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Qui veut de l’union euroméditerranéenne ?

« Le temps n’est plus au dialogue, mais à l’action », « il n’est plus temps de parler, mais d’agir », « le moment est venu de cesser de discuter pour se mettre à construire » … Pour vendre son union-euroméditerranéenne, mardi à Tanger, Nicolas Sarkozy a endossé une fois de plus son costume d’homme d’action. Mais force est de constater que ce projet s’apparente toujours à une coquille vide… et que le président français a beaucoup, beaucoup, beaucoup parlé…

A première vue, on a l’impression que Nicolas Sarkozy est bien seul pour soutenir ce projet. Si certains pays du sud de l’Europe, comme l’Espagne ou la Grèce, ont montré un certain intérêt, on est encore loin d’un engouement réel. Et leurs dirigeants se méfient : est-ce un véritable projet fédérateur ou un concept creux inventé par la France pour reprendre en main la politique étrangère de l’Europe au Maghreb ? Quant aux pays du nord, Royaume-Uni en tête, ils ne se gênent pas pour faire part de leur scepticisme. Du reste, l’union-euroméditerranéenne n’a jamais été discutée dans le cadre des instances européennes. Il n’existe encore aucun texte, aucune base de travail…

Tout le monde s’interroge sur les réelles motivations du chef d’état français. Son projet a du mal à se défaire de son image initiale : une alternative à l’entrée de la Turquie dans l’Europe. A cause de cela, Ankara, qui devait avoir une place toute particulière dans cette fameuse union, ne veut même pas en entendre parler… Sarkozy tente donc d’impliquer de nouveaux pays : la Lybie, l’Algérie et le Maroc. Hélas pour lui, Mohamed VI a lui aussi montré des réserves. Tout en se déclarant prêt à “explorer” l’idée d’Union de la Méditerranée, le souverain lui a demandé avant tout d’agir au sein de l’UE en faveur d’un statut de partenaire privilégié pour le Maroc.

Un tel projet ne pourra se faire que sur la base d’une véritable entente entre les pays de la région. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Il suffit de regarder toutes les difficultés qu’a eu l’accord d’Agadir à se mettre en place. Signé le 1er janvier 2005 entre le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie, pour la suppression des droits de douane, il a fini par entrer en vigueur en mars dernier. Et encore, son application se heurte toujours à de nombreux obstacles. Quant à l’Algérie, elle l’a toujours rejeté…

Mais il serait trop facile de rejeter la faute sur le dos des pays du Maghreb. Les discours européens sur la solidarité entre les deux rives de la Méditerranée ont toujours été en complet décalage avec leurs actes. C’est ce qui a d’ailleurs contribué à l’échec du processus de Barcelone. Comment peut-on promouvoir la libre circulation des biens et des valeurs en restreignant la liberté de circulation des personnes ? Les nombreux Marocains qui font la queue des heures à la porte du consulat de France (et qui reçoive un accueil loin d’être chaleureux) ont-ils l’impression de faire parti d’un grand espace uni par une « communauté de destin » ?


Tous les articles écrits par Julien Félix.

2 Responses to “Qui veut de l’union euroméditerranéenne ?”

  1. Il a plutôt endosser son costume d’homme de marketing.

    Je comprends ces partenaires européens qui en ont marre de le voir retirer la couverture à lui tout seul : infirmières bulgares, traité européen …

    Il vient au dernier sprint, et occulte les efforts des Hommes d’action (Merkel) qui ne perdent pas de temps dans des compagnes de pub.

  2. [...] avait déjà fait état des doutes qu’avaient sucité la présentation au Maroc du projet d’union méditerranéenne promu par nicolas Sarkozy. C’est aujourd’hui le journal rue89 qui traite le sujet dans [...]

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