Le prince Charles bannit le foie gras dans ses palais.
Le prince Charles d’Angleterre a banni le foie gras de ses résidences pour « raisons personnelles ».
« Nous confirmons que le prince de Galles a demandé à ses chefs (cuisiniers) de ne pas acheter de foie gras », a indiqué à l’AFP une porte-parole de Clarence House, la résidence du prince. Elle a toutefois souligné qu’il s’agissait d’une « politique de longue date », en vigueur « depuis quelques années » et choisie « pour des raisons personnelles » qu’elle n’a pas souhaité détailler.
Du foie gras halal « made in Maroc », qui l’eût cru ? Pourtant depuis bientôt vingt ans, la Maison du Foie Gras produit cette denrée de luxe au Maroc. Cerise sur le gâteau, la société marocaine distribue également ses préparations dans le monde arabe.
S’il n’y avait pas ce décor ourlé de palmiers et l’appel à la prière une heure auparavant, on aurait imaginé être dans le Gers ou le Périgord. Ici, sur la route côtière d’Azzemour, à quelques kilomètres de Casablanca, l’écriteau « La Maison du Foie Gras » arbore fièrement un « Depuis 1989 » suivi du tiercé gourmand (et gagnant) « foie gras, magrets, confits ». Mais ce que la pancarte ne dit pas c’est que la production est 100% halal. Tourné vers la Mecque, le palmipède est égorgé et vidé de son sang comme le veut le rite musulman. Par ailleurs, le choix du site, en bordure du littoral, n’a pas été étudié au hasard. « La proximité de l’océan apporte de l’air frais, élément vital pendant le gavage », justifie Omar Naciri.
Chaque quinzaine, ce sont 2000 canards de race « mulard » qui sont importés de France (de la région nantaise). « A leur arrivée, les mâles -on ne gave pas les femelles- sont âgés d’un jour. Après quinze jours sous abri, douze semaines élevés au maïs fermier dans un parc d’élevage en plein air, puis douze jours de gavage, ils seront abattus, plumés, passés au chalumeau pour une finition top niveau, puis transformés en magret, confit, canard frais, foie gras entier… », explique Omar Naciri, directeur commercial de La Maison du Foie Gras. « Nous faisons du foie gras extra », se félicite t’il.
Le haut de gamme, une valeur chère à l’entreprise de Khalil Benhamida. Ce fils d’agriculteur s’est installé ici, avec ses canards, ses appareils de gavage… et ses rêves il y a bientôt vingt ans. Ancien ingénieur agronome toulousain, qui s’est spécialisé au moment de son troisième cycle sur le foie gras, il a toujours été passionné par le produit. « Lorsque je suis rentré au Maroc, j’avais en tête de monter une ferme. Une étude de marché avait confirmé l’intérêt pour le foie gras sur le marché marocain. La demande était là », se souvient-il. « L’objectif de départ avait pour cible, non pas le grand public, mais le secteur de l’hôtellerie et la restauration, les traiteurs », note ce casablancais d’origine. Aujourd’hui, les professionnels représentent 85% des ventes de la société, contre 15% pour le particulier. Par ailleurs, La Maison du Foie gras a fait son apparition dans la grande distribution il y a trois ans seulement. « Les habitudes culinaires des Marocains évoluent. Ils veulent découvrir de nouvelles choses et le foie gras en fait partie », constate t’il. Propos confirmés par la Chef casablancaise Meriem Cherkaoui de la table gastronomique « La Maison du Gourmet » qui a agréablement innové dans les assiettes avec sa désormais célèbre pastilla au foie gras. Pour séduire le consommateur, Omar Naciri explique que « la société a fait un effort au niveau de la vulgarisation des produits et des prix pour les rendre plus accessible ». Avec ses 25 tonnes de production annuelle, « La Maison du Foie Gras » fait peut-être pâle figure à côté des 17 000 tonnes du marché français -premier producteur, consommateur et exportateur mondial- mais elle peut se targuer d’être la première société productrice et distributrice du Monde Arabe. En plus du marché marocain, elle approvisionne Dubai, Qatar, Koweit, la Tunisie, prochainement l’Algérie et la Jordanie. Et la France ? L’entreprise se veut optimiste : « Nous ne sommes pas encore présents en Europe car le Maroc n’est pas agréé pour y exporter la viande de volaille. Mais le pays, candidat à la certification, devrait l’obtenir d’ici trois ans ». Du foie gras de canard 100% halal « made in Maroc » sur les étals de l’hexagone ? Une idée qui devrait séduire les sceptiques du « halal à la française » et les inconditionnels de ce mets de luxe. A propos de luxe, « ce n’est pas le canard qui est de luxe… c’est son foie », conclut Khalil Benhamida.