Le prix de l’immobilier au Maroc

Pour reprendre une conversation entamée avec liam.

La formation du prix de l’immobilier est fortement psychologique. On peu affirmer qu’une véritable “guerre psychologique” a toujours lieu entre :

- D’un coté le promoteur immobilier et tous les vendeurs qui vont essayer de vous convaincre que leurs produits sont une bonne affaire : c’est à dire que les prix vont augmenter.

- De l’autre coté l’acheteur qui se demande si c’est le bon moment d’acheter et surtout au prix demandé par le vendeur.

Ce combat est déséquilibré car aux cotés du vendeur il y a le banquier, l’intermédiaire, l’Etat qui ont intérêt à ce que vous achetiez : cela fait des crédits, des commissions, cela fait tourner l’économie et les moyens médiatiques qu’ils ont a disposition sont énormes.

Si ce combat disproportionné, il l’est encore plus au Maroc ou l’opacité est de mise : pas d’outils pour connaitre l’état des ventes (le nombre et le prix des transaction) pas de véritable presse économique spécialisée, pas d’association de consommateurs pour dénoncer les publicités mensongères. Il facile de désinformer : personne ne peut vérifier si tout va si bien que cela.

La crise de l’immobilier au Maroc est présente depuis la fin de l’année dernière. Il aura fallut attendre le mois de septembre pour que cette information émerge véritablement dans les médias. La crise financière mondiale n’est pas le déclencheur de la crise, juste de révélateur.

L’immobilier qui « krach » à l’étranger, les promoteurs immobiliers marocains qui chutent en bourses, la crise financière mondiale sont de véritable « bombes » qui viennent lézarder la propagande du vendeur qui essaiera de vous convaincre jusqu’au dernier souffle qu’il n’y pas de crise, que son programme se vend comme des petits pains. Mon avis est que ce « combat » est sur le point d’être perdu.

Les prix de l’immobilier vont baisser au Maroc, c’est une certitude. De combien et en combien de temps ? Difficile de le dire. Il faudra certainement encore attendre quelques mois avant de voir de véritables baisses se concrétiser. Tout dépendra de l’état des finances des promoteurs immobiliers … la baisse sera proportionelle aux défaillances.

PS : Au sujet de la « guerre psychologique » on notera qu’il existe encore certaines « poches de résistance ». Il suffit pour s’en rendre compte de lire l’Economiste du jour au sujet de la dégringolade du cours d’Addoha :

Au sein de la communauté financière, on préfère parler d’effet psychologique et de retour de flamme provoqué par l’entraînement Addoha. Le marché marocain ne serait donc « pas directement concerné, sur le court terme, par la dégringolade que connaissent les principales places financières internationales».

En effet, pour les observateurs, « les fondamentaux nationaux demeurent intacts et les sociétés cotées en Bourse se maintiennent, en majorité, dans une logique de croissance ».

«C’est à n’y rien comprendre».

À propos de Laurent Bervas

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière spécialisée dans la Location Appartement Casablanca
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