Chez Paul - Casablanca

Morceau choisi de Casablanca
1- Chez Paul

Casablanca est une légende. De Sydney à New York en passant par Tokyo, prononcez son nom et vous verrez se dessiner sur les visages de grands yeux pétillants comme seuls les Mangakas (dessinateurs de Mangas) savent les dessiner. Cette légende, on la doit au film Casablanca, qui n’a d’ailleurs jamais été tourné à Casa -comme on l’appelle ici- mais dans les studios d’Hollywood. Et le lieu de rendez-vous ici, ne s’appelle pas le Rick’s café -comme dans le film- mais « Paul ». Vous savez la franchise de boulangeries française réputée pour ses cuisiniers coiffés d’une toque, ses bonnes baguettes à l’ancienne et ses pains pistolets au sésame, aux oignons, au pavot ! Et bien ici, à Casablanca, « Paul » est une institution. Plus qu’une boulangerie, c’est l’un des lieux branchés de la ville, une sorte de café de Flore parisien où l’on croise pas mal de « beautiful people » casaouis. Les gens prennent le soleil, s’observent derrière leurs solaires griffées « Réussite », se regardent à travers les jeux de reflets dans les grandes baies vitrées… les yeux roulent, le temps glisse gentiment, loin du quartier de Saint Germain des Prés, mais en début de route qui mène à la Corniche et l’Océan.

« On se retrouve chez Paul ? ». C’est une question que revient souvent dans nos discussions. A Casa, l’adresse se trouve dans la célèbre villa Zévaco, une bâtisse au style art déco, comme seule Casablanca était capable de les imaginer autrefois, la ville étant le laboratoire mondial de l’art déco. En plus de son bijou d’architecture, la villa possède un jardin. Le vert était chose rare dans la ville blanche, le moindre carré de pelouse est souvent prétexte à un squat prolongé. Chez Paul, le squat c’est du lundi au dimanche, les va-et-vient n’en finissent jamais, du lever au coucher du soleil : certains viennent voir, d’autres être vus ; certains viennent boire un verre ou déjeuner, d’autres bruncher ; certains achètent du pain et des pâtisseries « made in France », d’autres la galette des rois ou le gâteau de Saint-Valentin. Pour moi, c’est surtout une « Madeleine de Proust ».


Tous les articles écrits par Malika Guillemain.

9 Responses to “Chez Paul - Casablanca”

  1. Sans la chute à la ratatouille de Ratatouille, ce billet allait sonné comme une vulgaire pub :D

    Cet endroit évoque pour moi tout ce qu’à la réussite casablancaise de vulgaire. Dés que tu franchis la porte, tout le monde te fixe des yeux, tout le monde se mesure.

    Dans cet endroit, le bonheur de l’individu se mesure au malheur de l’autre.

    Mais peut-être comme tu dis, c’est seulement le voir-et-être-vu. Ca ne me branche pas tant que ça. Ce n’est pas ce que j’attends d’un repère d’amis à la Central Perk de Friends. Voilà, je l’ai trouvé : Le Chez Paul n’est pas convivial !

    Y a mieux sur Casa. Mais on va attendre la suite.

  2. @7didane
    Je suis partagé : j’aime bien l’endroit pour ce que l’on y mange et pour le cadre, en revanche c’est vrai que la “branchitude nouveaux riche” que l’on trouve chez Paul ou dans quelques autres endroits branchés (par exemple les plages de tamaris) me fait plutôt fuire …

    A la recherche aussi d’endroits sympa :-)

  3. Chaque jour nous sommes happés et conditionnés par des lieux, ces mêmes lieux qui fabriquent nos souvenirs. Certains portent un nom, d’autres pas… j’ai parlé de Paul comme j’aurais pu parler de la baraque à frites de Mr Hicham à Dar Bouazza… M’aurait-on taxé de pub ? Je ne crois pas… :)
    J’aurais aussi pu ajouter que chez Paul, les portions sont limites et que -selon les jours- le service aussi léger qu’une salade sans sauce… mais ce n’était pas l’objet de ce billet d’humeur gourmande.

    Bonne journée :)

  4. @Mali
    C’est pourquoi j’ai dit que la chute avec la « Madeleine de Proust » change tout ;)

  5. 7didane écrit : “Cet endroit évoque pour moi tout ce qu’à la réussite casablancaise de vulgaire.” et tu frappes juste mon frère.

    Mais c’est dans l’air du temps, le bling bling (mot qui désigne un style ostentatoire dont le luxe vulgaire caractérise les nouveaux riches) à la sarkozy, une sorte d’exhibitionnisme répugnant, une façon pour certains humains de combler le vide abyssal qu’ils portent en eux. Et c’est vrai que Chez Paul côté étalage de mauvais goût on atteint des sommets. Tu comprendras donc Mali que ta comparaison avec le Café Flores puisse prêter à sourire. Le Fouquets à la limite….

    Ce qui me rappelle un passage du Zarathoustra de Nietzsche : “Regardez-les grimper, ces singes agiles ! Ils grimpent les uns par-dessus les autres et ainsi s’entraînent dans la boue et l’abîme.
    Tous, ils veulent accéder au trône : c’est leur folie - comme si le bonheur était assis sur le trône ! C’est souvent la boue qui est sur le trône - et souvent c’est le trône qui est planté dans la boue.”

    La vraie richesse est ailleurs… heureusement.

  6. La premiere fois que je me suis rendu dans ce lieu, apres avoir bu un tres bon cafe excessivement cher, j’ai achete du pain. Quand j’ai dit a ma mere combien je l’avais paye, c’est a peine si elle ne me l’a pas jette a la figure!

    Il y a eu cependant une deuxieme fois pour le cafe, mais plus jamais pour le pain.

    Comme quoi la frequentation des lieux snobs se paye tres cher; alors autant acheter son pain chez le boulanger du coin

  7. Chez Paul, le lieu le plus inutilement snob de Casa, le rendez vous de tous les arrivistes “4×4risés”, désolé pour l’affreux néologisme, beurk, quelle horreur ! j’ai des frissons rien que de penser à l’ambiance !

  8. Ait déjà été lors de vacances! je trouve l’endroit magnifique(la villa), les crêpes pas fameuses et l’ambiance ennuyante. Effectivement la culture du “scrutage des yeux” chez Paul et autre lieu où il fait bon être vu, est pesante. Je trouve d’ailleurs que les ambiances dans des restos style occidental sont très lourdes comme si les gens se devaient de se mimer. Bref, ce n’est que mon avis!

  9. je trouve l’analyse de notre ami pause d’une très grande classe, je suis entièrement d’accord avec toi, sauf qu’il faut pas généraliser.
    Moi quand je suis sur casa j y vais tous les jours (et je pense que toi aussi), ça veut pas dire que je suis un arriviste ou bien que j ai envie d’impressionner mes semblables, non loin de la, j ai juste envie d’être dans un cadre sympa avec mes amis.
    C’est humain, et comme on dit chez nous alahou jamil wa you hibou al jamal, dieu est beau et il aime la beauté.

    Donc ça me gène pas du tout de fréquenter l’endroit, pour une partie de la clientele t as tt a fait raison.

Leave a Reply