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Une Esthéticienne à Casablanca

L’équipe de Casawaves accueille aujourd’hui une nouvelle signature. Leila Hicham, journaliste freelance vivant au Maroc, commence avec l’interview de Leyla Idrissi, 47 ans. Esthéticienne à Casablanca. Mariée et maman de trois enfants.

“Avant, les femmes n’étaient sur aucune scène. Ni économique, ni sociale et ni politique.”

Que penses-tu du Maroc d’aujourd’hui ?

Le Maroc est un pays africain -je précise car souvent nous l’oublions- qui évolue de façon extraordinaire. Les mentalités ont changé et cela se voit notamment chez les femmes. Elles sont embarquées dans une course contre la montre pour s’imposer dans la société. Je fais partie de ses femmes qui veulent réussir dans la vie et prouver que les femmes sont fortes. Avant, les femmes n’étaient sur aucune scène. Ni économique, ni sociale et ni politique.

La réforme de la Moudawana (le code la famille) en 2004 est-elle à l’origine de cette évolution ?

Je pense que cette évolution s’est faite avant la Moudawana. La femme marocaine est en train d’évoluer naturellement, dans chacun de ses gestes et de ses paroles, dans son choix de métier. Il y a des femmes taxis, de femmes éboueurs, j’ai même une cliente qui est en train de créer une société de peinture en bâtiment. Même les « bonnes » s’imposent dans les maisons dans lesquelles elles travaillent. La femme veut être respectée. Maintenant il y a des femmes ministres, au parlement, etc. Ces femmes n’ont pas de barrière, elles veulent prouver leur personnalité. Ce changement est omniprésent. Dans une fête, dimanche dernier, j’étais avec plus de 200 autres femmes. Cette fête interdit les caméras et les appareils photos. Les femmes dansent s’amusent mais à la fin échangent des cartes de visite. Quelle énergie !

Etre une étrangère au Maroc, qu’en penses-tu ?

Je vois beaucoup de femmes étrangères qui ont, au début, beaucoup de mal à s’adapter au pays : à la mentalité, à la religion, au comportement des Marocains et des Marocaines. Nous avons une autre mentalité. Quand une étrangère vient ici, soit elle a une forme de naïveté et fait trop facilement confiance, soit elle se sent supérieures aux Marocains, notamment dans le travail. Mais elles apprennent à leur dépend.

Qu’en est-il justement du monde du travail ?

Le monde du travail manque encore de professionnalisme, le Maroc n’est pas encore arrivé à maturité. Mais ça change, les Marocains prennent conscience qu’ils ne peuvent réussir sans effort. Avant les gens n’aimaient pas ce qu’ils faisaient. Moi, j’ai fait mon métier d’esthéticienne par vocation, à l’origine j’étais agent technico-commercial. Maintenant, de plus en plus de jeunes choisissent leurs études. Les méthodes d’orientation ont évolué, l’enseignement aussi évolue. Cette évolution profite à tous. Ici les étrangers peuvent apporter et s’enrichir car le Maroc a aujourd’hui besoin d’éléments professionnels, on en manque encore. Tout le monde a à gagner de cette différence et de cet échange de compétence. Aujourd’hui, c’est vrai aussi que c’est juteux pour nombre d’affaires, petites ou grandes, parce que le Maroc bouge. Il suffit juste de se comporter en bonne intelligence, d’avoir les yeux ouverts. C’est l’occasion de prendre le train en marche.


Tous les articles écrits par Leila Hicham.

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