Métro, boulot, dodo, et la corvée de fourrage
Décidémment, Abdou (dont je reproduit les paroles) a réveillé mon instinct féministe :
Contrairement peut être à l’occident, la femme marocaine est souvent plus gâtée et plus choyée d’abord par son statut de mère quand elle a des enfants et son statut de femme et épouse quand elle a réussi à s’imposer en tant que tel. Je ne pense pas que la femme occidentale dans sa majorité soit une femme heureuse malheureusement, sa pseudo liberté ne lui confère que plus de responsabilités, son égalité avec l’homme l’oblige à réaliser à la fois ses tâches de femmes et celles de l’extérieur pour partager les frais du couple.
Le parcours d’une femme vivant en banlieue parisienne se résume ainsi:Réveil: 5.30: se préparer et préparer les enfants, peuis préparer le bébé si elle en a un pour le déposer chez la nounou, conduire jusqu’à la gare par exemple, prendre le train jusqu’à Paris, 45 minutes de métro,pour arriver enfin sur son lieu de travail avec à peine 20% d’energie. Le soir rebelotte, le weekend: les courses et le grand ménage.
Et puis cà reprend, elle ne rêve qu’à travers les magazines marie claire et autres pour “un think positive”.

Proportionnellement à la population totale du pays, il doit y avoir autant sinon plus de “femmes rurales” au Maroc que de femmes vivant en banlieue et travaillant à Paris (parce qu’il y a aussi en banlieue des femmes qui ne travaillent pas, ou qui vivent à 5 minutes de leur travail).
La répartition des tâches entre hommes et femmes dans les campagnes, et particulièrement au Sud, choque assez souvent les touristes. Ce sont les femmes qu’on voit travailler aux champs, porter de lourdes charges de fourrage, ou de bois, ou même d’eau dans certaines régions, tandis que les hommes sont absents, dans les rues au café.
Certaines tâches difficiles, comme par exemple le lavage des tapis, sont réservées aux hommes, mais en général les femmes travaillent et très durement.
Cela vient de la société d’avant la soumission des chefs de guerre, d’une époque où les escarmouches et les razzias étaient pain quotidien. Les hommes à cette époque là avaient la tâche la plus difficile et la plus dangereuse de défendre les femmes, les terres et les biens de la tribu. Quotidiennement armés, souvent en conflit, le taux de mortalité était élevé chez les hommes, et ils ne restait que les femmes pour assurer la subsistance. Ceux qui se battaient devaient avoir les mains libres, et donc les femmes portaient.
D’ailleurs, quand la corvée de fourrage ou d’eau impliquait un déplacement avec une nuit dehors, elle était alors prise en charge par les hommes. La spécialisation n’était pas tellement liée au type de tâche, mais au danger.
Malheureusement, une fois les choses revenues au calme, les hommes étaient entrés dans leur rôle de guerrier, et ne voulaient plus déchoir.
Je trouve cet exemple très convaincant d’un état de chose à l’origine favorable aux femmes, et, par manque d’adaptation aux conditions modernes, devenu carrément macho et inégalitaire.
Photographe et webmaster, je vis entre la France, l'Allemagne et le Maroc. Spécialisée dans les activités touristiques et les sites multiculturels, j'essaie de faire connaître le Maroc, et d'aider à sa découverte. Mes deux principaux sites sont Lumière de Lune et l'Oasis de Mezgarne
Tous les articles écrits par Marie-Aude Koiransky.
