Je savais en commençant la série de billet « si on parlait de la crise » que cela interpellerait, cela choquerait. Ce qui n’a pas manqué, notamment dans le dernier commentaire de fatima Zahra Bahedi :
bref vous êtes toujours aussi pessimiste dans vos construction de post.
Franchement, je ne pense pas être vraiment pessimiste par rapport à la réalité de l’économie mondiale. Il n’y a qu’à ouvrir n’importe quel quotidien américain, espagnol, français, russe, chinois, … qui parlent de la crise.
Certes, je suis pessimiste dans le contexte des quotidiens marocains ou semble t’il la crise n’existe pas (*). Est-ce que le Maroc, par une recette magique, serait épargné par la crise mondiale ? La réponse est bien entendu non. Je pense même que la crise est présente depuis la fin de l’année dernière. Elle est seulement masquée par l’opacité qui entoure la communication économique au Maroc.
Opacité ? Opacité par exemple dans les comptes d’une société comme Addoha qui a attendu la limite des obligations légales (c’est-à-dire le 30 septembre) pour publier ses chiffres du 1er semestre 2008 (et qui sont mauvais). Opacité dans les comptes des banques qui n’ont pas publié leur exposition au risque immobilier (Voir mon billet sur Fadesa).
Opacité dans les statistiques officielle où c’est seulement fin septembre que l’on apprend que les Investissements Directes Etrangers ont reculés. Au Etats Unis, on connaît le chiffre des ventes de l’automobile de septembre à la date du 1 octobre, soit le lendemain de la clôture du mois. Au Maroc il faut attendre 9 mois et encore il est difficile de savoir si on vous communique les vrais chiffres.
La réalité c’est qu’une bonne partie de l’économie marocaine est connecté avec l’économie mondiale :
- Coût des matières premières importées …
- Santé des clients à l’export …
- Investissement des étrangers …
- Pouvoir d’achat des touristes étrangers …
- Pouvoir d’achat des MRE …
Ce que je vois c’est que le marché de l’immobilier est à l’arrêt depuis pratiquement un an. Ce que je vois c’est que les entreprises étrangères censées s’installer à Casablanca ne s’installent pas. Parler de la crise c’est accepter de dire que l’on est touché, comme les voisins. Parler de la crise est un préalable à toute mesure efficace pour essayer d’en sortir.
MAJ (Séance du 6 octobre) – le cours de bourse des promoteurs immobilier marocain est actuellement :
ADH : -6,00 %
ADI : -3,51 %
CGI : -3,50 %
Visiblement je ne suis pas le seul à être « pessimiste » ?
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(*) « La crise financière internationale n’a aucune répercussion sur le Maroc », propos du Wali de Bank Al-Maghrib, M. Abdellatif Jouahri repris dans de nombreux journaux.