Korea est l’un des marchés célèbres de Casablanca. Les commerçants du quartier sont les rois du prêt à porter. Ici, les Nike ou les Puma sont plus vraies que nature… à un détail près: ce sont générallement des fausses. Fournisseur officiel? La Chine.
C’est l’histoire d’une « success-story » casablancaise. Mohamed (*) a travaillé longtemps comme commercial dans une boîte française de Casablanca. Marocain, issu d’un milieu modeste, il n’avait droit qu’à un faible salaire. La moitié de celui de ses collègues français… pour un travail et des résultats bien plus importants.
Alors, Mohamed en a eu marre. S’il devait trimer dur, autant que cela soit pour lui, et pas pour un patron ingrat. Il est donc retourné à Korea, un grand marché de Casablanca, où son père possède une minuscule boutique de chaussures. Toutes les plus grandes marques de la basket… A un détail près : ce sont toutes des contrefaçons. Comme beaucoup de marchandises que l’on peut trouver dans les magasins de ce quartier.
Mohamed avait de l’ambition. L’échoppe devait s’agrandir. Il a emprunté la coquette somme de 500 000 dirhams… Pas de banques, pas de crédit, pas de papier… Tout s’est fait entre amis, avec la confiance comme seule garantie. Notre homme possède depuis une nouvelle boutique. Plus grande, plus moderne, mieux achalandée.
Difficile pour un novice de faire la différence entre les chaussures de Mohamed et celle, dix fois plus chères, que l’on peut trouver dans les magasins « officiels ». Et pour cause. Notre business man va s’achalander chez les meilleurs fournisseurs chinois. Presque tous les mois, il s’offre un voyage en Asie pour trouver des nouveautés. A Korea, il lance même des tendances.
Et les affaires marchent. Aujourd’hui, il gagne cinq fois le salaire de son ancien job.
Le voilà grossiste. Ses produits alimentent tout le reste du Maroc. Il pense même se diversifier… Après la chaussure, pourquoi pas le matériel agricole ? C’est en bonne voie. Et toujours sans l’aide d’aucune banque.
(*) le prénom a été changé