Si vous êtes lecteurs de Casawaves, vous avez probablement entendu parler de l’affaire Curutchet : le dirigeant d’une entreprise de transport implantée à Tanger est en prison depuis plus d’un an sur des motifs qui semblent douteux (voir article sur casawaves, et la liste d’articles en fin de billet).
Comme entrepreneur installé au Maroc je suis attaché, à titre personnel comme professionnel, à ce que le climat des affaires soit le plus favorable possible dans ce pays et cette affaire me gène à plus d’un titre.
D’une part elle a fait l’objet d’un traitement médiatique important en France et cela n’est pas fait pour encourager l’investissement au Maroc (que ce soit des français ou des MRE). Le fait que l’on en parle moins dans les médias ne veut pas dire qu’elle ne resurgira pas ou quelle n’a pas déjà fait quelques dégâts dans la têtes de certains candidats à l’entreprenariat au Maroc.
D’autre part je me sens touché à titre personnel par ce qui est arrivé à un entrepreneur (étranger de surcroît). Ce qui arrive à Christophe pourrait m’arriver et j’aimerai penser que si c’était le cas, il y aurait quelqu’un pour penser à moi.
Egoïsme ?
Il y a un mois, quand j’ai eut connaissance de cette affaire, j’ai contacté par mail et par téléphone un patron français que je connais personnellement. Il dirige une société de transport au Maroc. Il est un membre important du Rotary (*) de surcroît. En initiant cette démarche, je n’attendais rien de particulier, juste pouvoir échanger et en parler.
Cela fait 1 mois. Et cette personne ne m’a jamais rappelé, ni renvoyé de mail. Que dois je en déduire ?
- Ce patron ne se sent pas concerné par cette affaire ?
- Ce patron est peut être content de ce qui arrive à un concurrent ??
- Ce patron est peut être dans l’impossibilité de dénoncer certaines mauvaises pratiques dont il bénéficie par ailleurs ???
Ce dont je suis certain, c’est qu’il n’est pas facile de développer des comportements solidaires au Maroc (voir le billet de Minouche à cet effet). Je pense que ce n’est pas une question de couleur de passeport, c’est juste que l’environnement opaque encourage de tels comportements. J’espère simplement que la nouvelle génération, française ou marocaine, saura être un peu plus à la hauteur …
MAJ
L’article de Mustapha Kessous publié dans le monde en date du jour va dans une tonalité proche de cet article :
Grâce à son transfert, le détenu s’est rapproché de son ancien monde, de ses amis de bringue, de sa belle Loubna, de sa maison, la villa Serge, de son labrador Arti. Mais les « potes » ne viennent plus le réconforter, Loubna est avec un autre Français, la villa Serge a été relouée à des amis, Arti est en France.
« On se sent coupable de ne plus aller le voir, reconnaît un proche, Claude Sfez, la cinquantaine. On a l’impression de l’abandonner. » Ce kinésithérapeute est l’un des rares à accepter d’en parler sans réclamer l’anonymat. Difficile d’afficher son amitié avec quelqu’un qui a la réputation d’un narcotrafiquant international…
L’article est à lire car il met en lumière quelques zones d’ombre, notamment les soupçons qui se focalisent sur la société Atma.
(*) Pour qui a lu le billet de Meriem au sujet du Rotary, vous aurez certainement noté que le Rotary est un « regroupement de personnes en association qui a pour but d’investir les fonds réunis dans des opérations humanitaires ou dans le cadre d’actions liées au développement social local. ». L’histoire que je viens de vous conter me fait plutôt douter de ses ambitions humanistes.
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Article du Monde de Mustapha Kessous (et la réaction des lecteurs)
Les articles référencés sur wikio.
Sur Yabiladi l’article de Rachid Hallaouy
La revue de presse sur le site de soutien à Christophe Curutchet
Le communiqué de presse de la société qui emploie Christophe (et qui date de 2006).