Perestroïka et Glasnost à la Marocaine
Etablir des parallèles permet parfois de deviner ou les routes de l’histoire nous emmènent. A ce petit jeu là, on peut trouver de fortes similitudes entre le début de règne de Mohammed 6 et celui de Michaël Gorbatchev, deux leaders arrivant au pouvoir avec une image jeune et moderne.
Partant du constat de l’inefficacité du modèle soviétique, Gorbatchev met en place en 1985 des réformes courageuses, dans le domaine de l’économie (Perestroïka) et de la liberté d’expression (Glasnost). Malheureusement, les tentatives de réformes de l’économie soviétique aggravent les difficultés économiques du pays, et Gorbatchev devient nettement plus impopulaire chez lui qu’en Occident. Il quitte le pouvoir en 1991. Que retenir de l’échec de Michaël Gorbatchev ? D’une part, qu’il est difficile de ne réformer un système en déliquescence qu’à moitié. En final en ne choisissant pas son camps clairement, on se trouve la cible des critiques des « conservateurs » et des « modernes ». D’autre part que l’homme issu du système passé, à moins de rompre de manière radicale avec les méthodes anciennes, aura toujours beaucoup de mal à convaincre de sa volonté de changement
Les parallèles en le Maroc de M6 et l’URSS de Gorbatchev sont multiples. Le makhzen, désignant le pouvoir central au Maroc, ressemble en de nombreux point au pouvoir central communiste. La période des goulags et des procès stalinien n’a rien à envier à celui des années de plomb et des enlèvements arbitraires qui a caractérisé une partie du règne d’Hassan II. Comme pour Gorbatchev, l’accession de Mohammed 6 s’est accompagnée de réformes dans le domaine de l’économie, de la politique et de la liberté d’expression. Sous Gorbatchev il fut possible de parler des procès stalinien, comme l’IER a permis de faire la lumière sur les années de plomb.
Est-ce que le mécontentement que l’on sent poindre mènera aux mêmes conséquences? Les résultats des élections de 2007 ont de quoi apporter plus d’interrogation que de réponses. Le très faible taux de participation montre que le peuple s’interroge. Le choix d’Abas El Fassi n’était pas en conformité avec la volonté officiellement affichée de changement et de réformes. Y a t’il la volonté de faire un pause ?
Je pense que lorsque la majorité silencieuse, celle qui ne s’est pas exprimée dans les unes, se mettra en mouvement, il sera difficile de l’arrêter. Il n’est pas facile de laisser la porte vers la modernité seulement entrouverte.
Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

lolo? fais-tu une différence entre un royaume et une république? De quoi parles-tu? Tu t’emballes ! Tu ne te voulais pas “naïf”? Là, pardonne-moi, tu es niais! Ton ridicule post (qui d’ailleurs, n’a pas de com)ne veut absolument rien dire!
Choisi Lolo ! Je suis un “représentant” de Foaud et j’assume!
J’ai trouvé une tribune et…j’assume aussi!
Je pense effectivement que Mohammed VI désire sincèrement réformer le système marocain, hélas il doit faire avec un passif très lourd. Le principal obstacle est à mon sens les mentalités, pour moi le civisme précède la démocratie ou du moins l’accompagne, or sur ce plan force est de constatet qu’au Maroc la notion du bien commun et du respect d’autrui est encore une notion toute relative. Cet état des choses est principalement du au retard immense pris dans l’éducation. Certains indicateurs ne trompent pas quand on voit comment les gens conduisent et se conduisent, comment il dégradent le mobilier urbain, comme ils jettent des détritus un peu partout sans égards pour leurs concitoyens je suis forcé d’admettre que d’une certaine façon, tant que l’individu n’est pas responsable nous avons encore besoin d’un Etat fort et donc malheureusement totalitaire.
Le second problème concerne les lobbies en place et en particulier les hauts gradés militaires qui en quelque sorte, en échange d’avantages économiques immenses (licences de pêches, concession de carrières de sables, distribution de terres récupérés des colons, détournement des biens de l’armée) consentent à laisser le pouvoir en paix. C’est en quelque sorte le deal institué par Hassan II quand il leur a lancé après le coup d’Etat de skhirat “pourquoi voulez absolument le pouvoir ? enrichissez vous”; on peut dire que ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.
La démocratie implique un certain niveau d’éducation que le peuple marocain en grande partie ignorant de ses droits mais aussi de ses devoirs est encore loin d’avoir atteint.
Telle est à mon avis l’équation impossible que doit résoudre le Maroc. Ceci n’excuse en rien bien entendu une bévue telle que celle que nous avons vu avec Fouad Mourtada qui est plus à rapprocher d’un excès de zèle stupide de fonctionnaires bornés et effrayés par les possibles conséquences de leur décisions qu’autre chose et c’est pour cela qu’il faut absolument éclaircir toutes ces notions de sacralité. J’espère que le pouvoir saura sortir par le haut dans cette lamentable affaire.
@Farid
Je pense que les “mentalités”, contrairement à ce que l’on dit souvent ne sont pas le principal frein. Certes il y des mouvements conservateurs mais je pense que la majorité est consciente des enjeux. Il a beaucoup d’analphabètes mais les télévision satellites donnent à voir d’autres modèles.
Si tel n’avait pas été le cas, les élections précédentes auraient donner lieu a un raz de marée pour le PJD …
En revanche je te suit sur :
> les lobbies en place et en particulier les hauts gradés
> militaires qui en quelque sorte, en échange d’avantages
> économiques immenses (licences de pêches, concession de
> carrières de sables, distribution de terres récupérés des
> colons, détournement des biens de l’armée) consentent à laisser
> le pouvoir en paix.
Sauf que sur ce dernier point je pense que deux facteurs sont susceptibles de faire changer les choses :
1) Les lobbies “économiques” (incluant certains haut gradés) se posent certainement la question du meilleur système pour défendre leurs intérêts. Si ils ont l’impression que “la source aux investissements” sera plus importante avec un système plus démocratique, ils auront intérêt a défendre “un système plus démocratique”.
2) les jeunes militaires (c’est la thèse défendue par Catherine Graciet dans “Quand le Maroc sera islamiste”) sont peut être la principale inconnue. Ils sont mieux éduqués, ils sont exclus des avantages concédé aux haut gradés. Quel est leur état d’esprit.
Sinon je partage les mêmes espoirs que toi.
@soraya
“naif”, “niais” … je sens arriver les insultes …
Naïf, niais, ça commence comme ça et ça fini par “casse toi pauvre con…”
@mouloud
… allez je retourne bosser
> “casse toi pauvre con…”
ça j’le sentais arriver
Bonsoir.
N’importe quoi.
Vous voyez je ne me suis pas trompé vous persistez et signez dans le dénigrement a deux balles. Votre billet n’a ni queue ni tête c’est juste de la litote.
@farid, je vous félicite pour votre point de vu qui est juste et pertinent et je dois l’avouer c’est la première fois ou je lis un texte cohérent sur ce sujet.
a+
@Farid:
Je n’ai aucun doute quant à la sincérité des reformes entreprises par le roi. Je n’ai pas non plus de doute sur le fait que l’affaire Mourtada est parvenus jusqu’à ces oreilles. La question que je me pose et pourquoi le palais n’est toujours pas intervenu. Il ne faut pas être particulièrement doué pour décrypter la chose, mais l’optimiste en moi refuse de croire qu’un citoyen serait sacrifier de cette manière dans le seul but de faire passer un message. Pas que c’a ne soit jamais arrivé, mais nous avions l’impression que les choses avait changées par une douce nuit d’été 1999. L’ont voyait un Maroc moderne dont les libertés nous ferait briller parmi les monarchies Arabes.
Il faut aussi se rendre compte que le décalage entre les tribunaux, gouvernement et IT n’est pas le domaine exclusif du Maroc. L’Allemagne avec ses lois qui criminalise certains binaires, les USA avec leurs pathétique systèmes de brevets logicielle, le P2P en Suède, etc. Les flics, juges ou législateurs, ne savent pas forcement ce que Facebook est; encore moins de quelle manière un profil peut être exploiter ou quels dommages il pourrait occasionner. Et apparemment, quand il s’agit du prince, on mets en taule pour être bien certain, un peu comme a la Minority Report. Neammoins, je ne peut m’empêcher de constater de la malice dans l’acte de Fouad, et si l’affaire était traité “normalement”, il devrait surement payer un dirham symbolique au prince. Hélas, la sécurité juridique n’est pas vraiment garantie chez nous. La torture et prison ferme sont favorisés dans un cas ou il n’y a même pas de dommages. C’est tout simplement intolerable!
Un argument que j’ai vu souvent repris et le fait que Sarkozy ou d’autres célébrités ont des profiles crées par leurs “fans”. C’est de la désillusion pure. Sarkozy est son entourage sont ridiculisés au quotidien.
Par ailleurs – et je pense à un argument que Laurent aime bien – il est naïf de penser que les investisseurs se préoccupent de liberté ou de démocratie. Laurent focalise sur l’immobilier je suppose. Les mouvements démocratiques on tendance a faire fuir l’argent. Après tout, pourquoi avoir à négocier des contrats avec des représentants du peuple alors qu’il est plus facile est moins cher de parler avec une personne. L’histoire est remplie d’exemple, mais celui qui prend la une actuellement est le Venezuela de Chavez. Un peu extrême, certes, mais illustratif néanmoins. Par contre, une fois que l’économie fleurit, que le peuple s’instruit, la démocratie devient une nécessité.
Je reste convaincu qu’une “grâce” est imminente. “Optimism of the will and pessimism of the mind” oblige. Si rien ne se passe dans les prochains jours, je ne remettrais plus les pieds dans cette terre au peuple chaleureux et au climat doux. A bon entendeur…
entre l’URSS de Gorbachev et le Maroc de M6 l’économie de marché s’est beaucoup développé. les pensé marxiste ou autre tout aussi révolutionnaire visant a garantir une meilleur répartition des richesse sont devenus “crétine”.
de plus les années de plomb au dela de leur principales victimes toturées,et emprisonnés ont atteint le peuple en le térrorisant,jusque dans les année 90 la politique était un sujet tabous que l’ont chuchoté dans les salons.
On revient de loin alors ,me dira tu, je te répond c’est sure mais les avancés qui ont été faite nous ont été accordé par le Roi, qui n’a jamais été contesté par le peuple. Or ce que le Roi donne, le Roi peut le reprendre. tant que le Roi donne a manger.
c’est triste mais je pense que c’est la réalité
il n’y aura pas dinsulte…Plutôt des excuses ! Cette histoire de Fouad me trouble…Je n’ai pas bien compris ta “comparaison” et je me suis emportée. Plus jamais ça !
Je rejoins totalement Farid dans son analyse, je viens de faire à peu près la même sur mon blog.
on reparlera ensuite de l’impact du satellite et des modèles proposés par les télévisions francophones et arabophones “standard”.
Je crois, Laurent, qu’il est temps que tu fasses une immersion dans le sud profond
Quant à ta comparaison avec la Russie de Gorbatchev, je ne la partage pas. La Russie de Gorbatchev avait connu après Staline, Kroutchev, Brejnev, Andropov et Tchernenko. Surtout le pays était en totale perte de puissance politique et économique, alors que c’est l’inverse pour le Maroc, qui est en croissance.
Je suis persuadée que le bruit fait autour de Fouad empêchera toute grâce, car ce serait maintenant perçu comme un recul. En considérant que Fouad était un jeune homme ayant fait une bévue sans aucune intention d’utiliser son pseudo, la mobilisation faite autour de lui l’aura transformé en une icône de la lutte politique au Maroc, et je ne suis pas sûre qu’il le souhaitait. Si elle n’avait pas eu lieu, son sort n’aurait peut être pas été meilleur pour autant.
La chose essentielle, aujourd’hui, c’est de développer l’éducation au Maroc.
Avec une vraie éducation, une affaire comme celle ci n’aurait pas eu lieu.
J’aimerais bien que les blogueurs marocains et les soutiens à Fouad s’activent aussi de ce côté là. Il faut des livres, des tables, des cahiers, et des volontaires.