Cinéma au Maroc : l’école de Marrakech

C’est la fin d’un paradoxe ! Avec 15 longs métrages produits chaque année, plus bon nombre de tournages étrangers réalisés un peu partout dans le royaume, le Maroc n’avait encore aucun organe de formation aux métiers du cinéma digne de ce nom. C’est désormais chose faite. L’école supérieure des arts visuels de Marrakech a ouvert ses portes il y a un peu plus d’un an. On y forme à tous les métiers de l’audiovisuel. De la technique jusqu’à la réalisation.

« Avant, on se formait sur le terrain », explique Fatah, un incontournable des plateaux de tournages au Maroc. Celui qui a commencé à ramasser des gobelets sur les tournages travaille aujourd’hui avec les plus grands. Il a dirigé la production de nombreux films étrangers au Maroc. De Alexandre à Gladiator en passant par La colline à des yeux. « Je n’ai jamais fait d’école. J’ai gravi peu à peu les échelons. »

C’est le cas de la plupart des travailleurs du cinéma encore aujourd’hui. Ils ont gagné leurs galons patiemment, de plateau en plateau, de tournage en tournage. Mais si la loi oblige à ce qu’une partie de la production d’un film étranger au Maroc soit assurée par des marocains, beaucoup de réalisateurs emmènent avec eux leurs propres techniciens pour les métiers de pointe. Faute de compétences…

Les choses devraient bientôt changer. Dans quelques années, les premières formations de l’Esav vont arriver sur le marché de l’emploi. Et les initiateurs du projet n’ont pas fait les choses à moitié. Après avoir occupée des locaux provisoires dans la médina, les nouveaux bâtiments de l’école sont en train de prendre forme. Près de 9000 mètres carrés de plateaux de tournage, de studios de montage ou d’enregistrement, de salles de projection… L’Esav voit grand. Si elle n’accueille aujourd’hui qu’une cinquantaine d’élèves, les effectifs devraient passer à près de 300 au fil des années.

Ce projet démesuré est né d’une rencontre. Celle d’un Français, Vincent Melilli, et de deux Suisses Suzanne Biedermann et Max Alioth. Ancien directeur de l’institut français de Marrakech, Vincent Melilli avait depuis longtemps cette idée en tête. Il en a parlé aux deux patrons de la Fondation suisse Dar-Bellarj qui n’ont pas hésité à mettre la main à la poche. Ils ont déjà déboursé près de 6 millions d’euros, sans demander aucun retour sur investissement.

Mais la grande originalité de l’Esav, c’est son système de bourse. L’école fait appel à des fondations un peu partout dans le monde pour aider ses étudiants. Bien sûr, elle compte son lot d’étudiants fortunés dont les parents sont prêts à débourses sans compter. Mais ceux-ci se mélangent avec des jeunes de milieux bien plus modestes dont les études peuvent être entièrement prises en charge. Une manière de dénicher les vrais talents.

Quant au concours, il laisse la part belle à la créativité. Une seule exigence : avoir le niveau Bac. Le reste est une affaire d’imagination et de sensibilité. Un exemple : on laisse les étudiants une journée avec des appareils photo jetables se balader dans les rues de Marrakech. A eux de laisser libre cours à leur talent. C’est ce qui a permis à l’Esav d’obtenir une réelle mixité sociale et culturelle. Et surtout de donner une chance à des jeunes qui, même s’ils n’ont pas faits de grandes études, ont un réel potentiel. La création de l’Esav soulève donc beaucoup d’espoir dans une industrie audiovisuelle en plein essor.

Le site de l’école : www.emarrakech.info


Tous les articles écrits par Julien Félix.

6 Responses to “Cinéma au Maroc : l’école de Marrakech”

  1. Euh… il y avait quand même le centre de formation au cinéma de Ouarzazate, non ?

  2. bah je peut savoir est ce que cette ecole privé ou l’entrait avec un concours

  3. j peux avoir l adress email de cette ecole?

  4. je suis detenteur du DAEU de la Sorbonne Nouvelle et de Trois annees en Cinema de la meme faculte comment faire pour rejoindre votre ecole

  5. J’ai rajouté le site de l’école dans le texte de l’article. Vous pouvez vous renseigner là.

  6. Mustapha LOUMI on March 16th, 2009 at 12:08 pm

    Bonjour,

    Merci de me confier votre adresse mail s’il vous plait

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