google
yahoo
bing

Les rendez-vous manqués de la France au Maroc ?

A quelques jours de l’arrivée Nicolas Sarkozy au Maroc, la presse française a l’air de s’intéresser plus aux déboires conjugaux du couple élyséen (Cécilia viendra, viendra pas ?) qu’aux véritables enjeux de cette visite. Un débat franco-français à des années lumières des préoccupations marocaines.

On se souvient pourtant du rendez-vous raté de juillet. La rencontre entre le nouveau président français et Mohamed VI, dernière étape d’une tournée maghrébine menée au pas de charge par Nicolas Sarkozy, avait été annulée au dernier moment. Cette fois, l’Elysée semble avoir mieux fait les choses : une visite d’état tout ce qu’il y a de plus officielle avec étapes à Marrakech, Rabat et Tanger. C’est tout ce que l’on sait pour l’instant…

Sarkozy va sûrement faire une ultime tentative pour placer les Rafales de Dassault au royaume. Mais cette vente semble compromise depuis l’offre, plus alléchante, qu’ont fait les Etats-Unis. Les F-16 américains, en plus d’être moins chers, répondent davantage aux besoins de l’armée marocaine que les avions de chasse du constructeur français. Extrêmement sophistiqués, les Rafales semblent avoir un seul défaut : leur prix exorbitant ! Pourquoi le Royaume accepterait-il d’acheter de tels appareils là où la Corée du Sud et les Pays-Bas ont dit non ?

En guise de lot de consolation, Nicolas Sarkozy pourrait décrocher un contrat pour un TGV. Ce projet traîne dans les tiroirs depuis cinq ans. La France a déjà financé plusieurs études de faisabilité. Deux lignes pourraient voir le jour : l’une entre Settat et Marrakech, l’autre entre Tanger et Kénitra (environ 375 kilomètres en tout). Mais quid du financement et du modèle économique ?

Les pays à s’être dotés de lignes à grande vitesse se comptent sur les doigts d’une main. Le Maroc a-t-il les moyens de s’offrir un tel joujou ? Et à qui profitera-t-il ? Car si les prix des billets correspondent à ceux pratiqués en France, la plupart des Marocains ne prendront jamais un tel train…

Reste que la visite de Nicolas Sarkozy a déjà fait une victime collatérale à en croire le quotidien L’Economiste :

L’ambassade de France à Rabat a fait annuler une conférence-débat qui devait se tenir sur le thème “Quelle(s) immigration(s) au XXIème siècle”, le 18 octobre au Lycée Lyautey. Selon des sources proches du dossier, l’ambassade ne voudrait pas que “les nouvelles propositions sur l’immigration du gouvernement Sarkozy soient abordées”, à la veille de la visite du président français au Maroc.

Source : http://www.leconomiste.com/article.html?r=3

Espérons tout de même que cette visite donnera un peu plus de visibilité sur le devenir des relations franco-marocaines. Car, comme beaucoup de pays africains, le Maroc semble avoir compris que son avenir ne se fera plus (seulement ?) avec la France.


Tous les articles écrits par Julien Félix.

4 Responses to “Les rendez-vous manqués de la France au Maroc ?”

  1. En effet le Maroc devra comprendre que son avenir ne se jouera plus exclusivement avec la France, mais la france devra comprendre également que le Maroc peut légitimement se tourner vers d’autres pays notamment du côté de l’atlantique.
    On en revient à la célèbre phrase de De Gaulle, “les états n’ont pas d’amis ils n’ont que des intérêts”, pourquoi la France est choquée de ne pas avoir “fourgué” ses rafales au Maroc, puisuque la relation n’est plus privilégiée??
    Auparavant le Maroc pouvait compter sur le soutien de Jacques Chirac qui soutenait en tout point la politique marocaine, avec Sarkozy ceci risque d’être différent.
    N’oublions pas non plus que tous les débuts de mandat ont commencé par des relations tendues avec le Maroc, nous en reparlerons dans 1 an!

  2. Ce n’est pas la “France” qui vends des Rafales, même si bien sur un appui politique de haut niveau est souvent déterminant dans un contrat d’armement de ce type. On voit bien cependant que cela ne suffit pas. D’ailleurs, la société Dassault ne compte pas sur le succés de cet avion de chasse pour assurer sa pérennité économique. Le gros de son chiffre d’affaire et de son bénéfice se fait avec les avions privés de la série Falcon. Ils sont vendus partout dans le monde, et pour le coup, sont un véritable succés économique. En privé plusieurs des dirigeants de cette société reconnaissent que l’avenir de la société sera de plus en plus “civil”. Vu de France, on ne peut pas dire que cette vente ratée au Maroc est eu plus de raisonnance que ça. Comme si tout le monde avait assimilé que cet appareil est réellement trop cher pour ce pays. C’est la vie des affaires.
    Au delà de cet épiphénoméne, il faut aussi relativiser l’importance des liens entre le Maroc et la France. Ils sont étroits, certe, mais rien n’est gravé dans le marbre. Parfois, en lisant certains commentaires, j’ai vraiment l’impression que des personnes s’imaginent que le Maroc serait devenu l’alpha et l’oméga des relations étrangéres de la France. Comme Mohamed Ch le fait justement remarqué, “les états n’ont que des intérêts”. Et bien les intérêts Français, en Allemagne par exemple, sont sans commune mesure avec ses intérêts au Maroc. A l’heure actuelle et au plan diplomatique, le Maroc a certainement plus besoin de la France que l’inverse. Par exemple, dans l’épineux dossier du Sahara Occidental où la France a soutenu le point de vue Marocain bien davantage que d’autres pays. Dans les relations diplomatiques internationales elle demeure un partenaire de premier plan. En grosse partie à cause de son siége de membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU.

  3. J’ajouterai aux commentaire précédant, le fait que l’Afrique semble être traitée avec “légéreté” par Nicolas Sarkozy.

    Le discours récent de Dakar (sur ” l’homme africain qui n’est pas entré dans l’historie “), en plus d’être une faute grossière de communication, semble montrer une forte méconnaissance de la réalité de l’afrique d’aujourd’hui.

    L’annulation de la 1ere visite de NS au Maroc semble être une seconde erreur de communication. Les autorité marocaine ont (peut être?) été froissé d’une 1er visite de quelques heures, placé entre l’Algérie et la Lybie.

    Enfin laisser la presse française faire ses gros titre sur l’absence de Cécilia semble montrer que les conseiller présidentiels placent la gestion de la communication de cette rupture avant le voyage au Maroc. Pas certain que les autorités marocaines apprécient …

  4. Je réagis juste sur le com de mon voisin de dessus :

    1- NS établit une politique de rupture à tous les niveaux mais celle ayant trait aux affaires étrangéres françaises (cf la nouvelle alliance atlantique par exemple).

    2- Je ne vois pas en quoi la phrase, citée par Laurent et dictée par Guaino à NS, est choquante : appelons un chat un chat et disons haut et fort la vérité qui blesse. Depuis quand l’Homme africain est entré dans l’histoire (ou voudrait rentrer dans l’histoire) ? A aucun moment ceux qui gouvernent les pays africains (à part l’Afrique du sud maintenant et le Sénégal d’hier) ne veulent d’un progrés certain ; il n’y qu’à voir l’état mauvais des gouvernances ; il n’y qu’à voir la gabégie dans les finances publiques et les comptes bancaires en Suisse qui appartiennent à certains des gouvernants des pays d’Afrique ; il n’y a qu’à voir l’absence totale de la démocratie et le respect des droits de l’Homme dans les pays africains ; ect ect ect : Comme voulez vous inscrire positivement l’homme africain dans l’Histoire avec tout ceci ?

    3- la dernière visite de NS ne concernait pas la libye mais bel et bien l’algérie et la tunisie…

    4- la presse française ne se focalise pas uniquement sur Cécilia et ses déboires conjugaux : il y aussi la gréve annoncée du Jeudi noir (demain) à cause de la réforme spéciaux ; il y a la polémique de l’amendement de Mariani (test ADN) ; il y a la découverte de la caisse noire du MEDEF (UIMM) donc perquisition chez les grands patrons, caisse noire qui sert -parait’il- aux financements entre autres des syndicats censés défendre les droits des travailleurs en France…

    PS: Pardon, Julien, si je ne réagis pas sur le fond de ton article que j’ai lu du début à la fin.

Enregistrer un commentaire

Subscribe without commenting