore, il songe sérieusement à ne pas emménager le jour de l’inauguration. Un coup dur pour l’image du complexe…

La liste des inconnues est encore longue. Comme le prix de l’immobilier. 80 dirhams le mètre carré, c’est peu. Mais il faut rajouter les charges à ce tarif. D’un coup, le prix de la location est à peine moins cher que ce que l’on peut trouver dans le centre ville. Quant aux aides à la formation, elles sont certes intéressantes, mais elles peuvent bénéficier aujourd’hui à toutes les sociétés, y compris celles qui ne logent pas dans le complexe.

Reste le coût des télécommunications. Un point essentiel au Maroc, où les prix sont encore trop élevés. Casanearshore promet des tarifs préférentiels pour ses locataires grâce à un opérateur spécial. Hélas, cela s’arrête là. Impossible d’avoir des chiffres détaillés…

Face à toutes ces questions, la communication des responsables du parc rappelle un peu trop la chanson de Boris Vian : « tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien… » C’est un peu léger pour un projet qui porte de telles ambitions.

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