10 millions de touristes – la formation des acteurs
Un des grands défis du développement touristique au Maroc, c’est la formation des acteurs, pour une professionnalisation des services.
Après l’époque des années 70, des quelques grands hôtels de chaine, le Maroc s’est développé sur plusieurs créneaux :
- les produits de luxe, type golf, par exemple, qui sont gérés par des grandes entreprises, y compris l’hôtellerie qui va avec.
- les produits de type club, ou ce que j’appellerais “vacances sous bulle”, que ce soit en club, via des grands tour-opérateurs, ou, là encore, dans de grands hôtels. C’est le Maroc, mais cela pourrait être n’importe où ailleurs, la seule chose qui compte étant le nombre d’heures d’ensoleillement et la couleur bien bleu de la piscine.
- le tourisme découverte et aventures, comme celui que nous pratiquons, qui se fait en général par le biais de petites structures, de groupes de petites tailles. Sinon on retombe facilement dans le cas précédent. L’incentive est un peu à cheval entre les deux, mais les grandes expéditions “remerciement de commerciaux” se rattachent elles aussi aux grandes opérations du point précédent.
- le tourisme individuel, avec une forte demande d’hébergement chez l’habitant. Celle ci n’est légalement quasiment pas possible au Maroc, la réponse est donc les multiples chambres d’hôtes, et dans un cadre plus luxueux, les riads.
Les deux dernières formes se sont développées longtemps de façon totalement anarchique, avec énormément de noir et de non-officiel, et donc tous les risques qui vont avec, mais en même temps avec une satisfaction globale des clients (est-ce que ce n’est pas le plus important ?) et un volume d’affaires et d’emploi non-chiffré, mais certainement pas négligeable. Loin de là…
Depuis quelques années, une rationalisation s’est mise en place, et en voyant le processus sur la durée, je trouve que cela se fait de façon plutôt intelligente.
D’un côté les conditions d’officialisation ont été facilitées (et pas seulement dans le tourisme), par exemple les planchers à investir dans une société, une agence de voyage, une société de transport touristique, ont été fortement abaissés, en sorte que l’investissement de base devient raisonnable.
Parallèllement, les contrôles se font plus fréquents. Que ce soient pour les riads, et les maisons d’hôtes, où certains percepteurs commencent même à chasser les fraudeurs sur le net (parce qu’il faut bien trouver des clients, n’est-ce pas ?), ou pour les faux guides, qui risquent de plus en plus de se faire contrôler. Et là, un simple bakchich de 50 dirhams ne suffira pas, comme en cas d’excès de vitesse.
Le troisième volet, qui est la formation, a été mis en place en même temps. Parce que c’est bien d’officialiser, mais que faire de tous ceux qui ont, pendant des années, exercer sans la qualification ou les diplômes, et qui ont acquis sur le terrain une expérience réelle ? Leur interdire d’accéder à une profession qui est réglementée dans ses conditions d’accès ? C’est réduire certaines régions entières au chômage, et supprimer à des familles entières, dans le sud, un moyen d’existence, sans rien leur fournir en échange.
Les régulariser en validant leurs acquis et leur pratique ? C’est injuste par rapport à ceux qui ont suivi les cursus officiels, à Tabant ou Tanger, et qui ont, eux, fait l’effort en temps et en argent de suivre ces cursus.
Il y a donc eu un processus en plusieurs étapes et – il faut le reconnaître – pas très rapide. Recensement des faux guides, incitation à déposer des dossiers de régularisation, entretien, sélection. A l’issue de la sélection, les guides ont été classés en plusieurs groupes, en fonction de leurs connaissances pratiques, évaluées lors d’un entretien avec des professionnels, et suivront une formation plus ou moins longue, dispensée gratuitement, au centre de formation de Tanger, avant de recevoir leur carte de guide.
Ensuite, les autres, ceux qui restent des faux guides, auront beaucoup plus de soucis à se faire.
On voit dans tous les domaines, que ce soient les guides, les agences de voyage ou de transport touristique, ou les hébergement, le même souci de régularisation progressive et pragmatique, en associant un renforcement des contrôles, et une voie facilitée vers la régularisation pour ceux qui jouent le jeu. La chasse au riad au noir a déjà commencé dans certaines villes, comme Marrakech et Essaouira, les normes se mettent en place. Et le deuxième avantage, indirect, c’est que les entreprises régularisées et officielles pourront à ce moment là bénéficier des aides à la formation et donc envoyer leur personnel en formation continue.
Comment aurait-on pu faire autrement ?
Quant à l’article de Yabiladi cité par Laurent, il est beaucoup plus réservé quant au problème de formation, et il pointe très justement d’autres facteurs… la suite demain !
Photographe et webmaster, je vis entre la France, l'Allemagne et le Maroc. Spécialisée dans les activités touristiques et les sites multiculturels, j'essaie de faire connaître le Maroc, et d'aider à sa découverte. Mes deux principaux sites sont Lumière de Lune et l'Oasis de Mezgarne
Tous les articles écrits par Marie-Aude Koiransky.

Sur le tourisme au maroc….on entend partout du gouvernement qu’il faut des centaines de milliers d’emplois dans le tourisme !! mais comment sont ils ces emplois ?
Après formation, le marocain ou marocaine est embauché ( sous quelles conditions ? ) pour 1500 DH à 2000 DH, et on lui demande de s’habiller de se maquiller de se parfumer pour l’équivalent de son salaire…le sourire au touriste jusqu’à aux oreilles ne garanti en rien le rare pourboire de un à deux DH.
Ce touriste combien rapporte ? sur une formule de 400 € la semaine all in, le tour opérateur et la compagnie prennent plus de 2/3, ce qui reste imposer pour l’hôtelier marocain est 130 euros en moyenne la semaine tout compris, avec la moitié des produits et services coûteux importés, donc ça se répercute sur l’emploi, sans oublier l’environnement et les frais imprévus, par exemple l’eau est très consommée en douche plus que dans d’autres pays, même avec la piscine prendre 4 à 5 douches par jour pendant l’été ça fait du bien alors qu’à côté à 50 m, on a rien à boire, sans parler des golfs ou les autres trous pour l’eau sont d’un impact négatif sur les réserves.
Sur ces 10 millions dont 4 millions de RME, ce qui fausse la comptabilité des recettes: quand on lit que le tourisme rapporte 5 millards d’euros par an c’est de l’imposture, car on y compte tous ce que les RME effectuent comme change en devises lors de leur séjour, le porter sur le compte du touriste est une manière de mettre les RME au second plan pour des raisons purement politiques.
Combien dépense un touriste au maroc hors frais d’hébergement et nourriture ? quelques dizaines d’euros en moyenne…les recettes nettes du tourisme au maroc ne sont donc que gonflées…dont la pub et les salons du tourisme à l’étranger ne cesse de creuser le budget.
Pour le tourisme chez l’habitant, nombreux ceux qui vont confondre cela avec l’hospitalité marocaine, avec tous les risques que cela comportent, ce type de tourisme sac à dos, pieds nus, budget 100 euros à peine, ne fera que tirer le tourisme au maroc encore plus bas.
En tous cas l’avenir du tourisme au maroc est compromis pour plusieurs raisons, cherche désespérément touristes pour le maroc et ça sert à rien d’imiter les grands comme la France et l’Espagne les géants du tourisme dont l’hospitalité est quasiment inexistante.
@casaport
Je vous ferais une réponse simple : le monde n’est pas simple.
Alors c’est vrai que les emplois dans le tourisme sont pas toujours bien payé, mais c’est souvent mieux payé qu’un boulot de bonne.
Souvent les grand groupe touristiques apportent aussi de la formation, ce qui permet pour certains une évolution et la concurrence entre les employeurs permet une réévaluation des salaires.
Le tourisme reste une industrie qui fonctionne bien au Maroc. On n’accueille pas 1 millions de touristes supplémentaire par ans sans qlq dégâts. Jusqu’à présent cela fonctionne pas trop mal.
@casaport
Si l’on regarde le taux de chomage au Maroc, il est tres bas. C’est parce que le gouvernement considere les vendeurs des cigarettes dans les ruelles comme un emploi. Alors votre exemple de 1500DH par moi est beaucoup mieux que ce qu’ils gagnent les vendeurs des cigarettes.
@casaport, je suis d’accord avec vous sur certaines choses, mais pas sur tout, ni sur votre vision pessimiste. Pour bien connaître le secteur, le “rare pourboire de 1 à 2 dirham” me parait très très sous estimé. Quant au salaire de 2.000 dirhams par mois sur lequel il faut s’habiller et se maquiller, en quoi est ce différent de n’importe quel poste de secrétaire ?
Les pourboires sont très variables selon les postes, c’est vrai, mais pour un guide ou un chauffeur cela tourne facilement à 5 à 10 euros par personne et par jour, pour un petit groupe. Quant aux grands groupes type Marmara ou Fram, le pourboire est quantifié par le voyagiste et il est loin d’être négligeable.
N’oubliez pas non plus les commissions que les guides reçoivent des bazaristes, restaurateurs, hôteliers…
La véritable problématique des emplois touristiques ce n’est pas la rémunération, je ne connais pas grand monde qui se plaigne là dessus, c’est le côté saisonnier, dans les régions qui ne fonctionnent pas toute l’année.
Enfin, dans certaines parties du pays, le tourisme est actuellement la seule et unique possibilité pour les jeunes de trouver un travail chez eux et de rester au pays.
Alors même si les grands groupes ponctionnent lourdement, il n’y a pas que cela, il y a aussi bien des activités locales. 1.300 dirhams pour une semaine en DP, c’est déjà bien payé dans beaucoup d’endroits, et je ne vois pas les hôtels de Ouarzazate, Boumalne, Zagora, se remplir de choses importées à prix d’or. L’ouverture d’une usine de production de 4×4 au Maroc va permettre d’améliorer les choses sur ce poste, qui reste sans doute la principale importation pour l’industrie du tourisme, avec les bus.
Pourquoi sortir des dépenses touristiques l’hébergement et la nourriture ? Cela en fait partie. Et les “quelques dizaines d’euros” sont très certainement beaucoup plus à partir du moment où on n’est pas dans une formule “tout inclus en club”.
Le tourisme chez l’habitant n’existe pas. Les quelques tentatives qui ont été faites pour le développer se sont toutes très rapidement professionnalisées, ne serait ce que par le contrôle du moquadem.
Et le “tourisme en sac à dos”, en soi peut être très profitable, il suffit de le positionner sur un créneau un peu plus haut de gamme. Aujourd’hui ce que je regrette, ce n’est pas ce tourisme là, c’est celui des gens qui font du quad dans les dunes.
Le tourisme fait partie des ressources nécessaires, indispensables, au Maroc, et jusqu’à maintenant, son développement a pu se faire en évitant les pires écueils où est tombée, par exemple, la Tunisie.
tout ce que vous dites est vrai, mais il reste encore des points que vous n’avez pas abordé!c’est le tourisme rural qui se développe de plus en plus vu ses retombées bébifiques sur l’habitantans! celui là peu gangner un revenu qui atteind facilement 40 000DH par an tout en louant une chambre annexe de sa petit maison, ce qui n’est pas négligeable pour un simple paysan! aussi les emploi indirect dans le domaine du tourisme se mesure en trois pour un empoi direct ce qui est bien pour un payé où le taux de chômage atteind les 12%;
Alors le tourisme malgrè ses points sous améliorés reste un domaine très important pour l’aspet économique d’un payé qui souffre de pas mal d’handicapes et sur tous les plan! Le tourisme ne peu que remédier à certain d’entre eux!
Bouchra, 40.000 dihram par an représentent en brut (c’est à dire avant les taxes, et sans les charges supplémentaire, pour l’achat de la nourriture, le nettoyage de la literie) 200 nuitées.
Si on considère que ceci est fait légalement, donc qu’il y a TVA et patente, on arrive à environ 365-380 nuitées, et si notre paysan reçoit uniquement des couples, cela veut dire qu’il ait des hôtes un jour sur deux.
Je suis d’accord avec vous pour le tourisme rural, il fait partie de ce que j’appelle le tourisme chez l’habitant, ou le tourisme découverte et aventures, selon la façon dont il est pratiqué, mais les revenus générés ne sont pas aussi importants.
Pour atteindre ces 40.000 dihrams, il faut se faire beaucoup de pub, ou proposer pas mal d’activités annexes. Donc se professionaliser.