Alors que le Maroc se développe, une pénurie de compétences se fait jour dans certains secteurs. Ce sont de nouvelles opportunités qui se présentent pour des français ou des marocains à l’étranger désireux de tenter leur chance à l’étranger.
Avant d’aller plus loin, l’étranger doit avoir quelques chiffres en tête. Le SMIC marocain est de 1 800 dh (160 euro) – un opérateur de call center reçoit un salaire entre 3.000 et 3.500 dh (270 / 320 euro). Beaucoup de français (que j’ai parfois en contact) pensent que leur statut d’étranger est suffisant pour obtenir un « bon » salaire au Maroc. Ce n’est pas le cas. Il faut d’autre part oublier le généreux statut d’expatrié qui a pratiquement disparu, au profit de contrats signés localement.
Ceci étant dit, il y a certains secteurs qui permettent de prétendre à de bons salaires. Le secteur que le voulais explorer aujourd’hui concerne l’informatique.
Le secteur de l’informatique, offshoring ou informatique local, se développe fortement au Maroc et la pénurie se fait sentir sur les postes d’encadrants (chefs de projets) aillant quelques années d’expérience. Le profil idéal pour les sociétés de services informatiques sont les informaticiens d’origine marocaine qui ont travaillé ou étudié à l’étranger (en France notamment). Ce sont des candidats qui ont acquis une rigueur dans le travail, de l’autonomie et surtout qui connaissent bien les habitudes de la clientèle européenne. Comme ces sociétés sont attachées à une certaine stabilité, ils préfèrent recruter des collaborateurs qui ne seront pas soumis à un choc culturels. Sur ce sujet, un recruteur me confiait d’ailleurs que les marocains qui avaient quitté le Maroc dans leur enfance avaient parfois autant de difficultés à s’installer que des français d’origine.
Du point de vu du de l’informaticien d’origine marocaine il y a matière a réfléchir. Au Maroc il peut obtenir plus de responsabilités qu’en France. Si en France ses origines peuvent être un handicap (on ne peut nier qu’il y toujours un petit fond de discrimination « négative » dans certaines sociétés), au Maroc cela représente indéniablement un avantage pour gérer un contexte multiculturel. Enfin ils se sentent rassurés par le niveau et la diversité des employeurs qui leur permet de changer facilement de société. La plupart des grandes sociétés de services françaises sont aujourd’hui représentées à Casablanca ou à Rabat.
Les salaires proposés pour des postes de chefs de projets oscillent aujourd’hui entre 18 000 dh et 24 000 dh (1 600 euro et 2 200 euros nets). Par rapport à un salaire sur Paris, cela représentera certes une perte de revenus significative (de l’ordre de 40%) mais qui sera compensée par une hausse de pouvoir. Au moment de fonder une famille et/ou de vouloir acheter un premier bien immobilier l’aventure marocaine devient alors une opportunité intéressante.
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