
Que ce soit autour du Sunday roast dans un pub de Londres ou autour de dim-sums dans un restaurant en Asie, le déjeuner de dimanche est un moment privilégié pour se retrouver en famille ou entre amis. A Casablanca, le Café Maure de La Sqala est le lieu prédilection pour cette occasion.
Situé en bordure des remparts de l’ancienne médina, face au port de pêche, le Café Maure est niché dans l’enceinte de la Sqala, un ancien bastion fortifié du XVIIIème. Une fois franchi l’esplanade où trônent encore des canons, s’ouvre un très coquet jardin parsemé de parterres d’herbes aromatiques protégés par de majestueux cyprès et des bougainvilliers en fleurs. Dès les premiers instants, les effluves des plats de tajines et des grillades vous indiquent le chemin pour vivre une extraordinaire aventure gastronomique marocaine.

Ainsi, au milieu du jardin mauresque, sous les pergolas, dans une véranda ou à l’ombre des orangers vous pourrez commencer votre repas en vous délectant de délicieux cocktails de fruits. Je vous recommande particulièrement l’ambassadeur une savoureuse mixture d’amandes et de dattes, parfumée à la fleur d’oranger. La carte est variée et offre un joli panorama des trésors de la cuisine marocaine. Les indécis pourront prendre en entrée un kémia, un impressionnant assortiment de salades marocaines où chacune des coupelles révèle des saveurs des plus subtiles. Sinon les briouates, des petits pâtés marocains fourrés, sont comme toujours, excellentes.

Pour continuer, entre les grillades ou les tagines, les poissons ou les viandes, le choix du plat principal est toujours un exercice difficile. Alors on lorgne sur les assiettes des tables voisines ou sur le contenu des énormes plateaux que les serveurs portent promptement avec beaucoup de solennité. Les produits utilisés étant toujours de bonne qualité, la surprise est nécessairement agréable. Je me suis laissée tentée par la seiche, légère et bien marinée, grillée à point et servie avec des légumes, elle procure autant de plaisirs au palais que pour les yeux. Et pour ceux qui sont soucieux de leur ligne, la Sqala est une bénédiction, les plats sont justement dosés et plutôt légers, jamais trop gras.
Pour le dessert, toujours le même dilemme tant il est difficile de se décider entre les nombreuses tentations de glaces et de pâtisseries marocaines. J’ai opté pour la pastilla au lait : un mille-feuille croustillant de feuilles de pastilla arrosé d’un sirop de lait parfumée à la fleur d’oranger, le tout parsemé d’éclats d’amande. Un vrai délice.
Le clapotis des fontaines résonne avec les échos joyeux des nombreux enfants qui jouent dans le jardin. Les parents sont détendus, les conversations continuent de bon train, il est difficile de se résoudre à quitter ce cadre si agréable. Allez, un petit thé à la menthe, ensuite peut-être un autre cocktail de fruits ou alors une glace, tous les prétextes sont bons pour y passer l’après-midi…