Immobilier au Maroc : trop cher ?

L’immobilier Marocain ne se porte pas bien, c’est en tout cas ce que dit cet article de la vie eco intitulé « Le marché du logement paralysé fait état de la crise immobilière au Maroc » :

«Il y a six mois, nous redoutions une éventuelle crise du logement. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que nous y sommes arrivés». Le commentaire sort de la bouche du responsable des crédits immobiliers d’une grande banque de la place. «Un projet qui demandait une période de commercialisation d’un mois l’an dernier en demande aujourd’hui trois ou quatre», poursuit-il. Ses propos trouvent d’ailleurs écho chez les notaires : «C’est calme, trop calme même !» ; et chez certains agents immobiliers : «Depuis les trois derniers mois? Pas une seule vente !».

Nos amis promoteurs immobiliers ne semblent pas pour autant résolus à lâcher le morceau. Dans le même article le secrétaire général de Fédération National des Promoteurs Immobiliers affirme :

«Et il y a aussi le fait que le rythme de délivrance des autorisations de construire tourne au ralenti», souligne M. Sekkat. A titre d’exemple, la FNPI répertorie un nombre d’autorisations de construire délivrés pour l’équivalent de 48 000 logements en 2003, contre 26 000 en 2007, et 17 900 en 2006. Des chiffres bien en deçà des besoins estimés ! «C’est pour cela qu’il faut être vigilant en utilisant le terme ‘‘crise’’. La demande est aujourd’hui plus forte que jamais!», prévient le secrétaire général de la FNPI.

D’un coté les stocks d’invendus s’accumulent et de l’autre coté le promoteur explique qu’il n’arrive pas a satisfaire une demande, « plus forte que jamais ». La logique marocaine est parfois difficile à suivre …

Comme pour le tourisme, les prix de l’immobilier se sont emballés. Les promoteurs ont augmentés les prix sur la promesse d’une arrivée massive d’étrangers. Avec la crise de l’immobilier mondiale, l’espoir de déferler des charters de retraités anglais ou français désireux d’acheter un bien immobilier au Maroc ne semble plus tenir que du rêve.

La demande intérieure est certes forte mais il faudra accepter de baisser fortement les prix et les marges. Il faudra, je le craint, un électrochoc tant l’écart entre les discours des promoteurs immobiliers et la réalité semble immense.

L’année 2008 sera une année charnière pour le tourisme mais aussi pour l’immobilier. Si les programmes mettent plus de temps à se vendre ce sera le cas aussi pour Addoha, CGI ou Alliance Développement. Autant les petits promoteurs peuvent discrètement décaler leur commercialisation dans le temps, autant les promoteurs présents en bourse auront du mal à le faire sans s’exposer à une forte correction.

La crise immobilière espagnole est devenu évidente aux yeux de tout le monde suite à la quasi faillite de Martinsa-Fadesa. Tant que le cours de bourse des promoteurs marocains atteindront des sommets, il n’y a pas de raison d’espérer une baisse des prix …

À propos de Laurent Bervas

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière spécialisée dans la Location Appartement Casablanca
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