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Addoha & M. Belkhayate quel rapport ?

Kamar posait à mon avis une question pertinente :

Peut-on traiter de la même façon, d’une part cet homme (M. Bel Khayate) et son activité, et d’autre part l’entreprise Addoha, son patron, le secteur immobilier ?

Tout d’abord reconnaissons que d’un coté le groupe Addoha est un groupe établi qui pèse plusieurs milliards de dirhams. De l’autre coté nous avons une PME qui éveille rapidement quelques soupçons quand à son sérieux.

Traiter ces deux entreprises me semble cependant pertinent, notamment du point de vu de leur communication. Cela permet de montrer que, malgré une certaine forme de transparence, vous pouvez facilement vous faire manipuler. Ceci est relativement facile au Maroc ou les sources d’informations fiables sont difficiles à trouver et ou les journalistes économiques (ou les analystes financiers) sont à la fois en nombre réduits et soumis de fortes pressions. Je raille souvent les journalistes de l’Economiste mais on peut aussi se dire que derrière ce journal il y a, comme partout ailleurs dans le monde, des intérêts économiques qu’il est difficile de critiquer. Cela explique certainement pourquoi certains articles de ce journal ressemblent parfois des publi-reportages. J’en profite pour saluer une nouvelle fois le journal hebdo et la vie éco qui restent pour moi des sources d’information économique que je trouve très souvent de qualité.

De manière général, le combat entre les entreprises qui ont des moyens énormes pour vous désinformer et le petit porteur ou le petit investisseur est fortement disproportionné. C’est vrai partout dans le monde. C’est encore plus vrai au Maroc pour les raisons que je viens d’exposer.

Mais il y a cependant une bonne nouvelle!

Je suis persuadé qu’Internet permet de rattraper une bonne partie du retard. Sur Internet la visibilité d’un message n’est pas qu’une question d’argent, c’est aussi une question de pertinence. Si votre message est intéressant, si votre combat est juste il a de bonnes chances d’émerger. La libération rapide de Fouad Mortada et de Mohamed Erraji doit beaucoup beaucoup à Internet. Internet a permis notamment aux médias étrangers d’être très rapidement informés et parce que ces même médias pouvaient être lus au Maroc, de pouvoir faire pressions sur les autorités locales.

Parler de M. Bel Khayate au coté du groupe Addoha permet de démonter les mécanisme de la manipulation et voir comment on peut les déjouer. L’affaire de la mine d’or au Mali est il me semble en ce sens un exemple très pédagogique … à suivre donc.

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

12 Responses to “Addoha & M. Belkhayate quel rapport ?”

  1. Merci Laurent du choix.

    Juste, pour dire que Belkayat possede à mon avis, une com’ simple, que je trouve appropriée pour la cible des clients qu’il vise. En plus, je ne sais si c’est du bluff ou du baratin (car en plus, il serait trés fort au poker), car il a donné de sa personne et de sa compétence dans divers conférences et pays.

    Sur le fond, on se fait effectivement manipuler tout le temps, certains plus que d’autres. La bulle internet ou immobilière en est la preuve. Sinon, il suffit de penser à notre ami Colin Powell avec ses cartes sur les ADM en Irak. Et puisque, j’y suis, je pense que tu devrait lancer un thème sur la théorie du complot. Par exemple l’humouriste Bigard, qui c’est laissé prendre au piège sur le 11 septembre.

  2. Abdel le breton ancien Abdel on October 19th, 2008 at 9:41 pm

    @kamar
    “je pense que tu devrait lancer un thème sur la théorie du complot. ”

    C’est simplement risqué de se lancer dans une telle entreprise, d’autant que le sujet est le favoris de bcp de monde .
    A mon avis cela peut dériver très vite et ménera directement à l’accusation des juifs de tous les maux , on ira ensuite faire un tours chez les chiîtes pour les accuser à leur tour … etc .

  3. Oui, Abdel, tu as raison … c’était du 2d degré. Mais, sur le fond, on se fait sacrément manipulé et instrumentalisé. Et pas que pour nos finances.

    Cependant, Laurent a raison de dire que maintenant et dorénavant, avec l’émergence d’internet, et tous les bouleversement qu’il engendre, ça serait de plus en plus difficile de faire gober n’importe quoi au grand public.

    Par exemple, (tu vas dire que j’insiste) dernièrement en France, le feuilleton Charlie-Hebdo & Siné a montré que les lecteurs se font leur idée en comparant et en recoupant l’info, jusqu’à retourner l’affaire en faveur de l’accusé. Sinon Siné n’aurait pas pu lancer son hebdo : Siné-Hebdo.

  4. On ne consomme jamais l’objet en soi (dans sa valeur d’usage). On manipule toujours les objet comme signes qui vous distinguent (cf les zozos chez Paul ou ailleurs affichant leurs derniers téléphones portables… pour ça la société marocaine est un superbe cas d’étude car elle souffre justement d’une boulimie au niveau de la consommation de signes… de marques si vous préfèrez…). qui vous distinguent soit en vous affiliant à votre propre groupe pris comme référence idéale, soit en vous démarquant de votre groupe par référence à un groupe supérieur.

    Malheureusement peu de personnes sont conscientes de leur inscription permanente dans un code. Les règles et les contraintes de signification échappent pour l’essentiel aux individus.

    Le consommateur vit tout ça comme une liberté, comme une aspiration. Il ne les vit pas comme une contrainte de différenciation et d’obéissance à un code.

  5. Abdel le breton ancien Abdel on October 19th, 2008 at 10:23 pm

    @fred
    “Le consommateur vit tout ça comme une liberté, comme une aspiration. Il ne les vit pas comme une contrainte de différenciation et d’obéissance à un code.”

    La contrainte peut être vécu comme une liberté s’elle permet de se sentir en harmonie avec soi.
    Un sportif de haut niveau, par exemple, son univers est fait de contraintes de programmes, il est également liberté puisque c’est un choix délibéré qui en plus permet de s’accomplir .

    Et la liberté ?
    est-ce une liberté de se laisser aller , par exemple, pour ne pas faire comme tout le monde, pour échapper aux codes ?
    Ne pas se laver, ne pas se lever tôt le matin, ne pas se rase, ne pas se faire couper les cheveux, ne pas faire lé ménage chez soi, ne pas ranger, ne pas être discipliné , est-ce une liberté par ce qu’on ne fait dans le code ?

    Personnellement, je pense que dans les contraintes choisies ,par conviction d’y trouver une certaine forme de plaisir , même pour faire , inconsciemment, comme certaines catégories, il y a une certaine forme de liberté .

  6. @Abdel

    Comment va la Bretagne?

    l’exemple du sportif ne marche pas dans la mesure où il a conscience des contraintes, à l’inverse du consommateur qui ne comprends pas toujours ce qu’il y a derrière ses actes d’achats. Une sorte d’idéal de conformité, un besoin de reconnaissance aussi. C’est un asservissement light qui le dépasse. Un truc qui le mets dans une logique d’insatisfaction permanente. La vie du consommateur moyen n’est qu’une succession d’insatisfactions en attente d’être résolue via la consommation de nouveaux gadget, de nouvelles merdes riches en signifiant.

    Rien à voir avec le fait de se couper les cheveux ou d’être désordonné. On peut se lever tôt se raser tout les matins, vivre dans un environnement propre, être discipliné et pour autant avoir conscience de ce jeu de la consommation de signes et s’amuser à y échapper.

    Rien à voir mais j’aime beaucoup Einstein qui avait dans son armoire : 5 pantalons noirs, 5 vestes noires et 5 chemises blanches. Sans allez jusque là je tends de pus en plus vers ce modèle et c’est assez libérateur. Hélas on vit tous un peu à travers le regards de l’autre et c’est pas toujours simple d’échapper aux codes (aux modes, aux tendances, aux “derniers cri”)

  7. Bonjour
    Désolé si je vais un petit peu le discours mais Cher laurent j’ai bien saisi la corrélation des deux phénomènes “Bel Khayate” et ADDOHA”. j’ai trouvé ce passage dans un blog confrère que j’aimerai bien partager avec vous :

    “Si ce n’est de proposer quelque chose pour la cloche d’ouverture de séance à Wall Street. Habituellement ce sont les chefs d’entreprises, les chefs d’Etats, les secrétaires au trésor et autres célébrités qui ont l’honneur de sonner la fameuse cloche du NYSE. Mais aujourd’hui l’heure est grave, alors à situation grave mesure d’exception. Aussi je propose que pour la séance de ce lundi, l’honneur de sonner la cloche soit attribué aux Gnawas …de rien, ça me fait plaisir d’aider pour résoudre la crise. ”

    Cf http://www.larbi.org/post/2008/10/Let-them-ring-the-NYSE-Bells

  8. Abdel le breton ancien Abdel on October 19th, 2008 at 10:53 pm

    @fred
    “Comment va la Bretagne? ”

    Il a fait super beau aujourd’hui .

    j’avoue que c’est un peu le serpent qui se mord la queue. D’un côté le consommateur moyen dont la vie n’est “qu’une succession d’insatisfactions en attente d’être résolue via la consommation de nouveaux gadget” et qui est inconsciemment victime des contraintes des codes et de reconnaissance et de l’autre “”…vivre dans un environnement propre, être discipliné et pour autant avoir conscience de ce jeu de la consommation de signes et s’amuser à y échapper”
    qui est également victime du jeu de la consommation, mais consciemment cette fois puisqu’il se rajoute la contrainte de “s’amuser à y échaper”

    La contrainte consciente serait elle la définition de la liberté contrairement à la contrainte inconsciente ?

  9. Abdel le breton ancien Abdel on October 19th, 2008 at 11:06 pm

    @fred

    “…Einstein qui avait dans son armoire : 5 pantalons noirs, 5 vestes noires et 5 chemises blanches. Sans allez jusque là je tends de pus en plus vers ce modèle et c’est assez libérateur.”

    En plus d’un gros consommateur de la bonne chaire , il était snob ?
    Aujourd’hui avoir une garde robe de ce style, c’est être classé branché , n’est-ce pas ?

    Et puis Einstein c’est Enstein ! D’une certaine manière en l’imitant on fait dans les codes et les contraintes ! non ?.

    Bonne nuit l’ami .
    Je vais aller faire dodo .

  10. Abdel…. il est encore plus tard chez toi que chez moi, t’es sûr que tu veux te lancer dans un débat sur la définition de la liberté? Moi j’ai pas de quoi tenir en café pour la nuit.
    Je voulais juste mettre en avant un mécanisme simple mais invisible de la consommation. Rien de nouveau sous le soleil, c’est du Baudrillard remaché. Et le type a rédigé “La société de Consommation” en 1970!!! Mais c’est d’une modernité sans pareil.

    Et non ce n’est pas une contrainte de s’amuser à échapper à la logique de la consommation ostentatoire, ça vient naturellement, à mesure que tu intègres le genre d’ouvrage cité plus haut et bien d’autres. Mon problème c’est que j’ai baigné dedans depuis mon adolescence, ça se fait donc très tranquillement. ça donne un regard objectif et réaliste sur le monde et crois moi c’est pas toujours le meilleur des prismes pour le regarder, le monde. Parfois je retournerai bien à des la conception MAGIQUE de la consommation.

    Allez, un dernier exemple :

    les indigènes malésiens étaient ravis par les avions qui passaient dans le ciel. Mais jamais ces objets ne descendait vers eux. les blancs eux, réussissaient, à les capter. Et celà parce qu’ils disposaient au sol des aviosn qui attiraient ls avions volants. Sur quoi les indigènes se mirent à construire un simulacre d’avion avec des branches et des lianes. Il délimitèrent un terrain qu’il éclairèrent soigneusement la nuit et se mirent à attendre patiemment que les vrais avions s’y posent (cf : le mythe du cargo)

    Sans taxer les consommateurs de primitivisme ( et pourquoi pas d’ailleurs?!) on voit bien quand même qu’il suit la même logique, qu’il met en place tout un dispositif d’objets simulacres, de signes caractéristiques du bonheur, et attends que le bonheur se pose…

    Se pose-t-il pour autant? L’écran plat dans le salon, le 4×4 dans le garage et tout la galaxie d’objets qui va avec apporte-t-elle nécéssairement ce bonheur tant convoité par l’homme? Ne faut-il pas plutôt regarder ailleurs pour le trouver?

    ciao l’ami

  11. Bonjour à tous

    Juste une demande de renseignements qui n’a rien à voir avec la choucroute (ou avec le couscous!!!); je souhaiterais savoir si la crise éco au Maroc aura un impact sur le recrutement dans la fonction publique? En France, des concours prévus cette année ont été purement et simplement supprimés.
    Merci pour vos réponses
    Cordialement

  12. Abdel le breton ancien Abdel on October 20th, 2008 at 11:28 am

    @fred

    “…t’es sûr que tu veux te lancer dans un débat sur la définition de la liberté?…”

    Je ne tente pas les entreprises perdues d’avance ;) .

    A chacun son truc, même si la philosophie reste un domaine qui a tjs attisé ma curiosité, mes limites en la matière sont géantes !

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