« Mon voisin a vendu à 20 000 du m2 et c’était à 18 000 il y a 2 mois » … « Le programme immobilier a pratiquement été vendu en totalité dès le 1er jour de la commercialisation » … « il y a une crise du foncier, c’est pour cela que les prix ne peuvent qu’augmenter ». Pour appréhender le marché de l’immobilier l’acheteur individuel, en l’absence de sources d’informations fiables, est exposé à la rumeur. La rumeur jusqu’à présent c’était : c’est cher, beaucoup plus qu’hier mais beaucoup moins que demain. Le moteur de la spéculation dans sa plus simple expression.
La presse internationale parle depuis quelques mois de la crise de l’immobilier aux Etats Unis, en Angleterre, en Espagne, en France … mais qu’en est-il du Maroc ? La presse marocaine a du mal à aborder ce sujet. Manque notamment de données fiables, manque certainement aussi de connaissance du sujet immobilier relativement récent au Maroc.
Ce que tout le monde constate c’est que les promoteurs communiquent beaucoup plus depuis quelques mois (il rappellent même les prospects, ce qui est du jamais vu). Moi-même, comme professionnel de l’immobilier, je suis sollicité régulièrement par des promoteurs pour commercialiser leurs programmes. C’est nouveau car il y a peu ils prétendaient, jusqu’à peu, ne pas avoir besoin d’intermédiaires. Le même agent qui prétendait que son programme immobilier était vendu en totalité m’avouait en réalité ne pas avoir fait une seule vente depuis 6 mois, depuis la fin du Ramadan 2007 me disait-il.
La rumeur est à double tranchant. Elle peut servir où desservir celui qui en abuse. La rumeur qui court aujourd’hui c’est que la crise est là. Avérée ou non, elle commence a se propager et elle fera beaucoup de dégâts dans les têtes. C’est cette rumeur inverse qui bloque aujourd’hui toute décision d’achat.
Difficile de demander des comptes aux promoteurs immobiliers marocains, plutôt habitué à l’opacité. Sauf que depuis quelques temps la bourse est passée par là. Le groupe Addoha, promoteur immobilier introduit en bourse récemment, a une obligation légale de communiquer ses chiffres et ses perspectives. Les journalistes et les analystes financiers vont donc naturellement se tourner vers ses dirigeants pour leur demander leur avis sur l’ampleur de la crise et son impacte sur l’activité futur du groupe. Il sera intéressant de bien les écouter à ce moment là …
PS : Casawaves à la chance d’avoir quelques (très bon
) analystes financiers comme lecteurs. Si quelqu’un peut donner son avis sur la valorisation du titre Addoha, il est le bienvenu.