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Parlez-vous le “marocain des affaires” (1) ?

La série « Parlez vous le marocain des affaires » fait écho aux histoires de Marcels initiées par Marie Aude. Il s’agit de vous faire partager un peu du quotidien d’un agent immobilier au Maroc. Voici pour cette première chronique quelques phrases entendues lors de nos différentes négociations sur le terrain, suivies de leur traduction.

« Cette villa est idéale pour des anglais », phrase qu’un agent immobilier « étranger » entend régulièrement. Comprenez, « trouvez moi des pigeons. J’ai essayé de fourguer mon truc à des français et des marocains et ils trouvent ça trop cher, alors faut essayer avec des anglais, qui sont habitué à payer cher »

« Cet immeuble est idéal pour une franchise ». Le vendeur n’aillant pas trouvé de pigeons anglais, nous explique que son immeuble serait parfait pour une Franchise comme Chanel ou Dior. Car, bien entendu, il faut nécessairement une franchise de luxe prête a payer un prix exorbitant.

« Des chinois m’en ont déjà proposé 4 millions ». Phrase entendue de la bouche du propriétaire d’une surface commerciale qui n’en valait pas plus de 2 millions. Dans la « négociation à la Marocaine », il y a toujours un acheteur providentiel qui propose un prix très élevé (relire à ce sujet Marcel et la Villa et son acheteur Australien). En l’occurrence, dans l’esprit du vendeur, le chinois est probablement au dessus des anglais (et des franchises). C’est une sorte de martien prêt à offrir des sommes astronomiques pour son modeste bien.

« Emmenez moi l’investisseur et on va tout de suite chez le notaire », quand on sait le temps que prend la conclusion d’une affaire, cette phrase prête à sourire. Disons qu’il faut comprendre : il faut aller vite, de peur que l’acheteur (anglais, chinois ou martien) ne s’aperçoive des nombreux défauts du bien en question.

Celui qui a passé quelques temps au Maroc ne sera pas surpris par ce qui précéde. Je pense cependant que ce type de « folklore » va disparaître à court ou moyen terme. Les acheteurs étrangers, si l’on parle d’eux, sont prêts à acheter à des prix élevés, à condition que le produit et le service soient à la hauteur. Fatalement le marché va se professionnaliser …

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

4 Responses to “Parlez-vous le “marocain des affaires” (1) ?”

  1. Laurent,

    Encore la fatalité ? décidement, tu ne crois pas au destin. Les marocains si ;)

    lol, bonne journée.

  2. => Void, je vais dans le sens de Laurent. La fatalité je n’ai rien contre, mais tout le temps et pour tout, ça use…

  3. > « trouvez moi des pigeons. J’ai essayé de fourguer mon truc à des français et des marocains et ils trouvent ça trop cher, alors faut essayer avec des anglais, qui sont habitué à payer cher »

    Je crois que c’est vrai, le français ne rapporte plus rien au maroc, il faut peut être essayer avec l’algerien…on a vu des français négocier une paire de babouche à 10 DH, 0,90 centimes deuros….pour 5 heures de travail… un français stefanoi pédophile a négocié sa passe dans les wc d’un immeuble arrêté avec un mineur marrakchi pour 10 DH.
    Bienvenus aux anglais mais il faut aussi leur langues….la tunisie a compris le système, le serveur sert d’abord l’allemand avant le français.

  4. un monde capitaliste. On sert celui la avant celui la parce qu’il a plus d’argent. C’est domage … Il ne faut plus etre une personne respectable mais aussi une personne qui a du fric.

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