Le balcon 33 : meilleure table de Casablanca ?

J’ai parfois entendu dire que le balcon 33, restaurant night club sur la Corniche serait l’une des meilleures tables de Casablanca. Assertion que l’on pouvait d’ailleurs retrouver dans une interview de Saâd Hassani, peintre marocain confiant aux journal « Maison du Maroc » (novembre/décembre 2007) :

« Le balcon 33 est un night club qui, en plus de garantir tout ce que la nuit peut offrir de fantasmes, donne la possibilité d’une bonne table et d’avoir des échanges avec des amis. C’est un endroit ou le personnel n’a pas changé depuis 30 ans. Quand on le fréquente comme moi depuis des années, on commence à faire parti du territoire : on est toujours bien accueilli. »

Disons le tout simplement : il est (de mon point de vue) difficile de trouver plus mauvaise cuisine que celle du balcon 33.

La carte offre une improbable recette d’huître au fois gras, un mélange « terre et mer » audacieux, que l’on retrouve jusque dans les frites servies avec la viande qui ont souvent l’odeur du poisson. Le décor est fatigué. Les canapés sont recouverts de vielles tentures rouges dont l’age dépasse probablement celui des serveurs, ce qui n’est pas peu dire. D’ailleurs cela n’a pas beaucoup d’importance, ce n’est pas pour cela que l’on vient. Quand « aux échanges entre amis », je défis quiconque d’avoir une conversation intelligible, tant les décibels, passé 10/11 heures, sont aussi lourds que la cuisine servie.

On y vient pour le spectacle, mais le « fantasme offert » (pour reprendre les mots choisis par notre peintre) est parfois un peu « sordide ». Des jeunes femmes, dont on a du mal à imaginer qu’elles soient toutes majeures assises en grappes autours de messieurs âgés, marocains ou étrangers, habitués ou simples consultants de passage. Tout cela respire l’ennui, les jeunes filles regardent en l’air, ou envoient des SMS, pendant que les messieurs essaient de trouver un peu de contenance dans des regards vagues. Ils n’auront guère échangé un mot, même pour demander les tarifs …

On peut au passage s’interroger sur les protections dont bénéficient certains établissements à Casablanca. Le restaurant, le Mystic Garden, situé à quelques pas du balcon 33 vient de fermer pour une banale histoire d’infraction à la licence d’alcool. Sanction injuste, le Mystic était un des rares endroits clean sur la corniche, ou il était possible de sortir avec sa copine, sans avoir à détourner le regarde.

Pour conclure sur une touche un peu plus légère que la cuisine du célèbre dancing, je ne peux résister à citer cet édito d’aujourd’hui le Maroc (publié l’année dernière) que je trouve délicieux :

« Que serait, par exemple, la vision 2010 pour le tourisme sans l’effet d’attraction quasi universelle de la moule marocaine ?

La moule marocaine a de tout temps été connue et appréciée pour sa plastique, sa fraîcheur, son goût, et ses qualités aussi bien olfactives que gustatives ; la moule marocaine est, sans conteste, une dimension essentielle de notre identité nationale; de Tanger à Lagouira, la pêche aux moules mobilise, depuis toujours, les énergies et les intelligences de nos concitoyens; chaque Marocain a une technique particulière pour pêcher sa moule et pour l’accommoder; »

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À propos de Laurent Bervas

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière spécialisée dans la Location Appartement Casablanca
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