Quand l’Economiste « parle de la crise ».

Cette fois on parle de la crise au Maroc (*). Voici les titres du numéro de vendredi dernier de l’Economiste :
- Tourisme: Boussaïd anticipe la crise.
- La crise mine le haut de gamme à Tanger.
- La crise, pas là où on l’attend!.
- Pas assez de clients pour le haut standing à Agadir.

Comme le sujet « crise de l’immobilier » a été fortement traité sur casawaves, je choisi de m’attarder sur le sujet « crise du tourisme ». Voici ce que Mohamed Boussaid (ministre du tourisme) déclarait aux journalistes :

« Il serait naïf de croire que le tourisme national ne sera pas influencé par les aléas économiques actuels », met en garde Boussaïd. Pour lui, il faut « absolument préparer une réponse concrète à cette conjoncture imposée ».

Bien que la crise ne nous concerne pas directement pour le moment, il n’en demeure pas moins que l’on est exposé aux conséquences de cette crise. Car, « en période de récession comme celle-là, le secteur le plus vulnérable reste le tourisme ». Evidemment, il dépend en grande partie du pouvoir d’achat. Les pertes de prévisions sur l’Europe qui est notre principal marché émetteur (près de 80% des arrivées),

En tout cas, le secteur dispose de plusieurs atouts qui lui permettent de se maintenir dans des périodes difficiles. « Nous avons quelques points forts pour amortir ce choc : un positionnement haut de gamme, la proximité avec les principaux marchés émetteurs, la politique de l’Open Sky, une offre diversifiée…»,

Peut-on alors parler de recadrage de la Vision 2010, voire de plan d’urgence? « Pas du tout », rétorque le ministre qui d’ailleurs rappelle que « la Vision est pratiquement derrière nous ».

Je pense foncièrement qu’il a plusieurs « bugs » dans la stratégie touristiques développée officiellement. Le ministre parle de nouveau du mythique « positionnement haut de gamme » du tourisme marocain. La réalité est que le tourisme au Maroc est devenu cher (« Marrakech : les prix de la côte d’Azur … ») alors que la clientèle européenne va être TRES sensible aux prix dans les prochaines années.

Pour rejoindre plusieurs commentaires publiés sur Casawaves, le Maroc a une carte à jouer dans la crise qui survient actuellement à sa périphérie, encore faut-il faire le bon diagnostique et choisir la bonne stratégie. Il serait à mon avis plus judicieux de développer une vraie stratégie d’amélioration de la qualité (formation, suivi des professionnels, …) tout en restant extrêmement vigilant sur les prix. A trop communiquer sur le « haut de gamme » sans offrir la qualité de service que l’on est en droit d’attendre on risque de rater les deux cibles.

En résumé : moins de « blablabla » et plus de travail.

(*) relire à ce sujet la série de billets « Maroc si on parlait de la crise » :

- Maroc : si on parlait de la crise (4) ?
- Maroc : si on parlait de la crise (3) ?
- Maroc : si on parlait de la crise (2) ?
- Maroc : si on parlait de la crise (1) ?

À propos de Laurent Bervas

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière spécialisée dans la Location Appartement Casablanca
Cette entrée a été publiée dans Tourisme. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.