L’article consacré à la « Film Industry » illustre une des problématiques de la création (et de l’entreprenariat) au Maroc : le concurrence avec le marché informel.
Dans les rues de Casablanca, on peut se procurer un DVD pirate pour 10 dh (1 euro). Pour ce prix, vous avez un film récent et complet. Le support coûte 3 dh, le reste est consacré à rémunérer les intermédiaires. Cette activité informelle (et illégale) fait vivre un nombre important de personnes : difficile dans ces conditions pour les autorités de faire quelque chose. La question qui demeure : comment développer la création marocaine ?
Sur ce sujet la Chine peut être est un exemple (c’est notre semaine Chine, si vous ne l’avez pas remarqué
). Voici un article extrait du blog de Mihai Craesneanu revenant d’un séjour à Pékin :
L’industrie du disque et de la vidéo en Chine a la réputation d’être essentiellement pirate. Cette réputation est bien méritée. … Les chiffres sont édifiants : 95% des CD et DVD vendus sont illégaux, et de très bonne facture. Alors que le prix d’un DVD légal va de 1 à 3 € en moyenne dans les magasins (Toy Story était à 7 €, ce qui explique peut-être l’épaisse poussière qui le recouvrait…), les versions illégales dépassent rarement 0,80 €, voire 0,50 € si on négocie un peu. Pour les CD, les prix sont encore plus bas.
L’industrie du disque s’est donc organisée sur un business model particulier : le CD est ainsi considéré comme un produit marketing qui fait la promotion de l’artiste et dont on n’attend aucun revenu. En revanche, tout ce qui est généré ensuite comme conséquence de la popularité de l’artiste (contrats de publicité, concerts, merchandising, etc.) sont les véritables sources de revenus de la société, dont le rôle d’agent est complet (pas de séparation, comme en France ou ailleurs, entre maison de disques et agent). L’artiste, quand à lui, touche entre 30 et 50% des revenus.
Je ne sais pas si ce système est transposable au Maroc, mais cela illustre à mon avis l’une des constante de l’entreprenariat au Maroc (et sur les marché émergents). Plutôt que d’appliquer les recettes occidentales ou de lutter avec l’informel : il est préférable d’innover et de proposer de nouveaux modèles.