Le classement « doing business » 2009 est disponible. Le Maroc obtient une médiocre 128ème place (129ème en 2008) sur 181 pays notés. En comparaison, la Tunisie se classe 73eme et progresse de 8 places par rapport à 2008.
Les gros points noirs restent (pour moi) la protection des investisseurs (168ème place) et l’exécution des contrats (112ème place). Pour simplifier : facile de s’installer (bienvenu aux « investisseurs »), mais aussi très facile de se faire « dépouiller » et difficile de se faire payer.
Lorsque l’on regarde de prêt le fonctionnement de la justice Marocaine on comprend qu’il y reste du travail.
MAJ (et pour rester « non-politiquement-correct » comme le souligne un comentaire) :
Ce classement met à mal un mythe véhiculé par certaines publication officielles qui mettent en avant “ l’amélioration du climat des affaires ” pour expliquer le développement économique récent. Ce que « doing business » souligne depuis quelques années, c’est que le Maroc fait plutôt du surplace dans le fond du classement.
Certes, la création d’entreprise ainsi que le mouvement des capitaux ont été facilités. C’est une bonne chose, cela m’a permis par exemple (comme beaucoup d’autres étrangers) de créer assez facilement une société au Maroc. Pour beaucoup d’autres choses cependant, faisant le quotidien d’un entrepreneur (ou d’un simple particulier investisseur dans un bien immobilier), il y a encore beaucoup de chemin à faire. La réalité du terrain est qu’il y a un très fort taux d’échec (relire à ce sujet le billet « Créer son entreprise au Maroc, ce n’est pas plus facile qu’ailleurs« ).
Ce que tout le monde peut voir, c’est que le « climat des affaires » s’est amélioré pour quelques grandes sociétés étrangères (Vivendi, Renault, Fadesa, Accor…) qui ont bénéficiées de contacts directs avec les plus hautes autorités de l’état. En revanche pour les petites et moyennes entreprises, le climat des affaires reste toujours difficile sur le terrain.
Ce que je crois aussi c’est que le développement économique récent a été fortement spéculatif : on a vendu un Maroc en devenir (Vision 2010, Plan Azur, Plan émergence). On arrive maintenant dans la période de livraison on l’on pourra voir d’un plus prêt la réalité des discours. Gageons que d’autres propos « non-politiquement-correct » finiront pas émerger.
Le classement complet est ici :
http://francais.doingbusiness.org/economyrankings/