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Le Reporter : droit de réponse

Bahia Amrani, Directrice du Reporter, vient de publier cette réponse à l’article publié par Julien Félix ” Fait-divers au Maroc : un certain goût pour le trash ” :

M.Felix,

Loin de moi l’idée de contester votre démarche. Quand un journal publie un article, l’article en question est livré à l’appréciation de tous. Et ceux qui n’en apprécient pas le contenu sont – cela est indiscutable – libres d’exprimer leur point de vue. Nous ne mettons pas tant d’énergie à défendre la liberté d’expression pour en critiquer l’application quand cela nous concerne …

Cependant, vous qui paraissez si sourcilleux sur les précautions dont il faut s’entourer avant de s’en prendre à quiconque, je ne vous vois pas prendre ces précautions en procédant à ce lynchage en règle du “Reporter” que vous donnez à lire à vos e-lecteurs. L’équipe du “Reporter” a apprécié. De même que la famille de la pauvre jeune fille sauvagement poignardée dont la journaliste qui a écrit cet article est très proche …

Je vous concède qu’il y a dans la narration des faits (qui sont avérés et le coupable, car, ne vous en déplaise, c’en est un, a été arrêté pour son crime, même si, à l’époque, il n’était pas encore jugé) – une volonté trop affirmée de sensibiliser le lecteur à l’aspect crapuleux d’un rite obscurantiste que seule notre société connaît. Mais de là à tout mettre en doute et vous autoriser à vous moquer du travail d’un journaliste et d’un journal en vous posant en donneur de leçons qui distribue blâmes et satisfecit (dans notre cas, il n’y a eu que blâmes. Tel quel a eu plus de chance..), je trouve cela un brin présomptueux de votre part.

Sans vouloir vous vexer, si vous aviez les qualités requises pour donner des leçons de journalisme au monde, cela se saurait… Et en premier lieu dans votre pays. Mais il est peut être plus facile de venir chez les “bougnoules” lire leur presse imparfaite et la noter, plutôt que de faire profiter la planète des reportages exemplaires que vous ne faites pas.
Un conseil, M. Felix, au lieu de vous amuser à nous regarder à travers vos lunettes occidentalo-centristes – ce qui n’impressionne plus personne – employez vous à nous donner l’exemple en devenant vous-même un grand journaliste. Nous en apprendrions sûrement plus en lisant vos futurs “irréprochables” articles et reportages qu’en continuant à recevoir des alertes google nous signalant vos commentaires sur notre travail (j’oubliais en effet de vous dire que c’est par une alerte google “le Reporter” que j’ai appris que vous existiez et à quoi vous employiez votre temps).

Un dernier mot pour finir. Personne autour de moi n’était d’accord pour que je vous réponde. Pour eux, c’était vous donner plus d’importance que vous n’en aviez. Mais, voyez-vous, j’ai le même défaut que vous. Moi aussi, de temps en temps, j’aime donner de petites leçons… Celle là n’était pas bien méchante, comparativement aux insultes que nous avons dû essuyer.

Voici la réponse que j’ai publié dans les commentaires :
Bahia, vous écrivez :

Mais il est peut être plus facile de venir chez les “bougnoules” lire leur presse imparfaite et la noter, plutôt que de faire profiter la planète des reportages exemplaires que vous ne faites pas.

C’est à la fois faux et insultant. Que vous ne soyez pas d’accord avec Julien Félix c’est une chose. Que vous lui prétiez des attitudes racistes ( venir chez les “bougnoules” ) parce qu’il critique comme professionnel le travail journalistique de votre journal ne vous honore pas. Ce commentaire manque de la plus élémentaire honeteté et rigueur.

Enfin, lorsque vous placez à la une de votre dernière édition :

Révélations sur les dangers des pratiques sexuelles des routiers.

Je ne peux que rejoindre Julien quand il écrit :

Pour ce qui est du racoleur, je pense d’ailleurs que de nombreux autres titres de la presse (marocaine) francophone n’ont rien à leur envier.

MAJ : Marie-Aude nous explique comment l’accusation de racisme permet de clore tout débat : L’accusation de racisme comme point Godwin :

Le racisme est une plaie. Et il existe partout.

Il s’accompagne d’une autre plaie : l’accusation de racisme.

Il est très fréquent, quand quelqu’un émet une critique à l’égard d’une personne n’appartenant pas à la même origine ethnique, et surtout quand c’est dans le sens “PBP” (Personne blanche et privilégiée) vers “non-PBP” que la réaction soit “de toutes façons vous dites ça parce que vous êtes raciste”.

C’est facile, ça évite de s’interroger sur le fond de la critique, c’est une disqualification du message sous la honte du racisme.

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Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

7 Responses to “Le Reporter : droit de réponse”

  1. Ce texte aigri est bien représentatif d’une certaine intelligentsia casaoui, (ou rbati) qui préfère le « paraitre» à la rigueur professionnelle !
    Il a perdu toute crédibilité avec l’accusation facile , mais utilisée à tout va dans ce milieu, de racisme, alors que ses membres mettent une énergie énorme à se faire parainner au CAFC, ou au tropicana, qui sont pour certains, l’ultime but de ce « paraître » , comme d’inviter à sa table, (quand on a une table), un journaliste ou un entrepreneur européen !.

  2. Rectif:
    au lieu de Tropicana, lire CCC Sun !

  3. Le reporter qui fait des leçon de journalisme on aura tout vu : c’est l’hopital qui se moque de la charitée :-D

  4. @Laurent

    En tant que lecteur, je ne vois pas quel interet de publier cet article/lettre. J’ai lu le contenu et les commentaires et je dois vous avouer que j’ai rien apprit sauf que j’ai perdu mon temps. Le temps que je consacre pendant ma pause de dejeuner pour apprendre quelque chose.

  5. @Deal
    Noté. Je pense que le sujet développé par Marie-Aude sur l’accusation de racisme me semble intéressant. Le fait de publier le commentaire de la directrice du reporter me semblait pour cela pertinent pour l’illustrer.

  6. Ce qui devait arriver arriva…Julien ils sont justes jaloux de ton travail. Pour ma part, continue, continue, continue et encore une fois continue et merci. Et je mets dans ma blacklist le magazine reporter.
    Par ailleurs, je suis sûr que Bahia va faire les mains et les pieds pour mettre ces enfants à la mission comme l’a dit claude !

    @Deal
    Je suis d’accord avec toi. J’ai juste perdu mon temps. Mais ça c’est le fort des Bahia et compagnie. Il faut qu’ils brassent de l’air pour prouver qu’ils existent.

    Allez j’espère qu’on va clore rapidement le sujet sinon on va lui donner trop d’importance.

  7. C’est une réaction débile du Reporter. Je ne suis pas précisément laxiste en matière de racisme ou de nostalgie coloniale, mais le texte de Julien en était chimiquement pur. Au lieu de reconnaître un article mauvais, car il leur arrive de faire de bons articles politiques, Bahia Amrani s’enfonce. J’ai ainsi relevé ceci: “la famille de la pauvre jeune fille sauvagement poignardée dont la journaliste qui a écrit cet article est très proche” – donc un article sur un fait-divers a été écrit par une parente? C’est ça la déontologie?

    Par ailleurs, ceci me turlupine: “le coupable, car, ne vous en déplaise, c’en est un, a été arrêté pour son crime, même si, à l’époque, il n’était pas encore jugé” – arrêté et jugé, ce n’est vraiment pas la mêlme chose, et il n’apparaît pas clairement que le suspect ait été condamné.

    L’attaque ad hominem contre Julien est écoeurante – si on suit son raisonnement, elle n’est pas Robert Fisk ou Le Canard enchaîné pour se mettre sur ses grands chevaux…

    Et tu as bien fait de relever leur dernière une – on a l’impression qu’il s’agit d’une enquête sur les moeurs sexuelles des routiers marocains, mais il s’agit des résultats d’une enquête internationale, apparemment menée en Europe par un organisme international.

    Enfin, l’hypocrisie de Bahia Amrani est étonnante: elle a un chroniqueur “international” du nom de Patrice Zehr, qui sévissait je crois sur Médi 1, et qui nous inonde de poncifs et lieux communs qui ne seraient sans doute pas publiés sur deux pages chaque semaine s’il s’appelait Kim Lee, Boubacar Diop ou Moha Aït Lahcen.

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