David cherchait des données chiffrées pour établir le business plan de son activité au Maroc. Il faisait part de sa difficulté à trouver de l’information fiable. Comme le notait justement Manale dans les commentaires :
« Le manque d’informations fiables n’est pas une caractéristique propre au Maroc. L’entrepreneur dans la plupart des pays émergents connaîtra le même problème. 2 raisons principales :
- Le coût de réalisation élevé des enquêtes et études
- La moindre information (fiable ou non) est susceptible d’être monnayée »
J’ajouterai à cela que le poids de l’informel dans certains secteurs peut fausser toutes les données officielles. Comment par exemple développer un business autour de l’informatique sans se rendre à Derb Ghalleff. Un dossier de « la vie Eco » de cette semaine lève un coin de voile sur ce marché connu de tous les Casablancais.
Officiellement ce lieu n’existe pas, mais cela n’empêche pas le millier de commerces de réaliser 1 milliard de dh de chiffre d’affaire annuel. Ce chiffre colossal représenterait, toujours selon l’article, un cinquième de la richesse créée à Casablanca. Ce business est tellement lucratif que ces magasins, pour la plupart recouverts par des toits en tôle ondulée, se rachèteraient jusqu’à 80 000 dh le m2, soit le double des boulevards les plus luxueux de Casablanca.
On peut y trouver des costumes, des meubles mais c’est l’électronique (informatique, téléphone portable, écrans plasma ainsi que les logiciels et décodeurs piratés) qui a fait ces dernières années sa réputation. Le matériel, bien souvent de contrebande, s’achète entre 30 à 50% moins cher que dans le marché officiel. Pour le logiciel, le CD de Windows ou de Photoshop est vendue 10 dh (1). Bien entendu la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, mais l’acheteur est prévenu.
Il faut avoir ces données en tête avant de lancer. Le conseil que je donne a tout étranger qui voudrait entreprendre au Maroc est de vérifier que son business n’est pas (trop) concurrencé par l’informel. Si tel est le cas, même avec la meilleure volonté du monde, cela représente un handicap, pas toujours facile à franchir.
En conclusion je reprendrais le commentaire de Manale :
« Les marchés émergents sont certes très tentants et stimulants, l’entrepreneur doit apprendre à composer avec ces imperfections, à naviguer avec son intuition et avoir le coeur bien accroché … »
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1) La part du logiciel piraté au Maroc est estimée à 70% Microsoft : 80% du marché formel du logiciel au Maroc (la vie éco).