Le promoteur immobilier Alliance Développement sera introduit en bourse à partir de demain. La société compte lever 1.996 milliards de dirhams en échange de 26.5% de son capital. L’opération valorise cette société à 8.7 Milliards de dirhams.
La notice d’introduction rappelle judicieusement les valorisations des sociétés équivalentes.
| Addoha | CGI | Alliance développement | |
| Capitalisation |
60.6 MMdh | 45.3 MMdh | 8.7 MMdh |
| PER | 86,2 | 164,7 | 47,6 |
Cette valorisation, comme ses concurrents, suppose une forte croissance de l’activité sur deux segments : les projets de luxe (de type résidence + golf) et l’immobilier résidentiel et tertiaire.
Sur la notice, on apprend que les projets de type « Ressort Golfique » sont au nombre de 4, pour un montant total d’investissement de 16 milliards de dirham alors que l’habitat intermédiaire représente 23 milliards (soit 30% sur des projets de luxe). Le groupe pense pratiquement doubler chaque année son chiffre d’affaire et son résultat et cela sur les 3 prochaines années (2008 – 2010).
La notice d’introduction fait 274 pages, annexes comprises. Si elle détaillées (au point de nous donner le nom de l’anti virus installé sur les postes informatiques – trendmicro), il me semble cependant qu’il manque des informations importantes. Concernant la capacité du groupe de vendre ses projets de standing à l’étranger on nous indique simplement que :
Le groupe dispose d’un réseau de partenaires de renommée internationale. Lé réseau développé par le groupe à l’international permet d’atteindre une clientèle privilégiée et la commercialisation dans les meilleures conditions de la production.
Les facteurs de risques semblent quand à eux fortement minorés (tenant sur une page et demi). On s’étonnera de l’absence de toute référence à la conjoncture internationale, ou sévit (semble t’il?) l’une des plus grande crise du moment. Visiblement l’immobilier au Maroc, dans l’esprit de ses promoteurs, semble immunisé.
Globalement les stratégies affichées par les promoteurs Marocains (introduits en bourse) ne me semblent pas réalistes. Elles s’appuient toutes sur le fort développement d’un immobilier de standing, générateur de fortes marges. On peut douter que les programmes vendu à plus de 2000 euros le m2 trouveront tous preneurs : la clientèle étrangère n’est pas/plus là – les amateurs de golfs, très sollicités, n’iront pas tous au Maroc.
En revanche, ce qui semble plus réaliste, ce sont les projets d’immobiliers « résidentiels et tertiaires » à destination d’une clientèle locale. Mais sur ce point, pour toucher la clientèle locale, il faudra être plus rigoureux sur les prix, ce qui signifie qu’il ne semble pas réaliste d’espérer conserver des marges aussi importantes que celles promises dans les business plans.
Comme pour Addoha ou CGI, il sera intéressant de vérifier fin 2008, si ces promesses (mirobolantes ?) ont été tenues.