Fatéma Hal : Un fabuleux destin

Fatéma Hal, la manager du mythique restaurant « Le Mansouria » vient de sortir son dernier roman. Dans « Le meilleur de la cuisine marocaine », paru chez Hachette Pratique, elle rassemble les recettes les plus représentatives du Maroc et celles que les gens appellent le meilleur. Devenue une véritable ambassadrice de la cuisine marocaine dans le monde, la « cuisinière » d’origine marocaine a été récompensé pour son courage et son ingéniosité. « Le Mansouria », le restaurant qu’elle dirige depuis 1984 est devenu une véritable institution parisienne. Il sera totalement relooké à la rentrée de septembre prochain, pour offrir deux ambiances et deux cuisines : une traditionnelle, une contemporaine.

Retour sur sa carrière. A 17 ans, elle quitte le bled pour la France et pour se marier à un cousin éloigné qu’elle ne connaît pas. Jusque-là, il est plus question de nébuleux -que de fabuleux- destin. Nous sommes dans les années 70, Fatéma Hal échoue dans le Val d’Oise pour mener cette nouvelle vie. Trois enfants naissent de six ans de vie commune et puis c’est le départ. Fatéma fait ses valises et quitte le foyer conjugal pour voler de ses propres ailes, ce qui n’est pas toujours facile quand on doit faire face au jugement tempétueux de son entourage.

Une personnalité de battante et le désir d’offrir ce qu’il y a de mieux pour ses trois enfants, la mènent sur les bancs de l’école où elle suit des études d’ethnologie à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris et des études en littérature Arabe. Tout en poursuivant son cycle universitaire, cette enfant d’Ougda milite dans les banlieues, fait de l’animation culturelle, collectionne les petits boulots, devient chargée d’études sur les dossiers concernant les femmes immigrées et collabore comme conseillère technique au Ministère des Droits de la femme d’Yvette Roudy, sous le gouvernement Mitterrand.

Bosseuse et ingénieuse, « je voulais créer mon entreprise et j’ai pensé à La Mansouria. Sauf que je n’avais pas un sou en poche », explique-t-elle. La suite, beaucoup la connaisse et ont contribué au succès de Fatéma Hal « Je n’avais pas d’apport, ni de garanties alors j’ai pensé à mettre en place un système de bons ». Le principe est simple, encore fallait-il y penser : vendre des bons à l’avance qui donneraient droit à des repas dans son établissement en devenir. Le « truc » fonctionne même plus qu’elle ne l’aurait espéré. Plus de 20 ans après, « son Mansouria » reçoit une clientèle du monde entier : des canadiens, des japonais, des américains… et Fatéma représente la cuisine marocaine dans ce même monde entier. Accueillir l’autre, dans son Maroc, d’où qu’il vienne. Cette marocaine ethnologue de formation, ne pouvait rêver de mieux.


Tous les articles écrits par Leila Hicham.

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