Les euros de la médina …
Le dirham n’est pas une monnaie librement convertible, difficile donc de transformer ses billets marocains en devises étrangères … au guichet de la banque tout du moins. Pour les euros chacun sait qu’il vaut mieux s’adresser à la Médina ou nombre de boutiques font du change de manière informelle …
Alors que l’on pourrait croire qu’il est difficile de trouver des euros, et que tout le monde cherche à faire sortir de l’argent du Maroc, en fait il n’en est rien. Le taux de change pratiqué à la Medina serait proche du taux pratiqué par les banques. Si tel est le cas, on peut supposer que les coffres de la médina regorgent de devises étrangères, seule explication d’un taux si favorable !.
On peut alors se demander d’où viennent ces euros ?
Si la première activité informelle génératrice de devises est le trafic de cannabis (1), on peut en déduire que les trafiquants transforment en volume leurs euros en dirham pour réinvestir ensuite au Maroc.
Le gouvernement est probablement au courant et tout cela est à la fois logique et prévisible. En pratiquant une politique favorable à l’investissement, les premiers intéressés sont logiquement les « investisseurs » de la drogue. Non seulement certains secteurs sont porteurs, mais la législation anti-blanchiment est bien plus faible au Maroc. Tout cela ne fait qu’encourager le retour des euros de la drogue.
On peut au passage regarder du coté des recettes en devise du tourisme comptabilisées par l’office des changes. Ces recettes sont anormalement élevées au Maroc (Presque 3 fois supérieures à celles obtenues par la Tunisie). L’explication officielle est que le Maroc pratiquerait un tourisme « haut de gamme ». Difficile à croire ! On peut aussi imaginer que le change des « touristes » permet de transformer facilement les euros (de drogue) en dirham : un marocain se présente au guichet avec un passeport étranger, coche la case touriste et change en toute légalité ses euros.
Tout ce qui précède est difficilement quantifiable mais l’augmentation des prix de l’immobilier dans les principales villes du Maroc, dont Casablanca ne s’explique pas uniquement par la demande étrangère ! Une anomalie parmi d’autre, à Casablanca, est le prix élevé des transactions sur les cafés. On parle de 500 000 euros pour des affaires qui ne valent probablement pas plus de 100 000 euros.
Et le gouvernement dans tout cela ?
Le ministre de l’économie, M Mezouar, déclairait il y a un mois :
La mise en place d’un mécanisme de lutte contre le blanchiment des capitaux n’a pas d’impact sur la flambée des prix que ce soit dans le secteur de l’immobilier ou dans d’autre secteur. “L’évolution des prix dépend de facteurs économiques et financiers qui diffèrent d’un secteur à l’autre”, rappelle-t-il.
D’une certaine manière l’absence de volonté réelle de lutter contre le blanchiment est peut être tout simplement de la bonne gestion : cela permet à ces “exportateurs” marocains de placer leur argent dans l’économie locale, plutôt que de l’investir ailleurs. Le Maroc a besoin de devises pour acheter ses matières premières et les euros de la drogue sont certainement nécessaires au fonctionnement de l’économie locale, mais ça, le statistiques officielles ne vous le disent pas …
(1) Relire l’article « Sarkozy ne parlera pas du cannabis Marocain »
Installé à Casablanca je dirige Casavisa (www.casavisa.com) une agence immobilière à destination des professionnels. Vous pouvez aussi consulter la rubrique Immobilier Casablanca sur mon blog.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.


@Laurent
> Le taux de change pratiqué à la Medina serait proche
> du taux pratiqué par les banques. Si tel est le cas,
> on peut supposer que les coffres de la médina regorgent
> de devises étrangères, seule explication d’un
> taux si favorable !.
Laurent, je ne sais pas dans quelle mesure cette éventaulité est un fait avéré !
je serais preneur d’une info qui confirmerait un taux de change ( à la vente ? à l’achat ?) à la médina proche de celui des banques .
J’ai sourcé cette information sur 3 personnes différentes sur une période d’un an. Difficile cependant d’en faire une règle générale … c’est pour cela que je suis aller chercher du coté du tourisme, de l’immobilier et des déclaration du ministre de l’économie pour avoir confirmation de cette hypothèse : les euros du trafic du cannabis se réinvestissent fortement au Maroc.
Interception d’un hélicoptère en provenance du Maroc avec 560kg de cannabis.
Un hélicoptère en provenance du Maroc transportant de la drogue avec 560kg de cannabis à été intercepté dès son atterrissage suite à une opération par la section de recherches de Montpellier avec l’appui d’importants moyens aériens et de 40 gendarmes du GIGN.
Un hélicoptère en provenance du Maroc transportant de la drogue avec 560kg de cannabis à été intercepté dès son atterrissage suite à une opération par la section de recherches de Montpellier avec l’appui d’importants moyens aériens et de 40 gendarmes du GIGN.
Neuf personnes sont en garde à vue depuis Lundi après-midi ; un ancien président de la chambre de commerce de Corse-du-Sud déchu de son mandat après une condamnation judiciaire, le gérant d’une société d’hélicoptères d’Ajaccio et plusieurs Corses. Le “butin” serait estimé d’une valeur de 600.000 euros.
Ce trafic , souvent deux fois par mois durant depuis 2006 se déroulait de la manière suivante : un hélicoptère, loué en France, chargeait la drogue au Maroc, puis volait jusqu’en France à très basse altitude pour déjouer les radars . Un avion radar Awacs a été mobilisé pour surveiller discrètement l’hélicoptère à plusieurs milliers de mètres d’altitude et des gendarmes du GIGN s’étaient discrètement infiltrés dans la zone d’atterrissage de l’appareil pour donner le feu vert à d’autres gendarmes du GIGN chargés d’interpeller les malfaiteurs présumés.
AFP
C’est vrai que les recettes du canabis sont confondues avec celle du tourisme.
avec des formules à 150 ( tout compris ) par touriste facile de faire le calcul.
On ne comprend vraiment rien de ce qu’il veut dire celui là
Il y a de plus en plus d’hôtels, de restaurants et autres qui pratiquent le taux de change officiel.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que le dirham a grimpé. Quand il était proche de 1 pour 10, il était facile d’arrondir, mais maintenant la différence est trop importante. Et quand le taux de change “officieux” devient plus cher que les retraits aux automates de carte bleue, le touriste fait ses calculs, et le petit changeur baisse sa com.
Conclusion: la Tunisie doit se mettre au canabis?
Je déconne
Ta conclusion sur les propos de S Mezouar est un peu hâtive.
Certes il y a les euros du cannabis, mais il y en a toujours eu, et one ne produit pas plus de “chocolat” qu’hier. Donc oui ça participe, mais je n’abonde pas dans l’idée que cela soit une des principales raisons de la flambée récente.
@Amine
Certes il y a toujours eut du trafic. Ce qui semble cependant nouveau (et encourager le retour des devises) c’est que :
1) L’Europe, comme le faisait remarquer abdel, est plus vigilante depuis le 11 septembre en ce qui concerne le blanchiment.
2) Le Maroc offre des opportunitées d’investissement (bourse et immobilier) plus diversifiées depuis quelques années, et le volume de transactions permet de “cacher” plus facilement les opérations de blanchiment.
les euros de la medina c”est 50000 euros pour les mraocains et 550000 euros pour les corses.
donc les euros de la medina sont là pour alimenter la medina, mais le reste ( 95% ) est dans les banques corses dans ce cas.
Bonjour
Pour information, des banques changent l’euros en Dh sans aucun justificatif bancaire et sans demander quoi que ce soit comme pièce d’identité au demandeur. Les files d’attentes devant les guichets comme à Marrakech permettent à tous donc de blanchir de l’euros au taux correct (pas les guichets de l’aéroport…)sans même avoir affaire à des petits changeurs non officiels.
Les gros trafiquants de la drogue doivent certainement avoir d’autres combines ou nous les sous-estimerions à notre avis….
Philippus