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Maroc : si on parlait de la crise (2) ?

Second billet (*) qui essaie de faire un bilan économique de la période “Nouveau Maroc”.

Comme une Startup Internet

Plus je pense à la période qui vient de s’écouler au Maroc (2000/2008) plus elle me rappelle celle des Startup Internet.

Entre 1995 et 2000 Internet faisait rêver, c’était nouveau et un peu mystérieux. Combien de reportage à la télé, dans les journaux, mettant en scène ces entrepreneurs qui lançaient des sociétés à partir de zéro. On parlait alors de « lever des fonds », de « tour de table » de « business plan » « d’introduction en bourse ». Ces sociétés n’avaient pas encore de clients, juste des promesses de chiffres d’affaires à offrir, du rêve en quelque sorte.

Pour ceux qui y ont participé, ce fut une période complètement folle, euphorique. Trouver des fonds n’était pas très difficile. Il suffisait de savoir faire la « danse du ventre », présenter un bon « business plan » et ensuite susurrer les bon messages aux oreilles des investisseurs.

Lorsque la bulle a éclaté, il y a eu des gagnants et des perdant. A coté des patrons de Startup qui ont su vendre leur société avant la chute, les gagnants furent les banques, les sociétés des communications et tous les fournisseurs (1) qui ont bien profité de cette manne. Les perdants ? Tous les petits investisseurs, les derniers arrivés, qui ont vu leurs économies s’envoler. Les plus gros, mieux informés, s’en sont généralement mieux sortis (ayant pu sortir « leurs billes » un peu avant les autres). Lorsque la bulle a éclaté de nombreuses sociétés ont fermés, des salariés se sont retrouvés sur le carreau.

Début 2000 la bulle de l’immobilier a commencé se former. Les investisseurs avaient besoin de trouver des produits assurant un fort rendement pour remplacer les Startup. Dans cette période le « Nouveau Maroc » a su tirer son épingle du jeu. Le royaume n’avait pas grand-chose à vendre si ce n’est une vision, la promesse d’arrivée massive de touristes. Les « Business plans » (Vision 2010/ Plan Azur) étaient rédigés par des cabinet international prestigieux. Le timing était bon, il fallait aller vite pour profiter de cet argent disponible.

A suivre

MAJ – séance du 30 septembre :

CGI : -2,49 %
ADI :
-5,94%
ADH :
-5,98%

Alliances et Addoha on une nouvelle fois atteint leur maximium de baisse autorisé en une séance …

Relire : Maroc : si on parlait de la crise (2) ?
__________________________
(1) J’étais prestataire de service a cette époque. Une des conséquence la bulle, fut une flambée des salaires et des coûts de la sous traitance. Le prix de vente à la journée d’un informaticien est passé de 400 à 800 euros en l’espace de 2 ou 3 ans. Du fait de la pénurie, les clients payaient cher, sans avoir la certitude d’avoir des prestataires compétents.

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

6 Responses to “Maroc : si on parlait de la crise (2) ?”

  1. Bonjour,

    Sauf qu’il y a pas que du vent au Maroc. En quelques années le Maroc s’est fortement développé. Autoroutes, Tanger Med , Bouregreg, autoroutes et j’en passe. Qu’on nous dise qu’il y a eu des profiteurs , oui , je le sais en voyant les prix de l’immobilier mais le développement est moins virtuel que le laisse paraitre votre « post »

  2. Abdel le breton ancien Abdel on septembre 30th, 2008 at 4:04

    le ftour et les petits malins ont encore sévis, à ceux là il faut rajouter les immatures qui n’ont rien compris à l’économie mondiale et la connecte au contexte mondiale Dixit Yacoubi ( je ne sais pas qui c’est du reste mais un article publié dans un commentaire me l’a fait connaître).
    Les banques et l’immobilier à la bourse de CASA sombrent . Addoha au maiximum des pertes autorisées et les banques dans le rouge dont Attijawafa banque égale au maximum des pertes autorisées -6%( quelle idée cette limitation ) .

    Addoha a pourtant publié des résultats qui paraissent honorables mais le marché ne semble pas en être influencé ! .
    C’est conforme aux prévisions, les notres, tout ça !

    A suivre.

  3. @Spip
    > mais le développement est moins virtuel que le laisse paraitre
    > votre “post”

    Je suis tout a fait d’accord : les infrastructures ont été financée et en restera quelque chose. Le Maroc a de quoi rebondir (Ce que j’essaierai de faire dans la conclusion) encore faut il faire le bon diagnostique pour faire les bonnes prescriptions. Je pense que « Parler de la crise » et de ses origine me semblait une bonne manière de parler d’avenir et des conséquences.

    Cet exercice, de sentir l’environnement économique, est important pour un entrepreneur : cela permet de prendre de meilleurs décisions. Ce n’est pas un exercice facile dans l’environnement marocain ou les informations sont opaques.

    Au passage la suite de la rédaction de cette petite série de billet dépend aussi de vos commentaires. Merci :-)

  4. « J’étais prestataire de service a cette époque. Une des conséquence la bulle, fut une flambée des salaires et des coûts de la sous traitance. Le prix de vente à la journée d’un informaticien est passé de 400 à 800 euros en l’espace de 2 ou 3 ans. Du fait de la pénurie, les clients payaient cher, sans avoir la certitude d’avoir des prestataires compétents. »

    Mouais c’est exactement ce qui est en train de se passer ici avec l’offshoring, le taux du turnover à enormement augmenté au niveau des ssii à casa, une première conséquence est la hausse vertigineuse des salaires des ingénieurs informaticien et à laquelle je ne trouve aucune autre explication hormis la pénurie qui se fait sentir cruellement côté ressources humaines. Ceci s’est d’autant plus accru par le fait que la plupart de ces boites n’investissent pas en leur capital humain par le biais de formation ou de certification, ce qui aurait tendance à fideliser leur collaborateurs.
    Une deuxième conséquence ferait et à court terme que le royaume ne puisse plus être aussi compétitif sur un secteur sur lequel il porte beaucoup d’ambition.

  5. @karim
    Tout a fait d’accord. On observe d’ailleurs la même pénurie et flambée des prix sur l’immobilier :
    - manque de ressource et sur enchère sur les salaire des ouvrier qualifiés.
    - hausse des prix sur matière premières
    - sans parler bien entendu de la hausse du prix du foncier

    Le problème est que cette hausse des prix ne s’accompagne pas d’une hausse de la qualité de services.

    Si l’on prend l’exemple du tourisme, tout le monde peut se rendre compte que les prix ont augmenté (à Marrakech notamment comme dans la plupart des autres villes). Contrairement aux discours officiels le Maroc est devenu une destination cher avant de devenir une destination « tourisme de luxe »

  6. “J’étais prestataire de service a cette époque. Une des conséquence la bulle, fut une flambée des salaires et des coûts de la sous traitance. Le prix de vente à la journée d’un informaticien est passé de 400 à 800 euros en l’espace de 2 ou 3 ans. Du fait de la pénurie, les clients payaient cher, sans avoir la certitude d’avoir des prestataires compétents.”

    c’est justement ce dernier point qui explique ou des amateurs ont commencé a sevir sur le marché informatique français,n’étant pas du domaine,et manquant de professionnalisme qui a fait tant de mal a l’informatique en france,vivement que le métier des SSII soit régulé en france pour empêcher n’importe qui d’y accéder.

    On se demande après avec tant d’amateurisme le la part de certains prestataires et des couts journaliers comment on ne va pas voir ailleurs.

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