Offshore au Maroc ou en Roumanie ?
Je viens de découvrir le blog d’une SSII Franco/Roumaine (dont je vous conseille la lecture). Ils publient régulièrement les tarifs de leurs prestations et cela donne ceci :
-Tarif des régies (*) en roumanie : 171,30€
-Tarif forfait roumanie : 277,28€
-Tarif journalier moyen des régies France : 425,13€
Une prestation de régie externalisée en Roumanie coûte donc 3 fois moins cher qu’en France!
Je me demande si quelqu’un a des grilles de tarif sur les prestations d’offshore proposées par les SSII au Maroc car j’ai des doutes, compte tenu des salaires pratiqués actuellement, que l’on puisse arriver aux mêmes tarifs ?
MAJ :
Au sujet des salaires, je retrouve dans mes archives un article de l’économiste intitulé “Fissures dans le plan «10.000 ingénieurs»” qui parle du manque d’ingénieurs au Maroc et de la pénurie qui s’installe.
En final c’est plutôt une bonne nouvelle pour les ingénieurs (avec une spécialité en informatique) dont les salaires progressent :
Depuis 2-3 ans, l’Ensem bénéficie aussi de la très bonne météo sur le marché des ingénieurs. Les salaires de ses lauréats commencent à partir de 9.000 DH, voire 12.000 pour certains.
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(*) Le forfait consiste à développer un logiciel clef en main sous la responsabilité du chef de projet de la SSII. Dans le cas de la régie, le travail est réalisé sous la responsabilité du client (ce qui explique que les tarifs de la régie sont moins élevés).
Tags: SSII
Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

Mais à ce que je sache, en Roumanie on ne parle pas Français, réctifiez moi si je me trompe.
Donc si mes infos sont exactes, entre le Maroc et la roumanie pour la France le choix est déja fait.
Heuuu laissez tomber
J’ai cru comprendre que vous parliez spécialement des centres d’appels.
@BlusyDays
Je parlais en effet des prestations informatiques ou les échanges avec les clients sont moins importantes et peuvent se faire en grande partie en anglais.
No problémo
PS : il me semble que le problème des tarifs touche aussi les call centers. En parcourant les offres d’emplois à Casablanca il me semble que le salaire d’embauche a progressé de 20% en 1/2 ans (on est passé de 3500 dh net à 4200 dh ) ? Dans ces conditions le Maroc n’est pas concurrencé par la Roumanie mais par d’autres pays d’Afrique francophone).
Mais qu’est-ce que vous dites ?!
La France aime le Maroc.
Et l’amour a ses raisons que la raison ignore.
Oui mais…Vu que la Roumanie fait partie de la grande famille Europeene, la fuite des cerveaux s’est faite ou et en train de se faire.
Pourquoi un Roumain resterait en Roumanie pour un salaire 4 fois moins (un chiffre lancée comme ca – technique marketing ;->), alors qu’en Allemagne, Hollande etc..etc.. il recherche avidement de la main d’oeuvre qualifé…
Donc je ne vois pas comment le offshoring Roumain dans le domaine de l’informatique peut vraiment etre une operation viable.
Je croit quil faille plutot redouter la concurrence Indienne ou Chinoise dans ce sectoir plutot que Marocaine.
C’est vrai que les choses bougent rapidement : les SSII indiennes (confrontées à des hausses de salaires) commencent elles aussi a être concurencées par les SSII chinoises
l’offshoring indien ! un marché juteux
quelques 30 MM£ d’exportations, les salaires, la main d’œuvre qualifiée, incitations fiscales, l’offre est alléchante
sur un documentaire medi1sat j’ai pu voir qu’un salarié de call-center qui reçoit 170 euros par mois, se doit attirer par le job grâce à l’ambiance du travail et au salaire lucratif
A ceux qui doutent !
La Roumanie est peut etre plus francophone que le Maroc, langue peut etre moins “utilitaire”, mais faisant partie de la culture de l’élite, et qui a tendance à se développer !
voir :
http://www.sommet-francophonie.org/pag.php?pag=romanie_l-itentite_francophone_roumaine_enseignement_en_langue_francaise
et d’autres sources qui le confirment.
pour les centres d’appel, cette ressource pourrait être plus fiable que l’Afrique, même du Maghreb, ou même les bac + beaucoup, sont très éloignés des aspirations des clients qu’ils ont au bout du fil!
Le gag habituel des centres d’annuaires :
“rue de la liberté, vous écrivez ça comment ?”
pourrait disparaitre !
@Claud
Le probleme c’est le volume…sans volume il n’y a pas de futur or je croit que la Roumanie n’est dedié qu’a “un marché de niche”, rien d’autre. La Hongrie aussi devait etre la prochaine Inde…ca n’as pas marché, meme la Pologne a du mal a se positionner…Il faudrait alors aller un peu plus vers l’Est et voir du coté Russe, ils ont le volume, le Marché et l’intellect…
Je dirais que le Maroc devrait developper activement son systeme educatif et a generer un peu plus de volume (de la meme maniere que l’Inde et la malaysie l’ont fait) de cette facon, non seulement il deviendra un acteur dans le secteur mais aussi sera un element essentiel a la modernization de son industrie.
@Claude
Je suis d’accord avec un passant. La ne contient pas le réservoir suffisant pour alimenter les centres d’appels.
De plus, ce qui n’est pas dit par le dirigeants de la SSII roumaine c’est que la roumanie, en entrant dans l’Europe, s’expose plus que le Maroc a des hausses rapides des salaires (c’est d’ailleurs probablement pour cela que la société roumaine prospecte actuellement en asie pour ses développement futurs).
Par rapport au développement Web, le Maroc a pas mal de retard à tous les niveaux comparé aux roumains :
- Humains : Il est difficile de trouver de bons intégrateurs XHTML CSS et impossible de trouver de bons développeurs Flash au Maroc :
Alors qu’actuellement, l’un des plus gros projets Web européens est fait en Roumanie (un site en Flash d’une marque de voiture).
- Infrastructure : Je trouve qu’il est encore très difficile de bosser au Maroc, au niveau de la connexion internet…J’avais écris un article la semaine dernière :
http://www.jdr.ma/articles/iam-un-monde-nouveau-vous-appelle-oui-mais-quand.html
Mais le Maroc peut rattraper ce retard, un de mes clients en France (une grande agence parisienne) m’a affirmé que nous sommes plus flexible que les roumains ou les bulgares…Reste à trouver les ressources
@Mehdi
Le Maroc forme visiblement pas mal de spécialistes java/j2EE et les ingénieurs sont reconnus pour leur compétences techniques.
En revanche je confirme que dans le domaine graphique (ou il est difficile de former des créateurs / un graphiste ne se forme pas qu’à l’école) j’entends nombre de professionnels se plaindre du manque de compétence.
@Laurent,
J’ai donné mon avis sur le sujet que je connais le plus, le Web.
Par rapport au Flash ou XHTML CSS, je parlais de la partie technique et non pas de la création (c’est un autre sujet…).
@Mehdi
ok . bien compris.
Si il y pas mal de développeurs java/j2ee au Maroc c’est que c’est une architecture qui est retenue par les entreprise marocaines (banques, télco, administration) : les école forment encore dans l’idée d’adresser le marché local.
Il faudra certainement attendre encore quelques années pour que l’on trouve des développeur flash (ou dot net) en nombre suffisants pour adresser le marché à l’international (offshore).
Après tout, je peux prendre part au débat, puisqu’avec l’auteur de ce blog, j’ai contribué à le lancer sans le savoir.
Je vais répondre sur un ou deux points qui reviennent dans vos commentaires :
- sur la francophonie. Nous avons à Pentalog Roumanie 90% de francophones parmi nos 200 ingénieurs… bien que comme vous le dîtes, la pratique du français soit moins décisive que dans les calls centers. Le français et le roumain sont des langues relativement sœurs. Nous avons des profs dans chacune de nos agences et il nous faut 3 mois pour qu’un roumain parle un « français d’ingénieurs » suffisant. En revanche, ce qui est très intéressant pour nous, c’est que 100% de nos ingés parlent un anglais de premier plan. Ainsi mon entreprise exporte des services informatiques en France mais aussi en Allemagne, aux Pays Bas, aux US, en Ukraine…
- le niveau des ingénieurs roumains est très élevé, je dirais beaucoup plus que celui que j’ai pu trouver, lors de mon dernier voyage à Casa il y a deux ans… alors que je cherchais de nouvelles solutions. Je ne cherche pas la polémique. 100% de nos confrontations avec des entreprises du Maghreb ont tourné à notre avantage sur la base de la formation et de l’expérience. Toutes pour des clients français.
- A propos de l’extrême orient maintenant. Un Cap Gemini propose du 200€/j en Inde. Nous proposons 180 en Roumanie de province. Nous proposons 155 en Moldavie (ou nous avons 65 collaborateurs francophones sur un total de 75). Nous savons que nous sommes presque toujours moins chers que le Maghreb pour des salaires identiques. Nous disposons d’une école interne (la pépinière Pentalog) qui forme 50 personnes par an en Roumanie-Moldavie et qui assure toute la formation continue des anciens. De même que nous disposons d’un des plus beaux Data Center du marché offshore. Nous voulons répliquer la même structure ultra qualitative en extrême orient… avec un target de prix de 110-120€/j. Le low costing IT est un métier, une spécialité. On ne gère pas les locaux de la même manière ( http://blog.pentalog.fr/design-to-cost-productivite/nombre-de-m2-par-personne-en-offshore-a-la-sauce-trash-pour-changer-un-peu/ ), on forme sans arrêt des collabs, on recrute du matin au soir, on sort une à deux propale par jour et par commercial. On ne gère pas en marge brute mais une marge nette, on fait attention non pas au rapport €/$ mais au rapport d’échange de la monnaie locale ( http://blog.pentalog.fr/offshore-europeen-vs-offshore-mondial/appartenons-nous-au-marche-des-matieres-premieres-a-propos-de-cette-fameuse-zone-dollar/ ), on fidélise en associant ses cadres… C’est toute la structure, y compris administrative et commerciale qui doit être hyper productive pour assurer 50% d’économie NETTE à son client et 20% d’EBIT à ses actionnaires. En Asie, si nos voyages nous confirment que c’est possible, nous voulons améliorer notre performance économique et compléter notre catalogue offshore afin de proposer une offre absolument globale : France, Europe de l’Est, Asie (soit 420, 175, 130), que ce soit en Java, .net, en C embarqué ou en database.
- A propos de call center. Nous n’en avons que très peu : une trentaine de positions qui travaille en français (avec un accent – pour des banques de données), en roumain (3 personnes pour le marché local). En revanche, nous sommes en passe de lancer une offre de helpdesk multilingue français, anglais, russe, allemand, italien, basée sur des personnes au moins trilingue (en Moldavie bien sûr, puisque c’est l’un des rares endroits au monde qui puisse offrir ça. Target de notre principal client : 50 positions. Nous en ajouterons probablement une vingtaine dans les 18 mois.
Maintenant, je voudrais dire que j’aime le Maroc et que la plupart des ingés marocains que je connais sont brillants. Mais je pense que Casashore, en revanche est une espèce d’arnaque… bien involontaire et tenant à des raisons socio-démographiques. Je m’installe aujourd’hui dans un nouveaux pays en 6 mois en général et je suis rentable dès la première année. Le nombre d’ingénieurs marocains disponible localement n’est pas raisonnable et suffisant pour faire face à la demande immédiate. Les efforts de formations et de scolarisation sont très intéressants… à horizon de 10 à 15 ans. C’est tout le problème. Nous verrons alors. En revanche, alors que nous ne sommes qu’une PME, nous avons recrutés 110 personnes en 2007 (essentiellement Java-.Net). Nous avons déjà recruté 80 personnes nettes de TO en 2008 (Java, Embedded C- PHP), soit près de 200 en 20 mois. Je sais que nous n’aurions pas réussi ça Casa..Je conteste donc, même s’il y a du vrai, comme dans tous les pays émergents, que les roumains quitteraient la Roumanie. Je peux même vous dire qu’en ce moment, c’est plutôt ceux qui sont partis qui reviennent.
J’ajouterai un dernier point, Casashore ne semble intéresser pratiquement QUE les entreprises IT françaises. La plupart du temps pour des mauvaises raisons… lorsque leurs propres cadres ne sont pas fichus de parler anglais. Ce n’est pas très bon signe à l’heure où les projets sont caractérisés par une très grande internationalisation des équipes. Un certain nombre de clients français viennent chercher chez nous les ressources anglo-francophones qu’ils ne trouvent pas en France. Dans l’économie de la connaissance, le marché de l’ingénierie est un marché global et forcément multiculturel. C’est très bien comme ça et cette tendance n’est pas prête de s’inverser ( http://blog.pentalog.fr/design-to-cost-productivite/en-facturant-3-continents-au-premier-semestre-pentalog-devient-lamazon-du-service-informatique/ ).
A mon avis, la cause du nombre insuffisant d’ingénieurs en informatique c’est que les principales écoles publiques gratuites marocaines qui forme dans se domaine sont réservées à une élite de matheux, triés sur le volet, qui sont passés par les nombreux filtres que sont le Bac sciences maths, les écoles préparatoires et autres tests d’admission orientés qui se focalisent sur des compétences mathématique qui seront rarement utilisée dans la plupart des spécialisations des nouvelles téchnologie. Par exemple le métier de Programmeur repose plus sur la logique que la connaissance par coeur des différentes forumles et théorèmes plus ou moins avancés
L’option qui reste, celle que j’ai suivie, c’est de s’inscrire dans l’une des écoles privées moins séléctives en ce qui concerne les compétences mathématiques, à condition bien sûr qu’on aie les moyens pour payer les frais de scolarité ainsi que du logement éventuel, ce qui n’est pas une possibilité pour la majorité des bacheliers.
De nombreux bon programmeurs sont issus de domaines différent autres que les spécialisations en mathématiques. Il faut donc DEMOCRATISER l’accès au formations en NTIC pour ésperer répondre aux besoins du marché de l’emploi.
MasterGeek, programmeur dans une société multinationale de production de jeux vidéos au Maroc.