10 millions de touristes - l’évolution vers un tourisme plus haut de gamme
Un article de Yabiladi met en exergue la chute de fréquentation touristique, et les différentes causes possibles.
Oui, la tendance baissière est là. Dans le sud, elle a été manifeste avec des vacances de Noël très mornes, et un zeste de sursaut de démarrage pendant les vacances scolaires qui n’avait rien à voir avec l’année dernière. Et partout dans le Maroc, à l’exception des concentrations des vacances scolaires sur les grands centres comme Marrakech ou Agadir, il est facile de trouver des chambres, sans problème.
Mais de là à rejeter la faute sur une formation insuffisante des personnels ? Je suis extrêmement dubitative… En quoi cette formation, donc ce niveau de compétences, serait tellement plus mauvais, soudainement, qu’il y a trois ans ? Ou que chez nos voisins ?
Comme le dit Yabiladi, il y a une combinaison de différents facteurs. Dans les facteurs extérieurs, la mauvaise situation économique en France, et la chute de confiance dans la politique de relance économique a sûrement créé un réflexe frileux d’économie, quand on n’est pas trop sûr de l’avenir, on dépense moins en vacances, et puis quand on “travaille plus pour gagner plus”, on a moins le temps de partir à l’étranger. La très forte valeur de l’euro renchérit le Maroc pour les touristes de pays hors zone euro, et particulièrement les américains. Certes, pas une clientèle majoritaire, mais une clientèle quand même, et qui d’habitude paye bien.
Le deuxième facteur externe, c’est la situation internationale. Dès qu’il y a une menace ou une réalité d’attentat terroriste, d’enlèvement de touriste, et même si c’est à l’autre bout de l’Afrique, les réservations chutent et les annulations montent. En l’occurrence, beaucoup de gens sont à peu près incapables de faire la différence entre Mauritanie et Maroc (et même certains marocains… mode joke off), entre Tassili algérien et Maroc, tout ça c’est le grand sable rempli d’hommes enturbannés et barbus, et c’est D A N G E R E U X même si je suis en club à El Hoceima.
Avec l’annulation du Paris-Dakar, et le couple autrichien, nous sommes plutôt mal servis (même si je me réjouis de l’arrêt du Paris Dakar).
Les facteurs internes… dans le désordre, un manque de cohérence dans la communication et l’offre, qu’on peut retrouver par exemple dans un site officiel trop pauvre en contenu, nos problèmes de moussem, mais surtout un positionnement incertain, que je qualifierais de “le cul entre deux chaises”, et une évolution difficile vers un tourisme haut de gamme, qui n’est pas facile étant donné l’état des infrastructures actuelles, et que Yabiladi effleure avec tact.
En clair, il y a deux sortes de tourisme au Maroc, le cher et le pas très bon marché.
Le tourisme cher, ce sont les riads de luxe de Marrakech et Fès, dans une moindre mesure, ce sont les terrains de golf, et les resorts attenants. Des bulles, protégées, d’où l’on sort éventuellement un peu pour faire une expérience ethnique dans la medina, tout en rentrant assez rapidement dans la bulle, car en dehors il n’y a rien qui puisse satisfaire ces touristes, au contraire.
L’étalement des ordures dans le désert, le long de la route, les fils électriques qui trainent partout et qui abîment le paysage, les convois FR*M ou autres, les enfants qui assaillent les touristes en exigeant un euro, et en caillassant les voitures, les régions entières sans hébergement de luxe… tout cela n’a rien à voir avec la formation, mais cela rebute ceux qui sont prêts à payer 5.000 ou 10.000 dirhams pour une nuit.
Reste donc le tourisme pas très bon marché. Car le Maroc est cher. Par rapport aux autres produits, comme la Tunisie, ou les Canaries, le Maroc est plus cher d’environ 30% à 40%. Personnellement j’en suis plutôt contente, cela évite un certain type de clientèle, et cela devrait éviter une destruction massive de l’environnement, avec des barres d’hôtels comme on peut les voir vers Djerba.
La libéralisation de l’espace aérien commence à porter ses fruits, et il est possible, au moins à partir de la France et de l’Espagne, de venir au Maroc pour pas cher. A partir d’autres destinations, comme l’Angleterre ou l’Allemagne, les prix sont encore élevés (il est plus rentable pour moi de prendre deux billets, d’abord pour Paris, et ensuite pour le Maroc, que de voler directement à partir de l’Allemagne).
Les prix sur place sont aussi élevés, par rapport à d’autres destinations. Le Maroc subit le fait d’avoir peu de ressources naturelles, de devoir acheter son pétrole, importer ses voitures… la construction a en général une mauvaise finition, et pour être dans un hôtel de niveau correct, il faut payer plus par rapport à d’autres pays (je crois qu’on devrait investir énormément dans la formation professionnelle des métiers du bâtiment, en revanche).
Je vois à de nombreux signes que la direction générale est prise vers un relèvement du niveau des prestations, et donc des prix à la clientèle.
Juste un exemple parmi d’autres, depuis quelques mois, les agréments de transport pour les 4×4 ne sont délivrés que pour 4 personnes (5 avec le chauffeur). C’est sûrement beaucoup plus agréable pour les clients d’avoir la certitude de pouvoir s’étaler tranquillement à deux par banquette… mais cela veut dire qu’une famille de deux parents et trois enfants doit louer une deuxième voiture, et le coût devient prohibitif pour un budhet normal.
Les projets comme le grand Las Vezgas du Sud me font un peu peur, et surtout ils ne s’accompagnent pas d’une véritable réflexion écologique. Il est impensable de tirer le Maroc vers un tourisme de luxe, si on ne fait pas quelque chose pour l’écologie visible … car avec un peu de cynisme, il faut bien reconnaître que le touriste ne se soucie pas de ce qu’il ne voit pas. Mais le touriste se fatigue assez rapidement du bruit des quads dans le désert, des pneus crevés et des filtres usé retrouvés entre les pierres, des piles qui rôtissent au soleil…
Le Maroc devrait prendre des leçons de la Namibie. Ce grand pays très peu peuplé, avec des ressources très rares, a réussi à développer en gérant la rareté, un tourisme cher et qui finance lui même la protection de l’environnement. Le désert est organisé en grandes réserves, le camping sauvage interdit, l’entrée dans les réserves contingentée, etc… le luxe n’est pas obligatoirement un riad à Marrakech, cela peut être une simple tente dans le désert, mais avec une literie impeccable, une absence totale de bruit la nuit, une absence de déchets, bref le luxe d’une nature qui coûte cher à préserver.
Cela commence timidement. Devant les tas d’ordures de M’hamid, un contingentement des places de camping a été fait. Il faut maintenant faire respecter les réserves, et si éducation il y a à faire dans le tourisme, c’est celle qui permet de comprendre aux différents acteurs que protéger le pays rapporte beaucoup plus à terme que ne coutent quelques clients mécontents de ne pas pouvoir détruire les dunes à coup de quads.
Photographe et webmaster, je vis entre la France, l'Allemagne et le Maroc. Spécialisée dans les activités touristiques et les sites multiculturels, j'essaie de faire connaître le Maroc, et d'aider à sa découverte. Mes deux principaux sites sont Lumière de Lune et l'Oasis de Mezgarne
Tous les articles écrits par Marie-Aude Koiransky.


@Marie Aude
2 petites réflexions :
> Par rapport aux autres produits, comme la Tunisie,
> ou les Canaries, le Maroc est plus cher d’environ
> 30% à 40%.
Cela semble rejoindre ce que l’on observe sur l’immobilier : le prix deviennent tellement élevés que cela fait fuir les éventuels acheteurs. Dans une moindre mesure le renchérissement de l’immobilier doit avoir une influence sur le prix des séjours : le patron d’un Riad doit amortir son achat sur le prix des nuitées.
> Je vois à de nombreux signes que la direction générale
> est prise vers un relèvement du niveau des prestations,
> et donc des prix à la clientèle.
Je crains que ce soit le contraire qui se passe : le renchérissement des prix oblige à relever les prestations. Le problème est que le haut de gammme ne se décrète pas. On revient alors au problème de la formation.
Au passage c’est un peu se qui se passe sur l’offshoring. On a développé dans un premier temps les call center avec succès. La formation initiale demandée était plutôt réduite. Très judicieusement le gouvernement a voulu monter en gamme en proposant l’offshoring des prestations informatiques. Mais cette stratégie a du mal a se développer compte tenu de l’absence de compétences en nombre suffisant : la formation ne suit pas. En final l’offshoring au Maroc commence a devenir cher ce qui diminue grandement son attrait.
Je ne serai pas surpris que le Maroc connaisse une petite crise dans le domaine du tourisme en 2008. Ce serait à la fois logique et sain.
En ce qui concerne l’immobilier, c’est un peu la poule et l’oeuf.
Mais pour la cherté des séjours au Maroc, l’immobilier n’est pas le point déterminant, loin de là.
Pour les TO qui font du tout inclus, le poste “avion” est extrêmement cher. Et dans les situations où elle est encore en quasi monopole, comme la Suisse, la RAM n’hésite pas à proposer des AR au Maroc pour 800 euros…
Par ailleurs, le Maroc a construit relativement peu de grands ensembles destinés à du tourisme de vrai masse, comme la Tunisie.
Globalement, les prix sont élevés au Maroc, cela se retrouve aussi par exemple dans les prix de Maroc Télécom, qui sont les plus hauts du Maghreb.
En revanche, il n’y a pas eu de renchérissement des prix sur les dernières années, sauf sur les tous derniers mois, mais là il s’agit simplement de la hausse du pétrole à la pompe et des matières premières et notamment alimentaires (voir la bouteille d’huile de Fhamator). Mais des mesures comme celles dont j’ai parlé pour les agréments de transport, le contrôle mis sur la qualité des acteurs, l’investissement dans les infrastructures (et aéroports, pour pouvoir ensuite traiter les rotations touristiques), la surveillance de la police touristique, les exigences de plus en plus élevées pour les permis d’exploitation hôteliers, les renouvellement de licences d’alcool, etc… tout ça montre vraiment une volonté d’améliorer le niveau global des prestations.
Parce que refuser les agréments pour plus de 4 personnes, ça va par exemple conduire à encore plus fortement relever le prix des prestations.
Vos informations concernant les vols d’Allemagne sont erronées.
Il y a une liaison Ryanair de Frankfurt-Hahn vers Marrakech les mardi, jeudi et samedi.
Je viens de me connecter à Ryanair.com: départ de Hahn le 24/04 et retour de Marrakech le 29/04. Coût total de 90,53 € aller retour + 8 Euros frais carte crédit et 12 euros par bagage aller et retour…donc c’est pas cher du tout.
Bien à vous
Eronnées ?
N’oubliez pas le cout pour rejoindre Hahn… cela change singulièrement la donne.
Pour moi, qui suis assez loin de Francfort, il est plus économique de passer par Paris.
Par ailleurs, voyageant en low-cost depuis plus de 5 ans en Europe et sur le Maroc, j’ai appris à éviter “les pires” et Ryanair en fait partie.
Prenez l’ensemble des offres de l’Allemagne vers le Maroc, et prenez l’ensemble des vols de la France vers le Maroc, et vous verrez la différence de prix, de fréquence de desserte. Même si cela s’améliore depuis environ un an, elle est flagrante. Et c’est normal, le Maroc ne fait pas partie des destinations privilégiées des Allemands (Turquie, Tunisie, Canaries, Egypte, dans le “créaneau” marocain).
à propos de de la dégradation de l’environnement, je confirme totalement. J’ai été récemment dans une région très peu peuplée du Sud du Maroc; le spectacle désolant des sacs de plastiques sur des kilomètres et kilomètres est un véritable crève coeur. Le région étant très venteuse, ceci est du aux des décharges à ciel ouvert, les sacs sont déssiminés très rapidement. Je ne vois vraiment pas comment on pourrait réparer les dégâts car ils s’étalent souvent sur de vastes superficies et ces sacs ne sont pas comme on sait biodégradables.
Ces sacs sont une catastrophe écologique pour le Maroc, ils défigurent les campagnes et les villes, certains pays comme l’Afrique du Sud les ont totalement interdits. Certes il faut trouver des alternatives, il faut éduquer les gens et revenir au bon vieux cabas pourquoi pas ! Il devient vital de moins polluer et préserver la nature. De plus avec le développement tout azimut de la grande distribution et la multiplication des emballages, je crains que le Maroc ne devienne très rapidement une immense décharge à ciel ouvert si rien n’est fait très rapidement.
@Farid, nous travaillons actuellement pour essayer de faire connaître un TO qui organise avec une association des voyages “sensibilisation” avec une activité de nettoyage du désert.
Mais c’est effectivement un cercle vicieux, car il est impossible de demander aux gens de faire des efforts, quand ils savent pertinemment que le prochain vent va tout balayer (et dans le sud, en ce moment on a du vent tous les jours). C’est déjà “bien” quand ils brûlent, quand ils enterrent cela ne sert à rien, c’est déterré par les animaux.
Je n’ai jamais oublié un des gardiens de notre camping, qui nettoyait bien consciencieusement l’intérieur du camping, et jetait tout derrière le mur d’enceinte…
Quand j’achète quelque chose au Maroc, je refuse systématiquement le sac, en expliquant pourquoi. Mais comme vous le dites, il y a une grosse urgence là dessus.
Je vis au maroc depuis quelques années et je suis désolé chaque jour par les polutions, j’ai l’impression de vivre au milieu d’une décharge alors que je vis dans un quartier de classe moyenne.
Le maroc doit se donner rapidement les moyens de la préservation de son environnement et du développement des énergies renouvellables.
Cette politique est la seule qui puisse donner un avenir durable à un tourisme de qualité mais bien plus encore faire du maroc un pays ou il fait (réellement) bon vivre.
Bonjour à tous.
Je viens de voir vos commentaires qui sont en parties justes. Je travaille au Maroc depuis 10 ans. Je dirige une entreprise pour le compte d’un groupe international. Par la même occasion, j’ai acheté un riad avec ami et c’est ma compagne qui le dirige.
J’ai peut-être un regard exacerbé mais j’adore ce pays et les gens. Néanmoins, il faut que les mentalités évoluent. Le Maroc n’est pas le nombril du monde car ici, le Maroc est toujours champion du monde de quelque chose !!! Conséquence, il n’y a jamais de remise en cause de la part de la population sauf à vouloir plus d’argent mais de la part des étrangers.
Par exemple, en 10 ans notre société a dépensé dans la formation du personnel tant professionnel que personnel (formation à l’étranger, cours de langue, cours de français, de math, d’informatique, de qualité, permis de conduire….). Ce n’est pas la capacité des gens à apprendre qui est en cause, mais cette mentalité : on est très intelligent ! Alors pourquoi évoluer même si vous donnez des salaires comme en Europe. La rigueur dans les horaires n’existe pas, la satisfaction d’un travail fait dans les temps, la satisfaction d’un travail bien fait, le prix juste pour une dépense…
Pour travailler ici, il faut une sacré dose d’optimiste et ne pas se laisser envahir par la pollution journalière de l’administration qui est inadaptée et surtout incompétente à tous les niveaux.
Les lois ne sont jamais très claires et peuvent-être interprétées de manières contradictoires. Il est difficile de connaître la vérité car on vous invente des lois, des règles, des habitudes pour pratiquement tous les quartiers, villes. On attend que vous fassiez une erreur pour vous demander de l’argent après, et même si vous êtes dans votre droit, l’agent de l’état va repousser votre ou vos dossiers pour arriver à vous demander de l’argent aussi (le black) pour faire son travail.
Il existe deux mondes : celui des très riches avec des avantages insoupçonnables et celui de Monsieur et Madame tout le monde, sans pouvoir sauf à s’en créer un, sans avenir.
Il faut créer de la qualité, du respect des autres dans tous les domaines et je dis bien, tous les domaines. Il faut arrêter de comparer les villes touristiques du Maroc aux villes d’Europe car on en est très loin. Les prix à Marrakech sont maintenant plus chers que Paris, Milan, Barcelone… Un restaurant de basse qualité vous demande environ 100 euros pour deux personnes. On délire !
Bref, il est très difficile de regarder sans juger ou d’avoir un jugement sans regarder ou vivre un quotidien de plus en plus difficile. Pour ma part, le Maroc change mais pas dans le bon sens. Le but n’est pas copier les occidentaux mais d’obtenir une identité forte, loyale, saine et reconnue des autres.
Le made in Morocco n’est pas prêt de s’exporter.
@Gerard
> Les prix à Marrakech sont maintenant plus chers que Paris, Milan, Barcelone…
Vous voulez des loi european mais vous voulez saturer le taux d’inflation. Je penses que vous demandez trop. Il n’y a pas un pays au monde ou la demande est forte et les prix sont bas. Le jour ou il n’y a plus de demande, les prix tomberont. C’est aussi simple que ca.
Gérard,
Serait-il possible d’avoir votre email ? je souhaiterai rentrer en contact avec vous.
En vous remerciant.
Cyril
Bonjour à tous,
D’abord je nommerai ma réponse ÉDUCATION ET FORMATION
J’ai parcouru ces articles avec intérêt, et je pense que par dessus tout, c’est le manque de formation et d’éducation qui est responsable de ce marasme.
Pourquoi hier, me suis je fait traité de raciste? Alors que je demandais au conducteur de la carrossa de regarder la blessure qu’il avait fait subir à mon épouse, parce qu’en conduisant il ne regardait pas devant lui, somnolait il ? Etait il pressé? En tout cas, il ne s’occupe de personne, peut être parce que les gens l’ennuient ! Peut être aussi n’en a-t-il rien à faire, car sa petite vie, tranquille n’est pas concernée par les grandes phrases que je viens de lire ci-dessus, son problème à lui, c’est de l’argent, tout de suite et sans concession sur l’avenir économique et touristique, parce que rien n’est moins sur que demain et il faut faire bouillir la marmite.
Je voudrai préciser que je ne suis pas raciste, pas anti-musulman et qui plus est, avec une culture religieuse qui si elle est différente de celle d’ici, reste basée malgré tout sur des valeurs morales quasi identiques.
Mais mon avis est que la mentalité maghrébine va à la facilité et cela quelque soit l’endroit du Maghreb, d’ailleurs le Maghreb n’est qu’une région de l’Afrique. Or, au cours d’un projet professionnel antérieur, j’ai été amené à travailler souvent en Guinée Conakry et en Côte d’Ivoire, je suis allé en vacances au Sénégal, en Tunisie et partout j’ai rencontré ce même détachement par rapport à l’intérêt collectif, qui se traduit par une conscience individuelle et ou personnelle, qui est de privilégier l’instant ou l’intérêt présent, sans se soucier de l’impact qui va découler d’un acte non réfléchi, voir même illégal du moment que le profit s’est réalisé. Peu importe le long terme, de toutes façons, une autre occasion semblable se présentera un jour prochain.
Cette conscience de la vie sociale, cette obligation sociale qui nous a été inculquée du genre de ne jamais scier la branche sur laquelle nous sommes assis, ou de ne pas tuer la poule aux œufs d’or, voir ne pas mordre la main qui nous nourrit, cette conscience là, en Afrique n’existe quasiment pas, sauf lorsque la volonté parentale d’éducation et de formation est présente.
Je constate chaque jour par des détails que pour ce qui est du Maroc, cette conscience collective prend forme, mais doucement, pour de nombreuses raisons :
Entre autre, la présence de certains marocains établis à l’étranger, obligés de scolariser leurs enfants, donc de les éduquer civiquement et changeant en cela la vision de leurs compatriotes lors de leur séjour,
La conscience collective de marocains qui ont fait des études en Europe ou ailleurs et qui éduquent eux même leurs enfants selon l’éducation et la formation reçues à l’étranger,
Et des gens,artisans, commerçants de plus en plus nombreux qui réfléchissent à gagner leur vie sur le long terme, sans arnaque et avec même professionnalisme, y compris dans les souks.
A l’inverse du « gardien du camping », j’ai vu l’an dernier, chez un ami marocain, sa fille de 15 ans revenir dans la maison avec le sac poubelle, plutôt que de le jeter sur le monticule de déchets qui entourait le container déjà plein. C’est à ce moment que je me suis dit que le Maroc changera, il faudra du temps, pas moins d’une génération, mais ça changera. Pour peu que l’école devienne obligatoire, et que la formation soit faite avec et par des professionnels en parfaite adéquation avec le système scolaire. Ca s’appelle l’apprentissage…
J’ai bien réussi à apprendre à lire et à compter à mes apprentis de 16 ans, comment ? En prenant sur leur temps de travail dans l’entreprise et en leur donnant des exercices, et sans qu’ils soient devenus des lumières, ils ont appris un minimum.
Mais si cette éducation et cette formation n’est réservée qu’à des élites ici au Maroc, si personne ne soutient un programme d’école obligatoire, le fossé se creusera, et non pas entre les européens (qu’on accusent de tous les maux) et les marocains, mais entre marocains, une classe dite éduquée et une autre classe …non éduquée, et cette différence creusera ce fossé de plus en plus profondément, qui favorisera l’explosion de tout ce que nous sommes en train de voir dans le monde, et de tout ce que l’histoire nous a appris, depuis ce jour du 14 juillet 1789 qui n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.
Jean marc
@Jean marc
Un état des lieux tout a fait exact . J’ai souvent évoqué la responsabilité collective quasi inexistante au Maroc et qui fait mal à tous ! .
Bonjour,
110 % d’acord avec Jean Marc,
Mais un peu moins d’accord avec son optimisme,
Je ne pense pas qu’une génération (ou meme 2/3) suffira à redresser la barre!
Mon constat perso:
Cette situation est plus grave, l’absence de responsabilité collective , vient du fait de la déliquescence de la société familiale, et de la dispariton des valeurs tribales, de l’imposition d’une “démocratie” d’opérette sans réperes culturels, et autres dommages collatéraux.
Et la seule autorité “régulatrice” que l’on voit poindre pour pallier à ce vide culturel est (malheureusement) l’intégrisme religieux !
Je ne vois personnellement, depuis quelques décades, aucun progrès dans la reponsabilisation! encore moins parmi l’élite cultivée et riche , aucun civisme nouveau, aucun sentiment écologique, aucune solidarité, ni .. ni … par ou devrait descendre l’exemple !