Investir au Maroc (1)
Je viens de réaliser l’interview de Mahdi Bouziane, reponsable de la communication du CRI de Casblanca. Avant sa publication, je vous encourage à lire l’article intitulé “Le Maroc au coeur de la problématique de l’attractivité” rédigé par un chercheur, Khadija El Issaoui. Il fait une bonne synthèse du cadre général.
L’article insiste tout d’abord sur le succès indéniable de politique mis en place pour attirer le capital étranger :
… Dans le cas marocain, la contribution des Investissements Directs Etrangers (IDE) à l’investissement global s’est améliorée, passant d’une moyenne annuelle de 1,36% entre 1970 et 1990 à 12,39% entre 1991 et 2005. Quant à la part des IDE dans la richesse nationale, le Maroc a réalisé une progression importante entre 1990 et 2006. Le stock d’IDE accueillis par le Maroc rapporté au PIB s’élevait en 2006 à 52% contre seulement 9,7 % en 1990. De ce point de vue, si le Maroc dépasse largement l’Algérie (8,9% du PIB) et l’Egypte (36,4 % du PIB), il souffre encore d’un certain retard face à des pays comme la Tunisie (71% du PIB).
Malgré le fait que les opérations de privatisation ont contribuées fortement à cette bonne tenue, l’article souligne les différents aspects positifs :
- un euro fort
- le faible coût du travail
- infrastructure de transport
- facilité de création des entreprises
Cependant des efforts sont encore à réaliser :
Le rapport ,”Doing Business” réalisé par la Banque Mondiale en 2008 pour étudier les réglementations qui favorisent l’activité économique et celles qui la limitent, montre que l’octroi de licences ainsi que l’exécution des contrats au Maroc nécessitent respectivement 163 et 615 jours contre une durée de 93 et 565 en Tunisie.
…
La multiplication des tribunaux de commerce ou des guichets uniques pour les immatriculations d’entreprise ou les permis de construire améliorera le classement mondial du Maroc. Des efforts restent ainsi à accomplir par le gouvernement marocain pour attirer durablement le capital étranger.
Comprendre la réalité économique du Maroc d’aujourd’hui nécessite de prendre en compte de multiples données. Tout ne fonctionne pas parfaitement, le Maroc se situe quelque part entre l’Europe et l’Afrique. Malgré tout le Royaume avance plutôt mieux que certains pays voisins. Rien n’est blanc ou noir dans la gestion de vos affaires au Maroc, il faut accepter de choisir entre différents niveaux de gris :
Un chef d’entreprise doit quotidiennement faire des choix. Il faut choisir entre plusieurs options, souvent imparfaites, à partir d’informations incomplètes. Il a rarement le choix entre blanc ou noir banc ou noir, il faut souvent choisir entre plusieurs niveaux de gris. Ici (au Maroc), il faut avancer dans un monde plus opaque ou distinguer les niveaux de gris est plus difficile.
Cela me rappelle le conseil d’un entrepreneur installé depuis plusieurs années. « On est souvent tenté de prendre des raccourcis » (entendez faire des compromis avec les bonnes pratiques) me disait t’il. « Une seule solution pour durer, rester le plus souvent possible sur la route principale » (celle qui est mieux balisée), c’est souvent la seule qui permet d’arriver a destination.
Installé à Casablanca je dirige Casavisa (www.casavisa.com) une agence immobilière à destination des professionnels. Vous pouvez aussi consulter la rubrique Immobilier Casablanca sur mon blog.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

