Interview de Rim, Journaliste Reporter, 34 ans – D’origine tunisienne, née en France, expatriée à Marrakech
Pourquoi as-tu choisi de t’expatrier ?
J’ai choisi de m’expatrier pour mon évolution professionnelle. Je suis journaliste depuis 10 ans en France, et une spécialisation Maghreb m’intéressait. Pour cela, il était évident de voir de plus près, de l’intérieur ce qu’est le Maroc.
Que trouves-tu au Maroc que tu n’avais pas en France ?
Je connais le Maroc depuis 4 ans, mais cela fait 2 ans et demi seulement que je suis ici, à Marrakech. Dans un premier temps, je trouve au Maroc, un confort matériel. Ici, les possibles -au sens large- existent. Il est plus simple d’avoir des projets, de rencontrer des gens même important. Bien plus qu’en France ! Et puis, le rythme de vie n’a rien à voir avec celui de la France. Au Maroc, je réussis à me prémunir du stress et de la course et en plus je mange plus sain.
Dans trois ans, tu te vois encore au Maroc ?
Pour rester au Maroc, il faut y trouver son équilibre. Des tas de choses me manque de la France, comme les « vraies » librairies, l’opéra, le théâtre, la culture au sens large. La nourriture de l’esprit est limitée et l’ouverture culturelle est presque inexistante. C’est un pays dur avec les femmes, j’ai souvent l’impression de perdre ma liberté pour rentrer dans les cases et être respectée dans mon quartier, dans ma ville. Et puis, le Maroc n’est pas pour moi un pays exotique où l’on peut vivre en portant des œillères. Beaucoup trop d’occidentaux vivent dans une bulle : ils sortent dans des lieux branchés, des plages privées, des cafés à la mode, le plus souvent entre eux. Ce n’est pas pour ça que je suis venue vivre ici, et j’avoue que le pays peut avoir des côtés épuisants quand on décide de Vivre le pays. Pour l’instant, je m’y sens bien, j’aime être là, observer l’évolution du pays, mais demain, je n’en ai aucune idée. Si je quitte le Maroc, ce ne sera sans doute pas pour aller en France.