Vacances au bled (le ciel, les oiseaux et les MRE)

En cette fin de journée chaude et ensoleillée, la grosse BMW (« de location » estiment les uns) immatriculée « bleu blanc rouge » déboule dans le quartier du marché et de la Mosquée de Maârif, à Casablanca. Et comme si les passagers n’avaient pas été suffisamment remarqués, il monte le son à fond les ballons, quand ce n’est pas le ton, en sortant de la voiture en roulant des mécaniques avec leurs habits griffés « Réussite ». Pendant ce temps, les fidèles ne vont pas tarder à rejoindre la mosquée, tandis que d’autres palabrent calmement en terrasse de café.

Cette scène, nombre de Marocains l’ont en tête et à l’approche des beaux jours, mais elle revient comme une arête de poisson dans leurs conversations. Cette scène, qui affiche « the gap » entre les MRE -les Marocains résident à l’étranger- et les Marocains -tout court- se passe aussi bien à Rabat, Casablanca, Marrakech, Agadir, etc. Quand ça ? En période de vacances.

Avec les premiers rayons de soleil, nombre de discutions tournent autour de ces deux sujets : les vacances d’un côté, l’arrivée des MRE de l’autre. Amel travaille dans le communication et se plaît à rappeler une anecdote : « Chez Marjane, on reconnaît les MRE a deux choses : « La boîte de camembert dans une main, la bouteille de rouge dans l’autre ». « C’est comique même si dans le fond cela ne nous fait pas vraiment rire, nous les marocains », conclut-elle. Et le béret basque ? Elle n’en a pas fait mention. Normal, avec cette chaleur. Mais remarquez, un tarbouche bleu serait de bon ton. Une façon intéressante de réunir les couleurs de la France avec une touche locale. Soit une belle réconciliation.

Cette entrée a été publiée dans Tourisme, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.