Offshoring : «La mariée était trop belle!»

Au sujet de l’offshoring au Maroc on commence à parler des retours d’expérience. Article de l’économiste du jour au sujet de SQLI, une SSII installée au Maroc :

«La mariée était trop belle!». Venant d’un investisseur, cette sentence lapidaire résonne comme un camouflet. Et l’investisseur en question n’est autre que Bouziane Fourka, directeur général de SQLI Oujda/Poitiers. «On a bien vendu le Maroc et ses potentialités, sans craindre de faire des déçus.

Au Maroc, toutes les entreprises étrangères soulèvent le problème du turnover et de l’anarchie qui règnent dans notre domaine d’activité. Et avec les salaires qui augmentent, le Maroc doit se distinguer par la qualité de ses ressources et de ses infrastructures; sinon, quelle différence avec Madagascar?»

La carence en ressources humaines n’est pas le seul problème auquel SQLI doit faire face. «La qualité de l’accès à Internet à Oujda, les nombreuses coupures d’électricité, la lenteur et la complexité des procédures administratives (les expatriés restent plusieurs mois sans papiers et donc impossibilité d’ouvrir un simple compte bancaire, ni d’avoir un accès Internet chez eux, etc.», autant de problèmes dont se plaint Fourka. Ce dernier évoque aussi les difficultés à se faire rembourser les frais de formation par l’Anapec, bien que les dossiers soient déposés en bonne et due forme depuis plus d’un an.

De nombreuses carences donc, qu’il serait nécessaire de corriger, sous peine de lasser les « investisseurs ». Cela n’empêche pas, dans le même numéro de l’économiste, de continuer à faire dans la communication « champion du monde » sur l’article intitulé « Le Maroc avance ses pions« :

Les délocalisations de services ont le vent en poupe. Le Maroc nourrit de grandes ambitions dans ce domaine. D’ailleurs, il érige ce créneau comme l’un des principaux piliers du programme Emergence.
Selon la dernière étude de la direction des études et prévisions financières sur les opportunités des délocalisations, «ces activités présentent un potentiel considérable et immédiat pour l’économie nationale.

D’ici 2015, elles permettront d’atteindre un PIB additionnel de 15 milliards de DH». Une dynamique qui a été enclenchée par la politique de l’offshoring et dont le pays récolte déjà les premiers fruits. Ainsi, la liste des locataires à Casanearshore se rallonge. De nouvelles sociétés vont s’installer dans le parc, dont Accenture. Au total, l’on parle de 32 enseignes en cours d’installation. L’engouement est de même à Rabat Technopolis. Selon l’étude du département des Finances, les activités de services délocalisées devraient créer environ 91.000 emplois qualifiés à horizon 2015. En procédant ainsi, le Maroc ne fait que se greffer à la tendance mondiale.

D’un coté 15 milliards de PIB additionnel, de l’autre un entrepreneur qui n’arrive pas à faire fonctionner sa ligne internet. Pour l’offshoring au Maroc y’a encore du boulot !!! Allez, j’vous laisse parce que j’ai un ftour ;-)

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À propos de Laurent Bervas

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière spécialisée dans la Location Appartement Casablanca
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