Octobre 2005, la « France » du journal de 20h00 découvre ses banlieues. La classe moyenne, la nouvelle bourgeoisie moderne, s’inquiète devant son poste de télé : des hordes de « sauvageons » pourraient bientôt envahir les beaux quartiers.
Novembre 2007, le Maroc de Tel Quel semble découvrir les banlieues marocaines. Une foule hystérique pourrait peut être un jour manifester dans le triangle d’or ou sur les hauteurs d’Anfa Sup. Certes, on peut dénoncer le laxisme de l’état, mais cette affaire met d’autres choses en évidence. Une certaine couche de la société est inquiète (« je ne reconnais plus mon maroc se plaignait une propriétaire d’appartement de standing »).
Le Maroc des villas, des affaires, des intellectuels et de la bourse s’exprime dans la presse francophone. Un journal marocain, écrit en langue arabe sort (Al Massae) et en l’espace d’un an devient le plus gros tirage de la presse nationale (150 000 exemplaires contre 25 000 à Tel Quel). Ce succès fulgurant s’explique probablement parce que des gens, dont l’existence était niée par les discours et les médias officiels, semblent enfin se reconnaître.
La société marocaine ressemble à un oignon. Beaucoup de couches les unes sur les autres qui ne communiquent pas entre elles, parfois des larmes quand on essaie de l’ouvrir …
MAJ (je recopie le commentaire de Chakazoulou pour prolonger ce billet) :
Les marocains ont d’autres priorites: manger, s’eduquer, ameliorer leur quotidien, combattre la corruption et l’injustice, moderniser la justice, l’economie, l’administration…
En effet, la grande majorité se pose plus la question de son propre lendemain que de « la défense des libertées individuelles » qui ne bénéficiera, de toute façon, qu’à quelques privilégiés. On peut le déplorer, mais la grande majorité des marocains se « fout » probablement que des gens soient en prisons pour une faute qu’il n’ont pas commise : il y en a tellement, et demain se sera peut être eux …