La crise financière qui secoue les bourses, les banques et les professionnels de l’immobilier a pour l’instant épargné le Maroc. Certes le marché marocain, en l’absence de convertibilité de la monnaie, est relativement déconnecté/protégé des autres places financières mais on peut se demander si cela va durer.
Pour simplifier, le scénario de la crise dite des « subprimes » provient d’un excès de liquidité. On a construit des produits financiers indexés sur les transactions immobilières pour offrir des placements à forte rentabilité. Il suffisait alors d’encourager ces transactions, en facilitant l’accès au crédit, pour faire monter les rendements de ces placements. L’augmentation des transactions faisait augmenter les prix et tant que les prix de l’immobilier montaient, le système fonctionnait. En claire on avait de la spéculation financière assise sur de la spéculation immobilière : une double bulle qui a fini par éclater.
Au Maroc on parle aussi d’excès de liquidité pour expliquer l’engouement de la bourse de Casablanca. Pour satisfaire ces capitaux, on a créé des produits financiers basés sur l’immobilier : les introductions en bourses des promoteurs immobiliers (CGI et Addoha). Cependant, on se retrouve avec un scénario similaire : une spéculation financière assise sur une spéculation immobilière s’entretenant l’une et l’autre.
Comme pour les subprimes il suffit que les ventes ralentissent pour que la crise survienne. A mon avis cette crise a déjà commencé. Une défaillance d’Addoha ou de la CGI est envisageable en 2009 … ou même avant.