Texte à lire sur L’Oasis de Mezgarne.
Peut-être avez-vous échappé à cette actualité : Vendredi dernier, Fouad Mourtada, ce jeune ingénieur marocain, a été condamné à trois ans de prison ferme, et 10.000 dirhams d’amende, pour avoir fait un faux profil Facebook, au nom du frère cadet du roi.
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Condamnation extrêmement lourde à nos yeux, aux yeux de la blogoma marocaine, aux yeux des MRE, aux yeux des marocains partisans d’une démocratisation du pays, condamnation d’autant plus lourde que la loi a été violée, pour la prononcer, si dans l’esprit, il y avait effectivement un délit, on résumera sous “atteinte à la sacralité de la famille royale”, dans la lettre, la définition de ce délit ne recouvrait pas ce qu’avait fait Fouad. (Une analyse détaillée d’un juriste marocain, qui explique bien mieux que je ne pourrais le faire pourquoi)Condamnation pourtant modérée, par rapport au maximum encouru (toujours en violant la loi), qui était de cinq ans, condamnation modérée par rapport aux énormes amendes (plusieurs centaines de milliers d’euros) qu’ont dû payer des journaux qui n’avaient fait qu’écrire les blagues que tout le monde répète.
Et surtout, à ma grande surprise, condamnation qui laisse indifférent une grande partie du Maroc. En parlant autour de moi, avec Bilal, avec des gens qui – comme l’immense majorité des marocains – ne fréquentent pas la petite bulle de la blogosphère et du Web 2.0, faute d’accès internet, faute d’éducation, faute d’intérêt, faute de temps… j’ai été surprise d’entendre beaucoup de gens dont je respecte l’opinion, que je ne tiens pas pour des brutes sanguinaires, des dictateurs en puissances, ou des personnes serviles approuvant tout ce que fait l’autorité, des monsieur tout le monde donc, me dire – en résumé – so what ?