Maroc : si on parlait de la crise (1) ?

Un premier billet qui essaie de faire un bilan économique de la période « Nouveau Maroc ».

Forte baisse de la bourse de Casablanca, marché de l’immobilier à l’arrêt, malgré des signes évidents et concordants, le gouvernement marocain, par la voix de son ministre de l’économie refuse de parler de crise (officiellement la baisse de la bourse « c’est la faute du ftour du Ramadan »). Certes il n’y a pas de « subprimes » dans les banques marocaines, comme le souligne le gouverneur de la banque centrale, mais la crise marocaine, tout comme la crise espagnol n’est pas une crise de la finance. Elle est la conséquence directe de la bulle immobilière.

La crise de l’immobilier s’est installée à la fin du Ramadan dernier, cela fera bientôt un an. Le ralentissement des ventes est dans tous les journaux. Pourquoi un tel acharnement à nier l’évidence. S’agit t’il de retarder ou de croire que l’on peut éviter l’échéance ? Est ce que ce comportement n’est pas finalement symptomatique du « Maroc nouveau » ?

Le « Maroc nouveau », initié par le règne de Mohammed 6 fêtera l’année prochaine ses 10 ans. Il s’est caractérisé par une ouverture économique de type libéral. La génération M6, des manageurs ayant étudiés dans les meilleurs écoles étrangère, ont pris les commande. Pendant cette période le Maroc a été géré comme une entreprise, comme une sorte de Startup à l’échelle d’un pays. Les plans émergence, Azur et autres visions 2010, rédigés par des cabinets de conseil internationaux, étaient de formidable business plan. C’étaient à la fois de plan de communication clef en main à destination des investisseurs et une feuille de route à destination du dirigeants impliqués dans le développement économique du pays.

QUAND L’ETAT TRAFFIC LA REALITE

Pour séduire les investisseurs et « vendre » ce Maroc nouveau les plus hauts représentants de l’état sont devenus de vrais « commerciaux ». La communication promettait d’être agressive, elle le fut incontestablement. La priorité était mise sur le « chiffre d’affaire » (l’afflux de devises) et « l’acquisition de client » (10 millions de touristes). Le Roi lui-même a sorti son carnet d’adresse et a donné l’exemple (1). Le miracle a eut lieu, le vieux navire rouillé s’est mis en mouvement, il emportait dans ses soutes 30 millions de passager (2). Le Maroc n’avait peut être jamais connu une telle fête, tout le monde applaudissait.

Pour « vendre » ce Maroc on s’est parfois arrangé avec la réalité. L’état s’est parfois comporté comme un vendeur d’automobiles qui trafique le compteur pour vous fourguer une voiture maquillée comme une voiture neuve …

A suivre
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(1) Extrait de l’article « Connaît-on le Roi? » (Le reporter) :

Driss Jettou expliquait donc tous les efforts déployés par l’Etat pour encourager les promoteurs à investir au Maroc. Il dit : « Les investisseurs ne sont pas venus tout seuls. Il y en a que nous sommes allés chercher chez eux, d’autres que nous avons relancés plusieurs fois avant de les voir accepter, malgré toutes nos mesures incitatives… ». Puis, poursuivant sur sa lancée, il ajoute : « Sa Majesté ne cessait de nous dire : allez-y, saisissez toutes les opportunités, tant qu’il y en a. Faites tout ce que vous pouvez. Cette fenêtre peut à tout moment se refermer… Sa Majesté s’impliquait lui-même. Il y a des projets que nous n’avons eus que parce qu’il a utilisé son carnet personnel… ».

(2) Il est normal qu’au fond du bateau certains s’interrogent et demandent « Où nous emmènes-tu, mon frère ?« 

À propos de Laurent Bervas

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière spécialisée dans la Location Appartement Casablanca
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