Une défaillance de CGI et d’Addoha en 2009 ?
Ce billet aurait pu s’appeler « CGI et Addoha : plus fort que Google ».
Le PER (Price Earning Ratio) désigne le rapport de la capitalisation boursière d’une société sur ses bénéfices nets. Par exemple le PER des sociétés du CAC40 est actuellement de 11 environ par rapport à leurs estimations de bénéfices 2007 (source France Bourse).
Au Maroc on est sur une autre planète. Le PER de la bourse de Casablanca est de 24.7 (1). Les deux promoteurs immobiliers, CGI et Addoha sont sur des valorisations « hallucinantes ». CGI s’échange avec un PER de 155 quant à Addoha le PER est de 86 (1).
Valorisations « hallucinantes » ? Pour avoir une idée, il suffit de comparer avec d’autres titres. Le titre Kaufman & Broad affiche actuellement un PER de 7. Normal, la crise de l’immobilier est passée par là et les investisseurs sont méfiants. Google, société dynamique s’il en est, est aujourd’hui valorisée sur un PER de 34 par rapport aux bénéfices de 2007.
CGI fait donc 4 fois mieux que Google en terme de performance boursière.
Ces valorisations sont assises en partie sur des promesses « époustouflantes ». Le business plan de la CGI présenté pour son introduction en bourse en août 2007 prévoyait une multiplication de son chiffre d’affaire par 20 en 5 ans (2). Mohammed Jamaï dans le journal hebdo du 12 au 18 avril 2008 émet de sérieux doutes concernant ces chiffres :
A y regarder de plus près, les objectifs ont été atteints à l’arraché. Le résultat d’exploitation correspond, à 600 000 dh près, à celui annoncé lors de l’IPO. Le résultat courant est inférieur de 2,5% et le résultat net est de 12% supérieur aux prévisions grâce à des cessions de foncier dans de bonnes conditions. En clair, les bénéfices de la société sont en ligne avec le business plan du fait de l’explosion du foncier.
Addoha, plus prudente, promettait tout de même début 2007 une multiplication par 7 de son chiffre d’affaire sur 4 ans (3). Cette progression repose en grande partie sur le développement de l’immobilier de haut standing (4) :
Entre 2008 et 2010, le segment du haut standing devrait représenter 51% du chiffre d’affaires et 44% des bénéfices.
Sur ce point on peut avoir quelques doutes. D’une part ce métier est nouveau pour le Groupe Addoha, qui ne faisait jusqu’à présent que de l’immobilier économique. D’autre part, la série d’articles publiés sur Casawaves consacrés à Fadesa (voir en bas de ce billet), montre que le rachat de 50% du groupe Fadesa devrait poser rapidement quelques problèmes au groupe Addoha. En effet les espagnols ont laissé derrière eux (5) des projets non terminés (Saïdia) et des projets commercialisés dans des conditions douteuses (Atlas Golf Resort). Enfin et surtout l’immobilier au Maroc, comme partout dans le monde, traverse une période de doutes. Il ne sera pas facile dans ces conditions de convaincre les acheteurs de programme de standing, surtout aux niveaux de prix pratiqués actuellement.
Les résultat de l’année 2007 ont étés conformes avec les prévisions. Ces deux sociétés devraient donc être relativement « tranquilles », et maitriser leur communication financière pendant l’année 2008. Il sera intéressant de voir début 2009 si les promesses sont au rendez-vous.
Le cours de bourse de ces deux sociétés sont un baromètre de l’immobilier au Maroc. Tant que les marchés valoriseront ces deux société suivant les ratios indiqués, il ne faudra pas attendre de baisses significative. En revanche, une défaillance de l’un ou l’autre des deux groupes lors de la présentation en 2009 des résultats 2008 pourrait marquer le début du dégonflement de la bulle immobilière au Maroc.
En conclusion peu de chances de voir baisser les prix de l’immobilier avant 2009.
Articles à (re)lire :
- L’avenir de FADESA au Maroc (1) ?
- L’avenir de FADESA au Maroc (2) ?
- L’avenir de FADESA au Maroc (3) ?
- Bulle immobilière au Maroc (1)
- Bulle immobilière au Maroc (2)
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1 : Source « La balise des marchés » le journal hebdo du 12 au 18 avril.
2 : Source « Les promesses de Mustapha Bakkoury » (le journal hebdo)
3 : Source « Addoha table sur un résultat net de 3,62 milliards DH en 2010 » (la vie éco)
4 : Source note de recherche CFG groupe janvier 2007.
5 : On parle aujourd’hui d’un rachat total (source le journal hebdo).
Installé à Casablanca je dirige Casavisa (www.casavisa.com) une agence immobilière à destination des professionnels. Vous pouvez aussi consulter la rubrique Immobilier Casablanca sur mon blog.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

Lors de ton dernier article, laurent, sur addoha, je me suis intéressé à l’actualité boursière de casablanca. J’ai regardé en particulier, Addoha.
La première impression qui m’est venue rapidement : valeur hautement spéculative.
Au vu de sa grosse capitalisation boursière ,63 Md de dirhams environ à la dernière clôture, comparée au faible volume de transactions échangées quotidiennement ( moins de 20.000 titres – environ 120 millions de dh– échangés quotidiennement sur 12 mois : d’avril 2007 au 4 avril 2008 - je me suis arrêté à cette date du 4 avril 2008 car il semble qu’un split ou recapitalisation ait eu lieu le 7 avril 2008 faisant presque diviser le titre par 2 - ) ; on ne peut s’empêcher de faire le parallèle , étrangement similaire, avec la bulle internet et start up des années avant le craque de 2000 . En effet , faible volume de transactions , grosse capitalisation boursière et montée considérablement impressionnante des cours en peu de temps ( ce phénomène avait d’ailleurs attiré les médias, à l’époque, du monde entier, qui faisaient la course pour inviter les jeunes, et moins jeunes, chefs d’entreprises devenus milliardaires en l’espace d’un rien de temps . Le phénomène avait déclenché des démissions massives des cadres de leurs grosses entreprises à la recherche d’idée pour monter une entreprise sans chiffres encore mais fortement valorisée en bourse sur la base de prévisions et business plan).
Cet aspect rend la valeur dangereusement spéculative et à la merci de très peu de gens ( 120 millions de dh échangés par jour, ça peut être moins de 50 millions de dh de liquidité effective : il faut tenir compte des échanges en day trading qui font plusieurs aller/retour – achats/ventes – par jour et qui font gonfler le volume de transactions quotidiennes )
Au vu, donc, du volume de transactions quotidiennes ( très faible ), il suffit d’une poignée de traders (et c’est ce qui se passe) pour faire baisser ou monter la valeur de façon considérable ( elle peut doubler tout comme baisser de moitié ou largement plus en une séance) .
Il y a d’autres aspects qu’on peut mettre en lumière pour en faire ressortir la réalité des choses.
Mais cet aspect est suffisamment important pour comprendre que la valeur peut s’avérer très dangereuse de par le peu de gens qui « la trade » : ils peuvent décider de l’orientation du cours – faute de beaucoup d’intervenants - , ils doivent être également au courant de la réalité de la valorisation boursière puisqu’ils sont à l’origine de sa montée .
Le défaut d’analystes et banques de renom s’intéressant ou très peu, de temps à autre, à des entreprises de cette taille, rend la tâche ardue, au grand nombre du public, pour avoir des données et analyses financières abondantes qui permettent de juger de la santé et l’opportunité ou non d’investissement dans ce type d’entreprise. Investir dans ces conditions revient à jouer au Casino.
En résumé , la valeur en bourse de addoha a largement les caractéristiques d’une valeur hautement spéculative et de ce fait peut difficilement refléter la santé de l’entreprise, sauf quand les choses vont très mal ( grosses difficultés financières rapprochant l’entreprise d’une banqueroute et à la recherche de capitaux ou de sauveurs ).
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Un autre moyen pour avoir une idée de la santé de addoha est de comparer ses performances en bourse avec celles de Maroc Télécom, entreprise bien plus solide au Maroc : si les performances en bourse de Maroc Télécom sont bien en dessous ( je crois que oui, bien que je n’aie pas regardé) de celles de Addoha, il y lieu de se montrer prudent .
@Abdel
Même impression d’avoir avec les promoteurs immobilier marocains introduits en bourse une communication et un parcours de Startup : multiplier par 20 le chiffre d’affaire, un PER de 155, même Google n’en est pas capable.
Ce que tu mets en évidence (faible volume d’échange / cours facilement manipulable) est à rapprocher du mandat permettant au conseil d’administration d’Addoha de racheter ses propres actions pour maintenir le cours :
CARACTERISTIQUES DU PROGRAMME
- Titres concernés : actions ADDOHA
- Prix maximum d’achat et de vente : MAD 3800
- Prix minimum d’achat et de vente : MAD 2650
- Nombre maximum d’actions à détenir : 400 000 (soit 2,96% du capital)
- Somme maximum à engager : MAD 1 520 millions
- Durée du programme : 18 mois
- Calendrier : du 02 juillet 07 au 31 décembre 08
2.96 % du capital c’est 8 % des actions introduite en bourse (35 %). C’est peut être beaucoup plus des actions effectivement détenues par les petits porteurs. Comme le volume échangé est faible, cela permet en effet de maintenir/manipuler le cours à peu de frais.
Enfin, concernant les analyses des banques locales, il est aussi probable qu’elles sont intéressée à la bonne tenues du titre, soit en tant que conseil, partenaire (pour placer du crédit immobilier aux clients d’addoha) actionnaire ou tout simplement pour placer ces titres “merveilleux” à leurs clients.
Les promoteurs immobilier introduits en bourse c’est de la double spéculation. C’est un titre spéculatif (en bourse), assis lui même sur de la spéculation (immobilière). Autant dire que c’est explosif. Je pense que cela peut tenir jusqu’à la fin de cette année, mais début 2009 au plus tard, je pense qu’il faudra faire les compte.
Bonjour, Au regard ce j’ai lu dans ce site (excellent mais je pense que c’est pour fin Q4 2008 , prenons note les compagnies aeriennes, compagnies américaines, ste françaises, anglaises et enfin les banques mêmes plans mêmes stratégies jusqu’au bout la veille pour le lendemain donc attention à vos actions en banques et vos acquisitions sur plan sans la granties des notaires)
et d’autres blog exemple celui ci cité en dessous : http://www.casawaves.com/2007/12/27/bulle-immobiliere-au-maroc-2/#comment-4445
et au regard des commentaires pertinents je confirme qui les points concordent à vitesse variables versus la tendance des marchés au monde,
Or notre marché immobilier marocain insiste et persiste tout va bien, impossible de se remettre à l’évidence, est ce par l’ignorance, l’incompétence ou ces promoteurs prennent nous les marocains pour des vaches à lait et pomper jusqu’au bout et jusqu’à la dernière goûte.
Je pense que c’et leur droit d’essayer de mentir, d enfumer et brasser l’air.
J’ai peur seulement pour les pertes d’emploi de nos compatriotes et la disparition de ces promoteurs en infra de seconde, je m’inquiète pas pour eux ils ont déjà les valises prêtes pour planter nos banques, notre fiscalité administrative, planter notre Maroc et aller commencer ailleurs, comme l’histoire ne fait que recommencer malheureusement.
Espérant que notre ministère de logement se met à actionner au plus vite et limiter la casse.
Ils doit faire cesser les hausse des prix des produits de construction parallèles pour ne pas bloquer les moyennes et les petites familles et pour d’autres raisons…….
On ne va jamais à la rencontre de ce qui est en route “Proverbe ivoirien”
@Laurent,
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tu m’empêches de finir un dossier que je dois rendre obligatoirement lundi Matin et retourner au Maroc voir mon fils
Tes sujets sont trop intéressants pour échapper à l’envie d’y répondre
@Laurent,
Tu dis ” Je pense que cela peut tenir jusqu’à la fin de cette année, mais début 2009 au plus tard, je pense qu’il faudra faire les compte.”
Laurent , c’est difficile de prévoir le timing, le marché de la spéculation a ses règles et il fonctionne beaucoup en contrariant ( c’est un phénomène très connu dans le cadre de la spéculation ). Il n’est pas exclu – mais peu probable – que l’immobilier voit une flambée début 2009 quitte à s’effondrer littéralement quelques mois après – personnellement , je n’achète pas en ce moment, mais je ne sais pas à quel moment je peux acheter –.
Les spéculateurs tiennent énormément compte des considérations psychologique de la masse. Ils surprennent dans le sens contraire, ils confortent la masse , toujours optimiste, dans l’idée que ceux qui parlent de crise sont des « maboules » , c’est le meilleur moyen pour eux de ne pas perdre de l’argent et en gagner davantage.
Songer, que la fin d’une embellie peut être signalée, pour les pspéculateurs, par l’abondante communication des médias de masse de cette embellie : c’est en partie l’une des raisons pour lesquelles le grand public qui veut faire dans la spéculation achète quasiment au plus haut et par voie de conséquence perd beaucoup : le pire c’est d’acheter au plus haut, on est jamais sûr de retrouver ces niveaux même si on attend longtemps ( des dizaines d’années des fois ne suffiront pas).
Songer également que la fin d’une crise , peut également être signalée par la même communication abondante des médias de masse; télévision radios , journaux …– ce n’est pas qu’ils trichent, mais l’info n’intéresse les médias de masse que lorsqu’elle se produit, ces médias ne sont presque jamais des leaders, mais des suiveurs.
Une chose en revanche est certaines : un excès spéculatif se corrigera toujours, et des fois de façon très douloureuse pour ceux qui sont pris dans son tourbillon.
Les conditions ne sont, certes, pas favorables, un baril de brut à presque 117 $ ce vendredi et un prix exorbitant à la pompe , ( déjà au Maroc, je ne suis pas certains que le sans plomb continuera à être paye 11dh 36 – je ne sais plus d’ailleurs si c’est 11 ou 10 — , un prix déjà élevé, dans les prochains mois.)
Un immobilier à des niveaux extrêmes … etc
Tout est en place pour une correction, mais l’humain de par sa nature optimiste , un peu mystique , et aussi de peur, ne supporte pas d’envisager l’idée d’ un fiasco même quand il est dedans des fois.
Les acteurs des marchés connaissent parfaitement ces aspects, ils ont des moyens colossaux aussi bien financiers qu’en terme d’outils d’analyses techniques … etc
Petite correction :
j’ai dit :
“Songer également que la fin d’une crise , peut également être signalée par la même communication abondante des médias de masse; télévision radios , journaux …– ce n’est pas qu’ils trichent, mais l’info n’intéresse les médias de masse que lorsqu’elle se produit, ces médias ne sont presque jamais des leaders, mais des suiveurs.”
J’entends :
“Songer également que la fin d’une crise , peut également être signalée par la même communication abondante de la crise par les médias de masse; télévision radios , journaux …– ce n’est pas qu’ils trichent, mais l’info n’intéresse les médias de masse que lorsqu’elle se produit, ces médias ne sont presque jamais des leaders, mais des suiveurs.”
@Abdel
Sans être un spécialiste de la place de Casablanca, il semble quand même qu’il y peu de sources d’informations financières indépendantes :
Les journalistes, par manque de temps ou de connaissance reprennent bien souvent les communiqués de presse des sociétés sans regard critique. Le nombre d’analystes financier est limité. Difficile de dire du mal du titre qui reste une valeur de référence.
C’est pour cela que je pense que la communication peut être tenue une année de plus sans trop de soucis. En revanche en début d’année prochaine il faudra communiquer des résultats.
@Laurent
Je souscris, dans l’ensemble.
quant aux analystes, Il est plus que probable que le marché casablancais souffre de pénurie . Du reste, je vois mal d’excellents analystes passer beaucoup de temps sur le marché casablancais. Il est trop petit comparé aux places financières européennes , américaines et asiatiques. Alors tant qu’à passer du temps autant le passer sur des marchés liquides et autrement porteurs .
Pour les journalistes des mass médias, c’est difficile pour eux d’apprécier une publication à sa juste valeur , et encore moins de la mettre dans son contexte : ils égrènent des chiffres .
Dixit Jean-Pierre GAILLARD, pourtant dédié spécialiste des marchés depuis longtemps .
Sur ton secteur, au vu de l’opacité combinée à la rumeur renforcée par les gardiens d’immeubles et samsars ( je ne ris pas c’est vraiment la vérité ), l’alerte viendra en premier ( on l’a vu il y a peu : article de l’économiste , je crois, parlant de l’inquiétude des notaires) des professionnelles du secteur : agents immobilier et notaires.
Et je peux confirmer, que j’ai un ami, Français qui a une agence à Marrakech, qui me dit avoir fait, très difficilement , 3 ventes depuis le début de l’année 2008, alors qu’il en faisait 4 par mois en moyenne, les années précédentes.
@Abdel
> l’alerte viendra en premier ( on l’a vu il y a peu : article
> de l’économiste , je crois, parlant de l’inquiétude des notaires)
> des professionnelles du secteur : agents immobilier et notaires.
pas certain car ces informations sont souvent échangées “sous le manteau”. Peu de gens ont envie d’ébruiter ce genre de choses. En face la force de frappe (en terme de communication) des promoteurs est énorme.
@Laurent,
c’est “sous le manteau” que j’entends . Qui s’abruitera par médias interposés très lentement.
Je ne le sais que trop bien : les stat officiels n’existent pas ou existent mais pas pour le grand publique. ( Je pense en avoir parlé dans un commentaire : http://www.casawaves.com/2007/12/27/bulle-immobiliere-au-maroc-2/#comment-4461).
A suivre .
Bonsoir a tous,
Les marchés financiers devancent toujours les résultats. Il est impensable que si les résultats du groupe Addoha pour 2008 sont mauvais, les initiés seront au courant bien avant leur publication et que donc ils vendront avant que le grand public soit informé.
Le rachat de ses parts par Addoha pourrait être un bon signe s’il s’agissait d’une société ne nécessitant plus de cash. Cependant je vois mal comment ils pourraient soutenir la croissance annoncée sans cash. Il s’agit donc forcément d’un désinvestissement, ralentissement de la croissance. En rachetant leurs actions ils cherchent à limiter la casse mais ce ne sera que de courte durée a moins qu’ils ne rachettent toutes leurs actions ce qui est bien évidemment impossible.
Il est possible aussi que certaines “erreurs de comptabilité” viennent se mêler de cette affaire. En effet tout ces programmes immobiliers sont “vendus” sous forme de promesses d’achat. Ces promesses d’achat ne sont pas forcément supportées par des acomptes significatifs.
J’avais moi même fait deux promesses d’achats que j’ai retirées à cause de retard de livraison, je n’avais versé aucun acompte. Si ces groupes ont comptabilisés ses “ventes” en ventes alors il faudra probablement faire un réajustement qui pourrait être significatif.
Bien sûr cela ne sera mis en évidence que par les successeurs des dirigeants une fois la crise bien avancée.
Je m’étonne par exemple d’avoir été rappelé récemment par l’un de ces programmes (avec deux ans de retard). Tout a coup il semblerait qu’il y a ait des disponibilités dans des programmes soit disant vendus il y a deux ans. L’autre programme m’avait rappelé il y a un an.
Et en effet il ne faut s’attendre a ce que la presse fasse autre chose que de recopier les résultats des communications des grands groupes.
Moi aussi je crains que beaucoup de travailleurs marocains soient touchés par cette crise inévitable. Si au moins ils pouvaient se préparer, mettre un peu d’argent de coté. J’espère qu’il n’en résultera pas une grande instabilité pour ce pays.
@Jean Vincent
C’est bien vu concernant le programme de rachat : cela n’a en effet aucune logique si ce n’est pour soutenir un cours qui baisse. Peut être en fait (c’est ce que je crois) la vente du titre par les initiés a déjà commencé.
Concernant les programmes soit disant “vendus”, le programme Atlas Golf Resort par exemple a été prévendu en bloc à des intermédiaires. Dans la comptabilité de Fadesa le programme est un succès car il apparait (pré)vendu. Cela permet a Fadesa (en 2007) de se vendre dans de bonnes conditions à Addoha.
Sauf que ces intermédiaires ne pourront eux même revendre le programme. On peut imaginer la suite du scénario.
On peut imaginer par exemple que le management d’Addoha pourrait bientôt parler des “erreurs de comptabilité” de l’ex partenaire espagnol, pour ne pas faire porter la responsabilité au management actuel.
Le plus grave est que toutes ces acrobaties ont des conséquences négatives (parfois dramatiques) pour les marocains. Cette spéculation renchérit le cout de la vie (logement, matière première, …) sans développement solide de l’économie et augmentation des salaires. Une récession, probable, pourrait avoir de graves conséquences.
Je viens de trouver une autre information concernant le programme de rachat d’actions. Il a été modifié en Mars 2008 :
http://www.maroc212.com/Addoha-Un-programme-de-rachat-des.html
C’est en effet étonnant car le programme initial de rachat (en 2007) stipulait :
Cela signifie que le groupe Addoha est disposé a consacrer la quasi intégralité de ses réserves financière pour ce programme de rachat.
Cependant la notice prend soin de dire :
Bonjour à tous,
Ravi de ces points bien détaillés et qu’ils sont des bons indices de la réalité du notre marché immobilier marocain.
J’ai eu quelque retour que le marché immo commence à se négocier vers la baisse pour déstocker.
J’aurais aimé vérifier de votre coté pour casa et pour rabat, se sont des villes du baromètre et balance économique de notre pays.
Une réflexion lors d’une commission, pourquoi pas commencer à taxer tous les biens vides avec des taxes variables selon les revenus des contribuables ou selon leurs richesses familiales patrimoines immobilières et boursières, que pense vous pour la régularité de notre structure habitat?
Ciblage/ les sociétés et les personnes physiques incluant les liens parentaux et autres pour limiter les transferts physiques et les percussions des coûts des taxes §
Merci
On ne va jamais à la rencontre de ce qui est en route “Proverbe ivoirien
@M.Issam
Concernant une baisse ou une augmentation des prix c’est vraiment difficile de savoir :
- il n’y a pas de statistique fiable ou officielle
- même si le prix de vente était connu, il faudrait ensuite savoir quelle part de montant non déclaré comprends la transaction.
- il y a une véritable omerta pour cacher une éventuelle défaillance du marché : le promoteur, le vendeur, le banquier, l’agent immobilier, le gouvernement ont tous intérets, pour différentes raisons, à vous cacher la réalité des choses.
Je le précise de nouveau, mon agence n’est pas spécialisée dans la vente mais plutôt dans la location.
Il y cependant quelques données qui sont propices à une baisse :
- la baisse des transaction est réelle à Casablanca : un confrère agent immobilier me disait ne pas avoir fait de transaction depuis la fin du ramadan. Baisse attestée par l’augmentation de la communication des promoteurs pour vendre leurs programmes.
- les prix à l’achat (voir un billet précédant) est aujourd’hui déconnecté du rendement locatif. Comme je l’ai indiqué, le prix de 15 000 dh est le maximum a payer à Casablanca pour un bien très bien bien situé et sans défaut. On a dépassé ce prix depuis quelques temps.
Il ne reste plus qu’à attendre la défaillance de quelques promoteurs immobiliers pour acter la fin de la période spéculative et attendre une véritable baisse.
Sinon l’idée de taxer les bien vides me semble une très bonne idée : cela dynamiserait le marché immobilier.
H/Sujet urgence !!!!
Nous citoyens marocains soutenons Younes Fennich et condamnons l’acharnement des autorités makhzeniene marocaines à son encontre. La liberté de lutter contre la corruption, de penser et d’écrire est une valeur démocratique fondamentale qui prime sur les intérêts des néo-makhzeniens corrompus. Par cette pétition nous demandons de réhabiliter le caïd Younes Fennich dans ses droits.
Pour signer directement la pétition en ligne
http://www.thepetition.eu/petition/petition.php?idp=http://fennich.blogs.nouvelobs.com/
pour savoir plus
http://fennich.blogs.nouvelobs.com/
[…] Tourisme « Une défaillance de CGI et d’Addoha en 2009 ? […]
Malheureusement, meme si l’initiative est appréciable cher Laurent, je pense que tu t’es basé sur les mauvais comparable et la démarche incomplète.
En effet, pour pouvoir comparer des PER, il faut prendre des entreprises dont l’activité est en tout points comparable. Entre Google et Addoha, l’activité n’a rien à voir. Si dans le premier cas les revenus (ou C.A ou sales, c’est comme on veut) suivent une courbe lisse, dans l’immobilier celle ci l’est beaucoup moins. Pour preuve, si un promoteur immobilier est en cours de réalisation de chantiers, son C.A sera très faible et pourtant le prix de son action sera élevé. Pourquoi ? Parce que d’une année à l’autre son C.A explosera lors de la mise en vente des stocks (logements, bureaux) qu’il aura produit.
Or comme tu le sais, le PER 2008 est calculé comme étant le rapport entre le prix actuel et les earnings esperés de 2008. Si mes chantiers ne sont pas finis en 2008, ça veut dire que j’ai des earnings faibles, donc que mon PER explose. En effet, le prix ne repose que très peu sur le ratio du PER, et il comprend les bénéfices à venir en 2008 certes, mais aussi 2009, 2010 2011 etc.
Un deuxième point consiste en le fait qu’une entreprise à revenus surs sera tradée à un PER supérieur à une autre à revenus plus risqués. Normal. Ainsi, si les revenus de l’immobilier sont plus sur que les revenus des activités TIC, il est tout à fait normal que le PER immobilier soit supérieur à celui des TIC.
Enfin, mis à part le PER qui ne tient pas compte de la structure d’endettement d’une société (plus elle est endettée, plus son bêta est élevé, donc volatile), il faudrait plutôt voir en plus de cela d’autres multiples comme l’EV/EBITDA, EV/EBIT, etc.
Je n’ai pas réalisé l’exercice, mais je pense qu’en regardant ces ratios la en plus de ceux que tu as déjà réalisés, nous pourrions peut être dresser un tableau plus complet de la situation.
Ceci dit, je te félicite pour ton article qui a déjà posé une question qui mérite que l’on s’attarde dessus.
PS : concernant le programme de racaht de Addoha, c’est la garantie que le cours ne va pas tomber au dela de 1950 dh et monter au dessus de 2750 dh.
L’entreprise va soutenir le cours de sa propre action en cas de baisse en dessous de 1950 et ne suivra plus au dessus de 2750.
@Hmed
Je suis tout à fait d’accord sur la démarche empirique de la comparaisons avec d’autre marchés. Cependant avec des PER de 150 affichés par rapport aux résultat de 2007, on est clairement dans quelque chose d’anormal.
@Hmed
Citation
“PS : concernant le programme de racaht de Addoha, c’est la garantie que le cours ne va pas tomber au dela de 1950 dh et monter au dessus de 2750 dh.
L’entreprise va soutenir le cours de sa propre action en cas de baisse en dessous de 1950 et ne suivra plus au dessus de 2750.”
Fin de citation .
Dans ce “PS”, sans entrer dans les détails techniques qui peuvent être à la fois complexes et fastidieux, je relève le « c’est la garantie que le cours ne va pas tomber au dela de 1950 »
C’est extrêmement dangereux de penser cela . La bourse, par définition, ne garantie jamais le cours d’une action, fut-ce par son entreprise. Ce serait trop facile sinon !.
Si c’est le cas ce sera un aubaine pour l’investisseur qui lui a tout à y gagner.
En revanche la 2ème partie du « PS », me semble plus nuancée : « L’entreprise va soutenir le cours de sa propre action en cas de baisse en dessous de 1950 … »
« Soutenir » le cours est une chose en « garantir » un minimum en est un autre .
On peut soutenir mais pas si les ventes de titres sont massives et les conditions sont défavorables.
La chance que pourrait éventuellement avoir une action comme Addoha, c’est , peut-être « je n’en sais rien », l’absence de hedges Funds – dont l’absence me paraît plausible au vu de la taille de la place Casablancaise , trop petite -et peut-être aussi l’absence de short ( je ne sais pas la vente à découvert est autorisée sur la place de Casablanca) .
@Hmed
Je dirais la même chose qu’Abdel. Le rachat d’action est quelque chose d’autorisé à condition que ce ne soit pas un outil de “manipulation de cours”. Le soutien du cours abusif n’est non seulement pas permi mais en plus il peut être fait dans certaines limites. Le groupe Addoha par exemple ne peut racheter qu’au maximum 3% de son capital. Si il y a un trop fort mouvement à la baisse, il ne sera pas possible d’enrayer la chute de l’action.
On est bien d’accord : quand je dis garantie ce n’est pas une garantie absolue, mais bel et bien une forte supposition.
Il est vrai qu’en cas de chute brutale des cours, Addoha ne pourra pas faire gd chose, meme avec les 3% autorisés on est bien d’accord
Dans tous les cas, le rachat des parts par le groupe Addoha, se traduira par une diminution des réserves en cash.
Cela rendra la construction de futur projets plus difficile et/ou plus cher (recours au crédit). Dans ce cas il y aura une diminution des bénéfices futurs et donc le PER est probablement trop élevé.
A moins que le groupe est dégagé de tels bénéfices que le marché immobilier ne justifie pas de conserver ces sommes. Mais cela veut probablement dire que les dirigeants ne s’attendent pas à une croissance formidable dans les années à venir.
Le rachat permet aussi, très facilement, à certains investisseurs éclairés (légalement ou non), de vendre en profitant au moins sur une partie du capital d’un prix de rachat plancher quasi-garanti.
@Jean Vincent
Je pense aussi comme toi que le programme de rachat devrait permettre à certains investisseurs de sortir à un prix quasi-garanti.
Encore une fois on est d’accord.
Sauf que là ou je ne suis pas d’accord avec toi J.V c’est que le programme de rachat n’est
1) Ni prioritaire sur les programmes de développement
2) Pas mauvais pour Addoha si elle n’a pas de projet avec un TRI supérieur à ses propres actions.
Mais on peut débattre de cela des années durant sans tomber d’accord.
C’est un peu le serpent qui se mord la queue …
@Hmed
> (le programme de rachat) n’est pas prioritaire sur
> les programmes de développement
On n’en sait rien car la notice faisait apparaitre que la direction d’addoha avait toute liberté pour racheter ses propres actions. L’objet (bien vague) indiqué dans cette même notice est “régulariser le cours de l’action”. Nulle trace d’optimisation des dividendes …
Quoi qu’il en soit réponse dans les prochains mois …
Bonjour;
For you information.
Crise immobilière au Maroc : loi contre spéculation
Pour lutter contre la spéculation dans l’immobilier au Maroc, le gouvernement marocain tente de lancer un plan d’action en limitant le prix du mètre carré. Afin d’éviter une éventuelle crise immobilière au Maroc de la même type que le …
Source : http://tamnsorte.com/2008/04/20/crise-immobiliere-au-maroc-loi-contre-speculation/20080420
Cordialement
On ne va jamais à la rencontre de ce qui est en route “Proverbe ivoirien