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Les écueils du développement d’un « réseau » (4)

Les blogs et les réseaux sociaux sont à la mode depuis quelques années. Il existe aujourd’hui des retours d’expérience de ce que l’on appelle communément le web 2.0 : on commence à savoir ce qui fonctionne ou ce qui ne fonctionne pas. J’ai identifié deux écueils principaux à éviter lors du lancement d’un réseau :

Le premier écueil serait, pour le ou les promoteurs d’un réseau, d’apparaître comme les principaux (voir les seuls) bénéficiaires du réseau. C’est un problème majeur me semble t’il : les adhérents ne veulent pas se sentir instrumentalisés (voir à ce sujet le très bon billet de Versac suite à la grève des membre du réseau Ladysroom.com). Il faut que la participation au réseau soit “Gagnant/Gagnant” de manière indiscutable.

Le second écueil concerne la fragilité du réseau. Il y aura toujours des gens prêts à donner de leurs temps, de leurs idées, voir plus, mais ils ont envie de voir leur investissement “rentabilisé” sur le long terme (“Pourquoi donnerais je mon temps à ce projet là plutôt que celui-ci”). Il est important de prouver la solidité du projet que vous proposez.

Ces deux points expliquent en partie pourquoi j’ai été très prudent jusqu’à présent dans la mise en place de ce réseau. En effet toute erreur de positionnement au lancement demandera beaucoup d’énergie pour être corrigée. La démarche que j’ai appliqué est la suivante :

1) Professionnaliser mon blog
En lançant Casawaves.com, j’ai voulu passer d’un blog (perso) à un modèle de type magazine interactif, ouvert à d’autres rédacteurs. Si je reste très présent aujourd’hui (comme rédacteur), c’est plus pour des raisons économiques que personnelles. J’apprécierai beaucoup plus si ce site pouvait fonctionner sans moi …. J’espère que le recrutement d’un premier rédacteur permanent me permettra de m’en détacher un peu.

De plus, en professionnalisant ce magazine et en développant sa visibilité, on encourage de nouveaux contributeurs à rejoindre la plateforme et partager leurs retours d’expérience.

2) Jouer au maximum à transparence
Le soupçon d’instrumentalisation de la part des membres du réseau est légitime. Je pars du principe que le gens sont intelligents et qu’il suffit de placer dans la zone visible le maximum de choses pour que l’adhésion puisse se faire en totale transparence. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de publier ces réflexions en temps réel.

3) Trouver un financement
Il ne faut pas se leurrer. Le lancement et l’animation d’un réseau coûtent du temps mais aussi de l’argent. Il faut beaucoup “d’énergie” pour faire décoller ce « véhicule ». Il me semble nécessaire, pour que le projet soit pérenne et attirant, que le réseau soit rentable. Cette rentabilité évitera de surcroît à ses promoteurs d’être tenté de se “payer sur la bête” en vendant de manière détournée leurs services.

Le prochain billet, en cours de rédaction concernera justement les modèles économiques envisagés pour la mise en place de ce réseau.

(re)Lire les autre billets de cette série :
- Un réseau de confiance au Maroc, pour quels services ? (3)
- Réseau de confiance au Maroc : le modèle Facebook (2)
- Casawaves.net : un réseau de confiance au Maroc ? (1)
- Internet au Maroc : du Souk à la place de marché

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

4 Responses to “Les écueils du développement d’un « réseau » (4)”

  1. Le cocncept de réseau à été un peu galvaudé ces derniers temps.
    Mon sentiment sur le sujet est qu’un réseau se crée de fait..
    C’est à dire qu’aujourd’hui toutes les personnes qui se sont retrouvées à un moment donné à lire, commenter ou contribuer sur casawaves l’ont fait pas par intérêt mais plutôt pour s’exprimer donner leur avis, apprendre etc… En tout cas en ce qui me concerne si je me suis intéressé à casawaves c’est parce que l’on parle de deux choses qui m’intéressent , le maroc et les affaires, j’ai appris beaucoup de choses sur casawaves sur ces deux points.
    Un véritable réseau fonctionne comme une bande de copain qui travaillent dans des secteurs d’activités identiques ou différents et qui s’échangent des informations afin de créer des opportunités pour tout le monde, à aucun moment ces personnes se sentent instrumentalisées. Ce que je veux dire c’est que sur Casawaves cette bande de copains “virtuels” qui se crêpent le chignon à coup de smileys de temps en temps existe déjà donc je pense que le réseau de confiance est “dejà là” il ne reste plus qu’à le formaliser… Et c’est là où tu as du boulot Laurent…:)

    Pour prendre l’exemple de Viadeo je ne pense plus qu’il remplit les conditions d’un réseau c’est devenu un endroit ou l’on peut se faire sa pub, des contributions intéressantes deviennent quasi inexistantes, des profils vous pourissent vos boîtes mails et hub pour s’assurer une visibilité.

    J’espère en tout cas que casawaves ne finira pas comme ça…
    :-)

    Je vous souhaite en passant une très bonne année 2008 pleine de bonheur de prospérité et de réussite.

  2. @mohamed
    Encore d’accord sur la critique d’un réseau comme viadeo : je me suis inscrit dans plusieurs « hub » en rapport avec le Maroc et je reçois de la publicité en provenance de membres de ce réseau qui ont certainement acheté un abonnement « pro ». En finale je me sens « instrumentalisé » : on a “vendu” mon adresse email.

    Sinon j’aime bien cette idée de « bande de copains » qui viennent discuter dans un même « lieu ». Casawaves.com serai en quelque sorte ce « lieu on-line ». Je pense que Casawaves.net doit simplement faciliter la communication entre les personnes échangeant ici sans chercher à monétiser la base de donnée de ses membres (comme les promoteurs de viadeo qui se rémunèrent sur la vente d’abonnements). D’où l’objet des billets à venir : quel modèle économique pour ce réseau.

  3. Salut Laurent,
    C’est vrai que la notion de réseau a beaucoup été galvaudée ces derniers temps.

    Je pense que ce qui fait pérenniser un réseau virtuel et le rendre utile est toujours la rencontre réelle.

    Aprés mes expériences de blog-meeting et autres, je dirais qu’une rencontre doit avoir un théme, un but, une sorte de barcamp pour créer des initiatives.

    Mais la question du coût est importante comme tu dis. C’est sympa d’organiser une aprés-midi à la Sqala, encore faut-il qu’il y ait une synergie de compétences : par exemple faire une démo, une présentation par rapport à ton domaine d’expertise par exemple ….

  4. @Hicham
    Même impression que la rencontre réelle est un plus intéressant. Pas facide de trouver un thème fédérateur. Faire des affaires ? Un peu large, et pas facile de tenir la promesse.

    Dans les idée que j’ai en tête pour Casa : proposer ne serais ce qu’une soirée sympa avec un groupe de Music Live serait pas mal. Cela devrait donner envie a pas mal de gens de venir …

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