L’ONA et la communication financière au Maroc

Un très bon article chez Larbi au sujet de l’ONA en particulier et de la communication financière (au Maroc) en général :

La communication financière ce n’est pas un “truc pour frimer” (excusez l’expression!). C’est un outil à la disposition de l’entreprise encadré par des règles et des dispositifs stricts afin de ne pas tromper le marché.

Ce n’est pas une question anodine surtout quand vous êtes une entreprise cotée en bourse donc faisant appel à l’argent des épargnants. En interdisant toute fausse information et toute communication inexacte (par omission par exemple) et en imposant la clarté de la communication financière, on protège les actionnaires, surtout les petits porteurs, contre toute tromperie. C’est le rôle qui incombe au régulateur, celui de contrôler et surveiller pour protéger.

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Larbi pointe très justement le déséquilibre (énorme) d’information en défaveur des petits épargnant. L’acteur important peut sans peine (et sans craintes de sanctions) manipuler les marchés. On peut d’ailleurs faire le même parallèle sur le marché de l’immobilier ou la rumeur, entretenue par une communication ciblée, permet de faire monter les prix au profit des promoteur important.

Le Maroc, comme tout les pays émergent, a besoins de sources d’informations fiables pour faciliter et sécuriser l’investissement. Il serait judicieux de commencer par mieux régulier la publicité et la communication financière

Installé à Casablanca je dirige Casavisa (www.casavisa.com) une agence immobilière à destination des professionnels. Vous pouvez aussi consulter la rubrique Immobilier Casablanca sur mon blog.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

9 Responses to “L’ONA et la communication financière au Maroc”

  1. Pour arriver à ce niveau, il faut d’abord agrandir le gâteau à se partager. Ce n’est qu’après qu’on peut laisser aux petits actionnaires les miettes. Plus le gâteau est gros, plus les miettes suivent. C’est comme ça que ça se passe par tout dans le monde.

    Le but étant d’abord d’enrichir les plus puissants. C’est l’axiome.
    Le petit actionnaire n’est là que pour huiler la machine.

    D’ailleurs même dans les marchés réputés les plus clean, quand il y a pépin c’est le petit qui trinque…voir tout le contribuable.

  2. @7didane
    C’est vrai que le petit est toujours défavorisé par rapport au gros, mais il y a justement la loi qui est là pour corriger.

    Comme image, pour décrire la situation au Maroc, je prends souvent celle de la priorité à droite. Au carrefour c’est la voiture la plus puissante qui a souvent la priorité : le 4×4 a la priorité sur la voiture neuve qui a elle même la priorité sur le petit taxi. La plaque officielle ayant quand à elle priorité sur tout.

    La loi au Maroc est encore trop souvant celle du plus fort.

  3. @Laurent
    Elle est bien ton image, et je rajoute que c’est exactement la nature humaine : Dans n’importe quelle société.

    En France aussi le 4×4 va foncer s’il a les mains libres (d’ailleurs c’est l’intérêt d’une 4×4 dans la jungle parisienne :D), mais une seule chose l’en empêche : Il sait que par expérience que la voiture neuve risque de lui foncer dessus pour se venger -> Révolution française. D’où l’équilibre.

    “La paix sociale est un équilibre de terreur”, dixit 7didane le Surhomme.

  4. PS : La révolution au Maroc n’est pas dans mon intérêt.

  5. @7didane
    C’est bien la nature humaine : rien de spécifique au Maroc.
    Mais c’est le propre de la loi des hommes que de corriger/réguler la loi de la jungle.

  6. Abdel le breton ancien Abdel on April 15th, 2008 at 12:34 pm

    @laurent,
    Le maroc ( petit pays après tout ) n’a pas le monopole de ces pratiques ( bien que , faut-il le rappeler, ces pratiques ne sont que le fruit de suppositions : rien d’officiel . A ma connaissance , personne n’a été pris la main dans le sac et jugé ) ..
    Ceci dit, s’elles existent ; leurs pratiques ailleurs ( Europe, Etats unis) ne seraient être une excuse pour les pratiquer au Maroc .
    Aussi, doit-on rappeler, que même le plus grand pays du monde, les USA, qui est aussi le pays où la garantie de l’information financière est la plus fiable , avaient connu des défaillances à ce niveau , on peut donner pour exemple Enron ( Un géant mondial de l’énergie) qui a failli à la règle de la transparence comptable qui a entraîné sa chute ( sa disparition) .
    On peut rappeler que ce scandale avait également entraîné la chute du prestigieux et géant ARTHUR ANDERSON pour falsifications comptables pour ce même Enron.
    Cette affaire a été révélée en 2001 ( et bcp d’autres dans cette même période : Vivendi Universal , en France à l’époque de Jean-Marie MESSIER, celui là même qui a permis l’entré dans le capital de Maroc Télécom et en être majoritaire aujourd’hui encore).
    C’était au moment de la dégringolade du marché financier.
    Moralité, le couperet tombe souvent quand les choses vont mal.
    On ne peut pas exclure qu’il en sera de même au Maroc, si demain les choses vont mal .
    Maintenant , tout va bien : il n’y a aucune raison de demander des comptes ! .
    En tout cas , c’est comme cela que les choses semblent fonctionner dans la pratique ; dans le monde entier : Quand les choses vont bien, on a aucune raison de demander des comptes.
    D’ailleurs, je me permets cette observation, la France reste l’un des pays où le contrôle des informations financières des sociétés , par la COB tout comme par le gouvernement ( quelque soit la couleur politique : gauche ou droit), est le moins présent .
    Aux états unis le gendarme SEC, tout comme la justice , veillent au grain et peuvent se montrer d’un très grande sévérité . On l’a vu avec ENRON, avec ARTHUR ANDERSON et d’autres encore récemment dans une moindre échelle.

    Quant au billet de larbi, en attendant d’y apporter plus de profondeur, je lui dirai qu’il en va ainsi en bourse : les profit warning, annoncé tardivement, ( c’est la matière qui a initié son billet ) de l’ONA et la façon dont cela s’est passée est propre à toute les sociétés dans le monde . La communication de l’ONA ne diffère pas de celle qu’on a vu il y a moins d’un moins chez BEAR STEARNS : moins de 3 jours auparavant , on annonçait que la banque n’était nullement concerné par le crédit crunch , 3 jour plus tard c’est le contraire , le titre perd 98% en 2 séances.

  7. Abdel le breton ancien Abdel on April 15th, 2008 at 12:40 pm

    @Laurent

    Précision avoir avoir lu les commentaires d’autres intrevenants .
    Quand je dis “Le maroc ( petit pays après tout ) n’a pas le monopole de ces pratiques )” je ne parle pas de l’anarchie sur les routes, le manque d’thique dans les administrations … etc

    ICI JE PARLE UNIQUEMENT DE L’ASPECT : COMMUNICATION DES ENTREPRISES

  8. @Abdel le breton ancien Abdel
    Sur ce point, je partage entièrement ton commentaire.

    Et je rajoute et ça ne t’engage en rien :)
    Aux Etat-unis ces infractions sont considérés comme des crimes et peuvent valoir une bonne 20aines d’années aux responsables. Ceci peut se comprendre par la nature du système américain qui veut que l’épargne retraite n’est pas garantit par l’Etat. Faillite -> t’es fauché par un train.

    En France, au pire, on a pour 3/5 ans de prison, quand ce n’est pas avec sursis. Et ceci car la faillite n’entraînera pas mort d’homme, le contribuable venant en aide.

    Au Maroc, l’actionnariat reste un sport de riche…

    Dans le cas de Maroc Telecom je sais que leur communiqué doivent répondre aux normes du CAC40. Est-ce qu’il y a une différence notable entre ceux de MT et de l’ONA ?

  9. Abdel le breton ancien Abdel on April 15th, 2008 at 4:28 pm

    @7didane
    Je ne connais quasiment rien sur l’ONA ! Mais à priori on peut imaginer que sa communication peut être aux normes des marchés mondiaux .
    Quant à Maroc télécom, il n’est dans le CAC40. Il est éligible au SRD ( pour des raisons qui m’échapent : n’étant pas liquide : un volume quotidien endémique 40.000 titres échangés en moyenne).
    Mais on peut raisonnablement imaginer qu’il est aux normes parisiennes.

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