Suite du billet d’hier consacré à la recherche d’un modèle pour un réseau de confiance au Maroc.
Quand on parle de réseaux sur Internet il est difficile de ne pas penser aux « réseaux sociaux ». Logique quand on connaît le « carton » que font Facebook, Viadeo et autres Xing. Inscrit dans plusieurs de ces réseaux, je dois avouer que je n’ai jamais véritablement « accroché ». Ces réseaux sont chronophages et (me) donnent l’impression que le temps investi n’est pas bien « rémunéré ». J’ai dénombré trois défauts inhérents à la plupart des réseaux du moment.
1) Manque d’animation
Une fois renseigné leur fiche, la grande majorité des membres du réseau vont rester « passif ». Leur principale activité (associée au réseau) sera d’attendre (et d’accepter ou de décliner) des invitations à venir rejoindre le « réseau » d’un autre membre. J’ai l’impression que l’objectif se résume, pour la plupart, à collectionner des cartes de visites virtuelles, comme on le ferait dans un cocktail. Quelques personnes cependant semblent utiliser leur compte « premium » avec succès pour « vendre » leur services, mais cela reste très « unidimensionnel » : on est rarement dans un mode participatif.
Facebook semble avoir trouvé une parade pour encourager ses adhérents à « participer » en multipliant les interactions avec le réseau. Une fois inscrit, il n’est pas rare de recevoir plusieurs mails par jours vous prévenant de l’ajout d’un nouveau gadget, vous invitant à rejoindre un groupe (genre « je déteste Georges Bush », « je n’aime pas les groupes », … ), etc … Cependant, le système devient vite énervant et on reste, il me semble, dans une participation « factice ».
En créant il y quelques semaines le groupe Casawaves sur Facebook (qui compte aujourd’hui un peu plus de 60 membres), j’ai du constater qu’une question pouvait rester plusieurs jours sur le « wall » sans aucune réponse. Rares sont, me semble t’il, les groupes sur Facebook aillant développé une véritable dynamique.
2) Mélange des genres
Pour rester sur les critiques faites à Facebook, la vocation « universelle » de ce réseau oblige a faire cohabiter, dans un même espace, l’adolescent en cherche d’amour, le responsable marketing, le chercheur d’emploi (qui parfois sont les mêmes personnes
) … . Pas facile dans ces conditions de développer un véritable réseau « professionnel ».
3) Sentiment d’être enfermé
L’objectif des promoteurs de ces réseaux est généralement de vous rendre « captif » en vous forçant en quelque sorte à « basculer » dans un univers « propriétaire ». En échange des services rendus, vous fournissez en quelques sortes du temps de cerveau disponible, que l’on espère remplir par de la publicité ciblée. J’avoue être sceptique sur le modèle à court terme (et je suis loin d’être le seul) …
Blog : le plus ouvert des réseau social
En final je n’ai pas trouvé plus performant qu’un « blog » (c’est à dire un système de publication sur Internet avec la possibilité de « participer » dans les commentaires) pour animer une communauté. Avec un « blog » pas besoin de mot de passe pour faire parti du « club ». Du fait que le contenu est tout le temps accessible, Google devient votre principal apporteur de nouveaux « membres », et induit une sorte de mouvement permanente sous forme de commentaires réguliers.
Avec un blog l’adhésion est « soft ». Le cheminement est généralement le suivant :
1) Découverte du blog et lecture régulière si le contenu est intéressant.
2) Participation dans les commentaires
3) Adhésion au blog sous forme d’abonnement au flux RSS
L’étape suivante serait de faire adhérer les lecteurs à un réseau social afin de passer du mode participatif au mode collaboratif.
Un Facebook light et ouvert.
Il n’en demeure pas moins que Facebook reste une formidable réussite, un exemple à regarder de prêt. Je retiens 2 idées principales :
- Les mécanismes de « viralité » me semblent digne d’intérêt (plus de 150 000 nouvelles recrues par jour, soit plus d’un million de nouveaux membres en une semaine).
- Une interface élégante et simple d’accès facilitant l’usage.
En conclusion, le réseau sociale que j’ai en tête (que l’on nommera casawaves.net) s’appuierait sur casawaves.com comme lieu d’animation de la communauté, avec un moyen simple et non intrusif pour que les lecteurs puisse faire connaissance, échanger et pourquoi pas de nouer des relations (d’affaires notamment). Il a donc le besoin d’ajouter quelques outils …
(re)Lire les autre billets de cette série :
- Casawaves.net : un réseau de confiance au Maroc ? (1)
- Internet au Maroc : du Souk à la place de marché.