« Bonjour, Je voudrais ouvrir une clinique dentaire à Casablanca … »
En ouvrant ma boite mail ce matin je trouve le message suivant :
Bonjour ,
Je vcoudrais ouvrir une clinique dentaire à Casablanca …
Que me conseillez-vous et autres information ?Je suis Franco – Algérien .
Merci de me répondre ,
Cordialement ,
Un peu court – la forme et le ton ont toutes les raisons de me faire douter du sérieux de la demande (ce qui est peut être une erreur) – Passons. Voici la réponse que j’ai faite.
1) De manière générale, prenez votre temps pour identifiez vos concurrents. Si votre activité est peu ou pas développée au Maroc, essayez de comprendre pourquoi. Faites attention de ne pas sous estimer la concurrence locale : vous commencez quoi qu’il arrive avec un handicap. Identifiez vos points forts, notamment ceux qui vous permettront de conserver un avantage vis à vis de cette concurrence.
2) Concernant les cliniques dentaires (et le tourisme médical), sur le papier cela constitue un marché intéressant pour le Maroc :
- Le traitement des dents est cher en Europe.
- Les infrastructures touristiques marocaines sont performantes.
- Les coûts sont inférieurs au Maroc.
- Le client français préférera confier sa santé à un praticien parlant sa langue.
Parmi les freins que j’ai identifié pour le développement de cette activité.
Manque de notoriété:
Le Maroc n’est pas connu comme une destination pour ce type de prestations (comme c’est le cas pour la Hongrie par exemple). Il faut il me semble faire un effort de communication pour se faire connaitre et rassurer les clients. Dans le domaine médical, la relation de confiance est essentielle.
Manque de compétences:
La Hongrie par exemple met en avant l’excellente de ses universités. A ma connaissance le Maroc dans le domaine médical, comme partout ailleurs, a du mal à former en nombre suffisant des spécialistes. Il faut tenir compte des surcouts induits (formation ou embauche à l’étranger).
Ceci étant dit je pense qu’il y des places à prendre dans ce domaine à condition :
1) De bien communiquer (Internet devrait le permettre).
2) D’identifier les prestations qui peuvent être traitées en volume tout en restant rentables.
3) D’avoir des moyens pour embaucher (ou fédérer) suffisamment de spécialistes pour rassurer les clients.
4) De rester patient, car le développement d’une nouvelle activité prend du temps.
MAJ : Voici le commentaire d’Hicham Benbrahim, chirugien dentiste installé à Casablanca (au passage je vous le recommande, c’est lui que je consulte chaque fois que j’ai des travaux dentaires à faire) :
bonjour,
la loi interdit aux étrangers non nationalisés de s’installer en privé au maroc; sans parler de l’équivalence des diplômes étrangers qui devient de plus en plus difficile à obtenir. les universités des pays de l’est ( hongrie, Pologne, etc..) sont les mal appréciées ici au Maroc par le ministère. je pense que les dossiers se traitent cas par cas.
les cliniques à Casablanca n’en manquent pas, il faut se distinguer et avoir un don commercial pour séduire la clientèle et se placer parmi les grand en terme de volume et d’apparence. la qualité des soins (a mon sens) reste subjective dans ces structures.
si vous comptez ouvrir une clinique dentaire a Casablanca spécialisée dans le tourisme dentaire, vous ne pourrez pas vous en sortir sans faire appel à des agences spécialisées pour le recrutement des patients touristes, comme c’est le cas des cliniques des autres pays qui ont choisi cette voie. C’est un créneau purement lucratif et rentable si on se donne tous les moyens. Par contre si vous êtes du genre “praticien minutieux consciencieux” cette activité ne vous conviendra pas.
Le contacter : admin@cabinetbenbrahim.com
Prendre rendez-vous : (+212) 22 98 80 69
Son cabinet dentaire: http://cabinetbenbrahim.com/
Son blog : http://hbenbrahim.canalblog.com/
Tags: Tourisme, Tourisme médical
Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

En tant que franco – algérien, ce praticien a peu de chance de voir aboutir une autorisation pour exercer au Maroc, si c’est le cas le médecin marocain peut exercer aussi en France ou en algerie.
Les dentistes ce n’est pas ce qui manque au Maroc, mais c’est le prix des sons et surtout des prothèses qui coûtent chers….les dentistes sont partout au Maroc.
Ce dentiste est à orienter plutôt du côté d’oran, ou il peut avoir une clientèle frontalière marocaine.
Ça doit être le cas pour toutes les professions à ordre…il n’est pas facile d’y être intégré quand on change de pays.
Ayant un ami qui a ouvert une clinique dentaire à Tanger, je peux répondre sur certains points :
- la procédure d’autorisation est assez longue, elle se base sur des diplômes. Tout dépend de où les études ont été faites. Mon ami, bien que marocain, avait fait ses études en Tunisie et en France. Ses diplômes tunisiens disposaient d’équivalents ‘automatique’, pas les français. Dans le domaine médical, la langue d’études compte beaucoup, car il faut pouvoir communiquer avec des clients arabophones.
- Comme pour tout au Maroc, la procédure est assez longue et complexe. En l’occurrence cela a coincé parce qu’il avait fait une spécialisation extrêmement pointue en France, “sans équivalence” au Maroc. La solution a été simplement d’oublier de valider cette spécialisation, qui de toutes façons ne lui était pas nécessaire pour exercer.
- L’autorisation est demandée dans la ville où on souhaite s’installer, mais elle est donnée par Rabat, et valable pour le pays entier.
- Il y a dans des grandes villes une clientèle pour des soins privés, de qualité, comme il y a des besoins hospitaliers. Si on sent que “ça coince”, notamment parce qu’on n’est pas marocain, l’engagement de participer à des actions de santé publique (médecine volante dans les douars reculés) peut être une bonne façon de lever l’obstacle.
- Selon cet ami, qui s’est installé à Tanger à cause du travail de sa femme, au lieu de Rabat, où ils voulaient initialement aller, il y a des possibilités de développer facilement un cabinet dans la plupart des grandes villes marocaines.
La première chose à faire est de se renseigner à Rabat pour savoir quels sont les restrictions pour les médecins étrangers.
En revanche, Laurent, un médecin n’a pas le droit de faire sa pub sur internet, code de déontologie oblige. Un blog personnel reste possible, mais il ne peut pas vraiment être compris comme un “instrument publicitaire”.
@Marie-Aude et Casaport
Merci pour ces précisions.
> En revanche, Laurent, un médecin n’a pas le droit de faire sa
> pub sur internet
Certainement, mais la clinique, comme établissement commercial peut communiquer (http://dentaire-maroc.com/) ou une plateforme d’intermédiation (http://www.tourisme-dentaire.com/)
bonjour,
la loi interdit aux étrangers non nationalisés de s’installer en privé au maroc; sans parler de l’équivalence des diplômes étrangers qui devient de plus en plus difficile à obtenir. les universités des pays de l’est ( hongrie, Pologne, etc..) sont les mal appréciées ici au Maroc par le ministère. je pense que les dossiers se traitent cas par cas.
les cliniques à Casablanca n’en manquent pas, il faut se distinguer et avoir un don commercial pour séduire la clientèle et se placer parmi les grand en terme de volume et d’apparence. la qualité des soins (a mon sens) reste subjective dans ces structures.
si vous comptez ouvrir une clinique dentaire a Casablanca spécialisée dans le tourisme dentaire, vous ne pourrez pas vous en sortir sans faire appel à des agences spécialisées pour le recrutement des patients touristes, comme c’est le cas des cliniques des autres pays qui ont choisi cette voie. C’est un créneau purement lucratif et rentable si on se donne tous les moyens. Par contre si vous êtes du genre “praticien minutieux consciencieux” cette activité ne vous conviendra pas.
Bonjour,
Au Maroc, la nationalité n’est pas importante au regard des textes sur l’autorisation d’exercer mais elle l’est pour le droit de séjour et de travail. A ce jour, beaucoup de praticiens algériens ou français, formés en France ou en Algérie exercent déjà au Maroc.
Le diplôme par contre est déterminant. Un diplôme issu d’un pays de l’est est assez mal coté et un stage d’une année au sein d’une faculté dentaire marocaine est exigé de son titulaire.
Au demeurant, les facultés marocaines sont reconnues internationalement. Celle de Casablanca est la première faculté dentaire certifiée ISO 9001 version 2000 dans la région au sens large (Europe du sud, Afrique et Monde arabe). Elle dispense, en plus de la formation de base au doctorat en Médecine Dentaire, l’ensemble des formations de spécialité. Les candidats bénéficiaires de ses formations (tous admis sur concours) ont un niveau international reconnu comme en attestent leurs résultats dans les concours de sélection post-doctorat au niveau des pays européens ou encore leur contributions remarquables dans les grands congrès internationaux.
Certaines cliniques Casablancaises sont certifiées Iso 9001 version 2008 et assurent un niveau de soins systématiquement documenté, cas par cas, mesurable et reproductible, donc loin d’être subjectif. La traçabilité des soins étant garantie, elles reçoivent une clientèle marocaine et internationale et certaines d’entre elles maitrisent les prises en charge spéciales: (VIPs avec un agenda contraignant) permettant de réaliser l’ensemble du plan de traitement dans un délai très court (Hommes politiques de premier plan, dirigeants de grands groupes, particuliers fortunés, etc). Des “DDT : dental dream teams” Ad hoc sont souvent constituées pour ces cas. Elles sont formées par les médecins de la clinique et par des collaborateurs externes autorisés a exercer au Maroc, rodés au travail en équipe et triés sur le volet en fonction des besoins du plan de traitement. Cette « patientéle » spéciale est souvent accompagnée par son propre staff médical qui intègre l’équipe soignante en tant qu’observateur. Les séances sont longues mais permettent de réaliser des réhabilitations complètes au deux maxillaires en 3 à 5 jours. Ce type de prise en charge, assez rare dans le monde, place les cliniques Casablancaises en position de challenger des meilleures cliniques suisses et américaines dédiées a ce type d’exercice et en particulier vis-à-vis de l’Afrique subsaharienne et du monde Arabe et Musulman.
Tout le potentiel et la force d’un pays comme le Maroc est qu’il peut prodiguer des soins de qualité avec uns grande maitrise des couts et des délais.
Si le Maroc n’est pas aussi connu que la Hongrie ou la Turquie dans le domaine du Tourisme ou du nomadisme dentaire, c’est essentiellement parce que l’offre reste embryonnaire (3 ou 4 cliniques a Casablanca), la ou il en faudrait 20. Ceci étant dit, il faut savoir que beaucoup de cabinets privés, mono ou pluri-praticiens, sont en position de réaliser la même chose qu’une clinique de 2000m2. Il leur manque peut être juste une meilleure visibilité sur internet et une plus grande implication dans les normes qui, même si elles ne sont pas déterminantes, participent à rassurer le patient nomade. Le succès de la Hongrie ou de la Turquie repose sur une myriade de petits cabinets bien outillés et qui ont su s’engouffrer dans la voie ouverte par un nombre restreint de structures renommées et pionnières. Il doit aussi beaucoup a des instances ordinales qui gèrent sans concession les intérêts supérieurs de la dentisterie (Sécurité, Innocuité et qualité des services rendus aux patients).
La déontologie m’interdit de juger mes confrères mais, de ma position, mon analyse est qu’il y a encore de la place au Maroc pour des praticiens(seuls ou en équipe, en cabinets en clinique) qui placent la qualité au centre de leurs préoccupations.
Cordialement.
Hicham Khayat.