Tanger sera plus belle en 2012 ?

Après mon petit périple à Tanger, je me suis dit qu’un petit post sur la ville s’imposait. Une chose est sûre, avec ou sans expo internationale, Tanger est sur les rails. Les gros projets immobiliers vont se poursuivre, les entreprises étrangères vont continuer à s’y installer… C’est d’ailleurs pour cette raison que les tangérois n’ont pas pleuré la défaite. Mais ce n’est pas la seule.

Laurent parlait d’une communication officielle déconnectée. C’est l’impression que j’ai eue en arrivant sur place. Comme si les habitants avaient été laissés de côté. Le soir des résultats, aucune animation n’avait été programmée pour eux. Tous les officiels étaient à Paris. La fête, c’était en France, pas dans les rues de Tanger. Seul un petit groupe de personnalités s’était réuni in extremis dans un grand hôtel. Moins d’une demi-heure après l’annonce de la défaite, tout ce beau monde avait regagné ses pénates.

Dans les cafés, on a suivi les résultats à la télévision, d’un œil distrait. Certains espéraient quand même une victoire. Pour ceux-là, l’expo représentait une belle occasion d’accueillir un évènement international et d’oublier la douche froide de la coupe du monde de football. D’autres, au contraire, s’inquiétaient de toutes les conséquences négatives qu’un tel évènement allait entraîner : hausse du coût de la vie, spéculation immobilière, embouteillages…

Si on avait plus impliqué les gens, cela aurait-il changé les résultats ? On peut en douter… Mais cela aurait quand même permis aux tangérois de se sentier un peu mieux considérés. Mais pour cela, il aurait peut-être également fallu mieux choisir ses ambassadeurs. La ville regorge d’intellectuels – écrivains, peintres, poètes, musiciens – qui auraient pu « vendre » la ville à l’étranger tout en faisant le lien avec la population.

Des gens qui devaient également avoir leur mot à dire dans le développement de la ville. Car quand Laurent disait que « Tanger sera plus belle en 2012 », j’ai quand même un doute là dessus. A voir les grands complexes immobiliers qui poussent comme des champignons, on peut se demander si elle n’est pas en train de se transformer en Costa del Sol. Ce serait dommage pour une ville si riche de culture(s) de devenir un simple lieu de villégiature pour le tourisme de masse.

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